Publié le 26 Avril 2006

Film français de Jacques Bral – 1 h 35 – avec Eddy Mitchell, Sagamore Stévenin, Jean-François Balmer

 

Le polar a ses artisans, Jacques Bral en est un. Auteur d’Extérieur nuit (1980), road movie parisien et de Polar (1983), exercice de style adapté de Jean-Patrick Manchette, ce cinéaste de la déambulation nocturne et désabusée n’avait plus rien tourné depuis Mauvais garçon (1993)
On retrouve son style, dérive urbaine sur fond de saxo nonchalant, dans Un printemps à Paris, qui reprend le vieux schéma de Touchez pas au grisbi, de Jacques Becker : à sa sortie de prison, un vieux briscard revenu de tout accepte le dernier coup que lui propose son ancien complice, jeune chien fougueux abonné aux coups foireux.
Gabin avait ses charentaises et son pyjama de soie. C’est Eddy Mitchell, loser crispé et rocker assagi, archaïque amateur de fine à l’eau, qui reprend le flambeau du bougon circonspect, Sagamore Stévenin apportant son charisme « décontract’ » au personnage du bellâtre incontrôlable. Le scénario recèle une rafale de rebondissements, d’autant plus inattendus que la mise en scène épurée privilégie silences, regards, attente et lamento jazzy d’une bande son au diapason des états d’âme, d’une dérive contemplative. C’est aux séries noires, aux bouquins de qualité et sans prétention que l’on ressort de sa poche pour en déguster l’intrigue, qu’il faut comparer ce polar non dénué d’humour.

 

Le Monde

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 24 Avril 2006

Copies à
Mairies de l’Isle d’Abeau, Villefontaine, St Quentin Fallavier, Vaulx Milieu, Four

 Monsieur le Député 
Messieurs les Conseillers Généraux 
Mesdames les Conseillères Régionales 
Presse

 Villefontaine, le 22 avril 2006

 

 

 Monsieur le Président,

 

 

 Par deux fois, l’Association Huit et demi a tenté d’obtenir un rendez-vous pour discuter avec vous de l’avenir du complexe cinématographique Le Fellini mais vous n’avez pas souhaité nous rencontrer à ce jour. 
L’association Huit et demi comptait vous rappeler son attachement à une politique culturelle cinématographique touchant tous les publics, y compris les scolaires : primaire, secondaire et supérieur. Nous comptions aussi vous rappeler le travail de l’Association qui a permis d’obtenir le classement « Art et Essai »  du complexe,  en seconde position pour l’Isère. Ce travail est reconnu par les professionnels du cinéma auxquels nous avons fait appel pour des animations, et nous pensions vous remettre les courriers de cinéastes tels que Paul Carpita, Yves Angelo ou Gilles Porte, de critiques tels que Grégory Valens ou Matthieu Darras, ainsi que des seize associations avec qui nous avons eu des projets communs (dont le MRAP, ATTAC, le Comité de Jumelage ou l’ASVF Montagne…). 
Nous vous aurions rappelé que, depuis plus de dix ans, l’association a su fidéliser un public, proposer une offre culturelle ouverte sur les cinémas du monde entier, et nous aurions souhaité vous dire les raisons pour lesquelles, selon nous, quel que soit le nouvel exploitant, ce mode de fonctionnement doit perdurer. 
A
cette occasion, le comité de soutien au Fellini comptait vous remettre les 2000 premières signatures, recueillies au Fellini, demandant au SAN de tout mettre en œuvre pour que l’activité du cinéma ne cesse pas en septembre prochain. Les spectateurs attachés au Fellini viennent d’un large bassin Nord Isère (Isle d’Abeau, Four, Saint Quentin Fallavier, Vaulx Milieu, St Marcel Bel Accueil, Satolas, St Laurent de Mure, Tignieu, Septème…), ce qui contribue au rayonnement et à l’image de la Ville Nouvelle.

 

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos salutations les meilleures.

 

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 22 Avril 2006

Paris 29.03.06
À ceux qui tentent de résister
À ceux qui prennent des décisions importantes pour l’avenir d’une certaine expression…
À Huit et Demi qui se bat pour laisser un écran à un certain cinéma,

