Publié le 30 Novembre 2005

  Film israélien d’Amos Gitaï – 1 h 33 – avec Hanna Laszlo, Natalie Portman, Hiam Abbass, Carmen Maura, Rri Klausner
Festival de Cannes 2005 : Prix d’interprétation féminine pour Hanna Laszlo
 Amos Gitaï nous offre un road-movie où vont se croiser trois femmes, aux nationalités et aux revendications différentes. Au fil d’une intrigue aux rebondissements imprévisibles, il distille sa perception du conflit en Israël, et poursuit son travail sur les frontières. Après le très dur Terre Promise, il nous livre un film plus apaisé, plus doux, exprimant à travers ses personnages des choses plus intimes, plus humaines, voire plus universelles.
Après la scène d’ouverture sur le visage de Natalie Portman, des retours en arrière confrontent les histoires de Rébecca et d’Hanna. Le passé et les présent des deux femmes, thèmes d’ailleurs présent tout au long du film, se répondent, s’opposent, se superposent.
Ces femmes sont-elles un espoir de changement ?
Dans cette conversation à trois, les actrices sont évidemment essentielles et elles sont formidables (beaucoup s’accordaient à dire que le Prix d’interprétation féminine à Cannes aurait dû être attribué collectivement au trio). Leurs yeux pétillent, elles causent avec leurs tripes. Chacune à sa manière porte et illustre son histoire, ses revendications ou ses convictions, avec beaucoup d’émotion et de passion. Un beau film métaphorique d’une grande liberté.


La Gazette d’Utopia

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0

Publié le 23 Novembre 2005

Film français d’Yves Angelo – 1 h 46 – avec Jean-Pierre Marielle, Jacques Villeret, Denis Podalydès, Marina Hands
Pendant l’hiver 1917, dans une petite ville de l’est de la France où des soldats partent quotidiennement vers la boucherie toue proche…
Du beau roman sombre de Philippe Claudel, Yves Angelo a tiré un film un peu moins beau et un peu moins sombre, mais d’une honnêteté scrupuleuse et d’un soin permanent. Il y a quelques années, on eût parlé de « qualité France », tant le scénario (terminé par Philippe Claudel avant même la parution du livre) est impeccable. Les dialogues le sont aussi, et le décor, les costumes, les acteurs. On en arriverait presque, devant tant de perfections accumulées, à souhaiter un éclat, une brisure, une faute de goût… Mais non : le film se déroule jusqu’au bout impeccable, irréprochable….
Jean-Pierre Marielle interprète un procureur échappé, comme les silhouettes qui croisent sa route, d’un de ces vieux romans russes qui dissèquent à l’infini le crime et le châtiment. Marielle, avec sa présence intense, rend opaque et trouble ce film sage. C’est lui qui hérite de la plus belle réplique : « Si l’enfer existe, il faut bien qu’il serve … »


Télérama

 

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0

Publié le 16 Novembre 2005

Film américain de Woody Allen avec Scarlett Johansson, Jonathan Rhys Meyer, Emily Mortimer
Très agréable surprise que cette livraison de Woody Allen, pour ceux qui comme moi (bien que minoritaires au sein de Positif) avaient pris leurs distances ces dernières années à l’égard du réalisateur new-yorkais. Certains à Cannes allaient même jusqu’à affirmer – à tort ou à raison que Match Point, histoire d’une ravissante femme, ne ressemblait pas au cinéma de Woody. Ce qui frappe en effet dans ce drame de la haute société londonienne, ce n’est pas tant la justesse des relations amoureuses (à laquelle on est habitué) que l’âpreté du regard sur le thème de l’ascension sociale. Allen ne se contente pas d’esquisser le conflit de classes. Il s’agit de la principale ligne de fracture du film, de laquelle découle toutes les tensions agitant les personnages. Entre Chris, le beau professeur de tennis (épatant Jonathan Rhys Meyer), et Nola, l’actrice américaine ratée, d’un côté (Scarlett Johansson, dont l’interprétation est pour beaucoup dans la dureté de Match Point), et la famille aristocratique de Chloe (tout aussi excellente Emily Mortimer) de l’autre, l’abysse social est pousse-au-crime. Car, si la chance s’impose comme morale de l’histoire (selon que, de la même manière qu’au tennis, la balle frappe ou non la bande, chaque vie peut basculer), les forces qui conduisent inéluctablement au crime, paraissent, elles, déterminées. Hasard ou sens de l’histoire ? Félicitations en tout cas à cet authentique film de genre ayant su renouveler la figure du triangle amoureux sur un rythme alerte de bout en bout !