Aujourd’hui, Quand la mer monte est étudié dans tous les lycées du Nord Pas de Calais
Reconnu par la profession le 27 février 2005 aux Césars
Consacré par la critique avec le prix Louis Delluc 2004, Quand la mer monte a d’abord été porté par un véritable réseau de salles dites indépendantes, par des associations de bénévoles au secours d’une certaine réflexion
Un réseau appelé Art et Essai… Des cinémas qui privilégient des « auteurs » à des « faiseurs »… Il serait intéressant d’ailleurs de se poser la question d’un cinéma sans auteur. Il est essentiel d’imaginer un réseau de salles de cinéma sans toutes les personnes qui se battent actuellement pour une certaines exception et pluralité culturelle
J’ai présenté plus de 150 fois Quand la mer monte dans des salles d’Art et d’Essai. Je me souviens de Huit et Demi et de l’animation, salle 4… Je me souviens de cette possibilité donnée à quelques films dont le mien de passer au sein d’un petit complexe… Je me souviens qu’il y avait ce soir dans la salle plus de monde que dans la salle où était projeté un film américain plus commercial…. Je me souviens de la décision de nous faire changer de salle pour que chacun puisse s’asseoir… Ce n’est pas vrai, et ce ne sera jamais vrai, qu’un cinéma de qualité puisse être en inadéquation avec le goût du public… C’est par contre une évidence que les écrans qui proposent de garder certaines images et sons sont des gages de résistance, de culture, de liberté dans un monde de plus en plus formaté.
J’espère sincèrement que le Fellini accueillera toujours une petite place  pour certaines images… Alors perdurera à Villefontaine l’idée d’un gage de qualité, et c’est essentiel !
Gilles Porte (Cinéaste)

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 19 Avril 2006

Film américain de Ben Younger – 1 h 45 – avec Meryl Streep, Uma Thurman, Bryan Greenberg, Jon Abrahams

 

Derrière ce titre français stupide se cache une des comédies romantiques les plus délectables qu’il nous ait été donné de voir depuis fort longtemps (allez, je me lance, depuis Pretty Woman). Et cela, grâce à la combinaison d’un scénario subtilement composé et d’une troupe de comédiens brillants en parfaite osmose : il suffisait d’y penser ! Le casting, d’abord : Meryl Streep s’approprie les stéréotypes de la mère juive possessive et paranoïaque, elle les secoue, les pervertit, s’en amuse, c’est un régal ; Bryan Greenberg est une belle découverte, et puis Uma, ah ! Uma... Sa période bleue est loin derrière elle, sa période jaune l'a littéralement remodelée physiquement, la voici telle qu'en elle-même, radieuse, ravissante, resplendissante... mais je m'emballe. Venons-en donc au scénario : une merveille de précision dans le tempo (les rebondissements arrivent juste avant qu'on ne les sente venir), dans l'humour juif new-yorkais (sur les pas de vous-savez-qui), dans la sortie des sentiers battus et l'abordage de sujets risqués. Cette liaison d'un jeune homme un peu immature et d'une femme épanouie et divorcée ne tend pas vers l'ode à la tolérance, mais offre matière aux ingrédients naturels d'une comédie romantique réussie : personnages séduisants et attachants, gags légers, valses-hésitations, scènes d'amour sensuelles (mais pas trop), seconds rôles dont l'épaisseur apparaît en deux plans, trois mouvements, petits problèmes que le couple surmonte par l'humour et la légèreté, parfois un zeste de gravité, quiproquo pouvant tout remettre en cause… Et nous voilà embarqués pour de nouveaux rebondissements ! Avec l'innocence d'un enfant qui découvrirait pour la première fois l'histoire de Roméo et Juliette en espérant que tout finira pour le mieux, on accompagne ces personnages sans bouder son plaisir, on aimerait les connaître, on les quitte à regret.

 

Gregory Valens -Positif

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Publié le 12 Avril 2006

Film français de Nils Tavernier - 1 h 35 - avec Margaux Chatelier, Carole Bouquet, chorégraphies de Carolyn Carlson

 

 

C'est souvent a posteriori que je comprends pourquoi j'ai réalisé tel ou tel film. Ce que je peux dire, c'est que je souhaitais tourner un film onirique autour de la danse, en assumant pleinement mon envie d'esthétisme - ce qui est bien sûr plus difficile à réaliser sur le documentaire d'investigation.
Je voulais travailler le moindre plan, à la manière d'un peintre. Dans le même temps, j'ai cherché à tourner un conte dont la dramaturgie, de manière sous-jacente, soit totalement contemporaine.
Le conte me permettait d'avoir plusieurs niveaux de lecture. Je voulais, par exemple, montrer comment le roi est déstabilisé par le corps mouvant de sa propre fille. Parallèlement, je souhaitais raconter une histoire d'amour extrêmement accessible - aussi accessible que le mode de narration et la chorégraphie. C’est un film sur la liberté d’expression.
Je suis entouré de gens très purs et ce sont des êtres que j'aime et qui m'intéressent. Il n'y a pas vraiment de morale dans Aurore, mais s'il devait y en avoir une, ce serait “Va vers tes rêves et tes envies.” Tous mes documentaires ont un rapport direct avec l'engagement politique : quand je tourne un film sur le trafic d'enfants esclaves entre le Mali et la Côte d'Ivoire, je le fais pour tenter de leur venir en aide. Cela m'a pris beaucoup de temps d'accepter l'idée que je pouvais réaliser une oeuvre romantique et esthétique qui puisse être aussi un acte politique. Montrer de la pureté chez les êtres relève, pour moi, d'un acte politique.


Propos de Nils Tavernier sur
www.commeaucinema.com

 

 

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Publié le 9 Avril 2006

 

J'ai eu le plaisir d'animer en octobre 2005, sur l'invitation de l'association Huit et demi, plusieurs séances consacrées au cinéma sud-américain au Fellini de Villefontaine. Je me souviens avec plaisir de l'intérêt du public pour ces films dont la diffusion dans les salles de province est rare et requiert de la part des exploitants courage et passion. L'offre télévisuelle ou vidéographique concernant ces films étant par ailleurs très limitée, l'effort d'associations comme Huit et demi pour leur diffusion doit être encouragé sans réserves.
Je me souviens avoir apprécié, au cours de nos échanges animés, l'enthousiasme d'un public cultivé et cinéphile, avide de découvertes, ravi qu'une localité comme Villefontaine ne soit pas (comme c'est malheureusement le cas de tant de villes de taille moyenne ou modeste, de banlieues, de villages...) parmi les laissés pour compte de la diffusion du cinéma art et essai. Il est essentiel pour le développement de la culture, pour l'ouverture d'esprit des jeunes générations, pour la connaissance des cultures internationales souvent déformées par d'autres médias, que des films du monde entier, récents ou plus anciens, ainsi que les classiques du patrimoine cinématographique mondial, continuent d'être proposés, sur grand écran, dans de bonnes conditions et à un rythme régulier, par des cinéphiles passionnés dont le souci est de promouvoir l'art cinématographique, d'encourager la réflexion et le dépaysement, et non de réaliser des opérations commercialement rentables.
L'animation de séances, l'organisation de débats, l'invitations d'artistes, de critiques, de spécialistes constitue en outre une mise en valeur du cinéma qu'il convient de poursuivre et développer, de même que l'action en direction des élèves des lycées et des étudiants. De telles initiatives sont des facteurs-clés dans la constitution d'une intelligence critique et dans la perspective d'échapper à l'uniformisation de la pensée et de la culture.
C'est pourquoi je soutiens de tout coeur la poursuite de l'exploitation, par l'association Huit et demi, d'une salle classée art et essai au sein du cinéma le Fellini de Villefontaine.
Grégory Valens
Grégory Valens, membre du comité de rédaction de la revue

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Publié le 5 Avril 2006

Film français de Fabienne Godet – 1 h 30 - avec : Olivier Gourmet, Dominique Blanc, Julie Depardieu.
La révolte d'un salarié résigné : polar social pertinent sur la désespérance ordinaire.
Au boulot, jour après jour, il a accepté que le culte de la performance provoque de petits désastres humains sur lesquels on préfère fermer les yeux. Il s'est coulé dans le flot des lâchetés de circonstance, par peur de perdre le fragile équilibre d'une vie -professionnelle et familiale -à peu près vivable. François est de ces hommes qui ont beaucoup enduré en silence. Soudain, il hurle sa révolte.
Le cinéma français ne se hasarde pas souvent dans ces zones grises du monde de l'entreprise où la résignation à l'inacceptable est devenue règle tacite de survie. Fabienne Godet les explore avec toute la pertinence qu'apporte la compétence - son scénario porte la trace de tout ce qu'elle a observé du temps qu'elle était psychologue. Elle se débrouille plutôt bien, en plus, pour immerger le « sujet de société » dans un polar social dégraissé de toute surcharge militante ou dogmatique. Et la fiction naît moins d'une intrigue émiettée, aux raccourcis parfois déroutants que des personnages : autant de figures précisément dessinées pour décrire crûment une humanité saccagée par un système qui la nie. Le grand Olivier Gourmet fait le reste, qui est décisif. Il rend absolument poignant le désarroi d'un homme qui n'avait rien d'un héros, mais qui a remis son existence en jeu parce qu'il a voulu, un jour, retrouver sa dignité

 

Télérama

 

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 2 Avril 2006

Monsieur le Président,
Par la présente, je souhaite témoigner mon soutien pour votre association. Par la même, je m’engage en faveur d’une offre de cinéma d’art et d’essai pérenne sur la commune de Villefontaine et sur l’agglomération de l’Isle d’Abeau. 
J’effectue de nombreuses interventions dans des salles de cinéma à travers la France, à l’occasion de débats cinéphiles rendus possibles le plus souvent grâce à l’engagement de bénévoles, au sein de structures associatives comme la vôtre. Ces rencontres me persuadent du rôle vital que jouent ces initiatives en matière d’offre culturelle, mais aussi de lien social, un rôle qu’un cinéma à vocation uniquement commercial ne saurait prétendre. 
Je tenais également à rappeler le très bon souvenir que je garde de ma venue au cinéma Fellini de Villefontaine en octobre 2004, à l’occasion d’un festival consacré au cinéma chinois, et plus largement à la Chine. 
En espérant ardemment que vous pourrez trouver un issue favorable à la situation préoccupante que votre association connaît, je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’expression de mes sentiments les meilleurs.

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