Mathieu Darras
Positif

 

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0

Publié le 14 Novembre 2005

Film français, autrichien, belge d’Hubert Sauper - 1h 47min

 

En Tanzanie, les rives du lac Victoria ont vu se développer une fructueuse économie basée sur l’exploitation de la perche. En coulisse de ce « miracle économique » se déroule une tragédie emblématique des dérives du nouvel ordre mondial : pillage des richesses du tiers-monde au nom du développement industriel, guerres, famines. Voici un documentaire inspiré par la colère. Sauper croit en la capacité du cinéma à ébranler les consciences, à dévoiler ce que l’on préfère cacher. Pour cela, il a choisi de filmer frontalement les acteurs locaux du drame (pêcheurs, prostituées, politiciens, industriels), laissant le sens et l’effroi surgir de la confrontation de ces images souvent terribles, aux dépens d’une analyse en profondeur des rouages d’un système dont la complexité est pourtant le meilleur cache-misère.

 

TéléObs

 

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0

Publié le 9 Novembre 2005

Film américain de David Cronenberg – 1 h 35 - Avec Viggo Mortensen, Maria Bello, Ed Harris

 

L’un des joyaux du festival. Comme toujours chez Cronenberg, la lecture la plus juste et enrichissante de ses films se situe au second degré.

 

« Je veux faire passer l’idée que la violence est une chose mauvaise mais une part très réelle et inévitable de l’existence humaine. Je ne m’en détourne pas. On peut dire cependant que ce n’est jamais une chose séduisante », explique-t-il dans le dossier de presse.

 

Tout au long de l’intrigue, Cronenberg met en scène différentes formes de violence, la soi-disant légitime, la violence scolaire, celle que l’on a commise autrefois et qui, un jour, vous rattrape, la violence familiale, sexuelle, et surtout mentale, celle qui entame votre libre arbitre, cela au moyen de situations variées parfaitement liées les unes aux autres. Des séquences profondément ancrées dans le temps et principalement dans l’espace. Tout dans la mise en scène relève de la précision extrême, le découpage, les mouvements d’appareil, l’éclairage de plus en plus sombre, les décors, les costumes, le montage qui happe très tôt puis retient prisonnier le spectateur de bout en bout, sans oublier la musique pertinemment fonctionnelle de Howard Shore (sa onzième partition pour Cronenberg). Une descente dans les profondeurs ambiguës de la psyché humaine, celle-ci s’enlisant de plus en plus dans les crises identitaires dues à la difficulté première pour l’homme d’aujourd’hui de percevoir la juste réalité. Mieux qu’un joyau. Un constat peaufiné.

 

Positif

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0

Publié le 2 Novembre 2005

Film franco-belge écrit et réalisé par Jean-Pierre et Luc Dardenne - 1 h35 - avec Jérémie Renier, Déborah François, Jérémie Segard, Olivier Gourmet, Fabrizio Rongione...
Palme d’or Festival de Cannes 2005
« Travailler, c’est pour les cons » dit Bruno, qui surfe de combine en larcin, vendant tout ce qui lui passe à portée de main.
Vingt ans et une copine de dix-huit qui l’aime et qu'il aime c'est sûr, mais l'un pas plus que l'autre n'ont la moindre idée de ce qu'ils peuvent faire de leur vie, à ne pas voir plus loin que le bout du moment qui vient, inconséquents jus­qu'à la moelle. Sonia touche des allocs qui leur font un petit fonds de roulement régulier, lui complète avec le produit de ses petits arrangements.
De film en film, le cinéma des Dardenne affirme sa force: intense, vif, rapide, il ne nous laisse pas en repos. L'Enfant se voit comme un polar social, les plaies y sont à vif mais jamais le désespoir ne s'installe : Bruno, Sonia sont des per­sonnages en devenir; à l’aube de leur vie, au moment où tout est possible en­core. Ils sont habités par une sorte de grâce fantastique, une envie de vie et d'amour qui les pousse vers une inévita­ble rédemption. Sec et coupant comme le diamant, L'Enfant est au ras de l'hu­main, sans concession, sans émotion superflue, sans complaisance. Il ne nous laisse pas en paix, mais on en ressort avec l'idée formidable que rien n'est dé­finitif et surtout pas le pire...
Ce n'est certainement pas nous qui irons mettre un bémol à cette heureuse Palme d'Or.

 

 

La Gazette d’Utopia

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0