Publié le 24 Mai 2006

Film allemand de Marc Rothemund – 1 h 57 - avec Julia Jentsch, Alexander Held, Fabian Hinrichs, Johanna Gastdorf...
OURS D'ARGENT du meilleur réalisateur et de la meilleure actrice Festival de Bertin 2005

 

Sophie Scholl redonne vie à une vérita­ble - même si plutôt méconnue - héroïne de l'histoire allemande, figure mythi­que de la résistance au nazisme. Le film dessine le portrait de cette jeune femme presqu'ordinaire, une fille de 21 ans aimant la vie ; courageuse et fervente, devenue la figure emblématique du groupuscule « La Rose Blanche ». Un noyau pacifiste qui a vu le jour à Munich dans le courant de l'année 1942, essentiellement composé de jeunes étudiants dont Hans Scholl, le frère de Sophie. En juin 42, ils appellent les étudiants de Munich à la résistance contre le régime nazi. En moins de quinze jours, ils impriment et diffusent 4 tracts, signés « La Rose Blanche ». La diffusion se fait de la main à la main, les imprimés sont déposés chez des restaurateurs de la ville, ou adressés par la poste à des intellectuels non-engagés, des écrivains, des professeurs d'université, des directeurs d'établissements scolaires, des librairies ou des médecins soigneusement choisis. Les lecteurs sont invités à participer à « une chaîne de résistance de la pensée », en les reproduisant et en les envoyant à leur tour au plus grand nombre possible de destinataires susceptibles de réagir.
La mise en scène, sobre et classique, d'une rigueur impressionnante, a le bon goût de s'effacer derrière la force du personnage et du message.

 

 

 

L'exaltation du courage et de l'esprit de résistance portée par le film reste évidemment d'une modernité, d'une actualité brûlantes et Sophie Scholl - magnifiquement interprétée par la jeune Julia Jentsch - restera dans nos esprits comme un personnage, une personnalité inoubliables.
PS : nous recommandons évidemment le film aux professeurs d'histoire et d'allemand - et de philosophie au lycée - pour leurs élèves à partir de la troisième.

 

La Gazette d’Utopia

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 22 Mai 2006

Une lettre ouverte au président du San Depuis que Ciné-Alpes a annoncé qu’il cesserait d’exploiter en septembre 2006 le Fellini, cinéma de quatre salles implanté à Villefontaine, de nombreuses voix se sont élevées contre cette décision.Notamment celles des responsables de l’association « Huit et Demi » qui gère la programmation Art et Essai de l’établissement.
Dernièrement, Patrick Mondi, le président de l’association a fait parvenir une lettre ouverte au président du San (Syndicat d’Agglomération nouvelle), propriétaire du cinéma.
Cette démarche fait suite, selon « Huit et Demi », au refus par deux fois répété de M. Rossot, président du San, de recevoir l’association souhaitant « discuter de l’avenir du complexe cinématographique Le Fellini. »

 

Outre le rappel des actions menées depuis plus de dix ans par l’association auprès de tous les publics, notamment des scolaires, « Huit et Demi » entendait remettre les 2000 premières signatures recueillies au Fellini « demandant au San de tout mettre en œuvre pour que l’activité du cinéma ne cesse pas en septembre prochain […]
Les spectateurs attachés au  Fellini viennent d’un large bassin nord-isérois, ce qui contribue au rayonnement de la Ville Nouvelle. »

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 17 Mai 2006

Film argentino-français de Fabián Bielinsky – 2 h 12 - avec Ricardo Darin, Dolores Fonzi

 

Au générique, des outils inconnus, des gestes singuliers, ceux d'un taxidermiste qui, sur fond de Vivaldi, achève de donner à un renard l'apparence de la vie. Ensuite, l'homme livre l'animal à un musée de Buenos Aires, rencontre un confrère, et en sa compagnie se rend dans une banque où il imagine et visualise un hold-up magistralement exécuté :

 

 

 

L’ouverture d'El Aura porte la marque d'un cinéaste, découvert voici quatre ans avec les Neuf Reines, son premier film, thriller d'une complexité scénaristique jubilatoire. Précision des cadrages, éclairages choisis, sens de la durée des plans, atmosphère maîtrisée, l'évidence s'impose sans qu'il soit besoin d'y songer, que Fabian Bielinsky sait ce qu'il fait, et comment, et pourquoi. À l'image du personnage, solitaire et paisible, taciturne qui entend les mots pour ce qu'ils disent, non pour ce qu'ils voudraient dire, mais à cette différence près, et elle est de taille, que le taxidermiste est la marionnette du cinéaste, qui se plaît à le placer dans une situation qui le dépasse et dont il tente pourtant de se rendre maître. Quand il se trouve pris ainsi dans la toile d'araignée tissée par un maître du récit, le spectateur n'a d'autre choix que de se laisser aller, de s'imprégner de l'ambiance, froide, bleue, grise, inquiétante, de la forêt où le film l'entraîne et où le taxidermiste va vivre une aventure hors du commun. La maîtrise d'un cinéaste se mesure aussi au talent dont il fait preuve, ou non, dans le choix de ses interprètes. Chacun des personnages d'El Aura, jusqu'à la moindre silhouette, semble apporter avec lui son propre passé, dont le film se garde bien pourtant de révéler la moindre parcelle.

 

Le nouvel Observateur

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 17 Mai 2006

Film sud-africain de Mark Dornford-May – 2 h -  avec Pauline Malefane, Andile Tshoni , Zorro Sidloyi
Ours d’or à Berlin 2005

 

Ce déplacement de la misère espagnole au XIXème siècle dans les townships sud-africains d’aujourd’hui s’impose comme une évidence qui est sensible à ce que l’œuvre de Bizet comporte d’écrasante fatalité, d’emprisonnement dans une condition humaine où les dérisoires aspirations à la liberté conduisent à la mort. Dehors, les belles voitures, les avions, les autoroutes, les ponts, les montagnes. Dedans, derrière des grillages omniprésents, dans un monde clos où la caméra pourrait pourtant reculer à l’infini, sous les toits de tôle des bidonvilles, la tragédie se déroule sans aucun misérabilisme, exacerbée par la violence des couleurs et des émotions, remarquablement interprétée ici en langue xhosa dans un environnement différent. En un mouvement dialectique très efficace (qui lui valut l’Ours d’or à Berlin en 2005), le réalisateur utilise cet environnement pour manifester la sévère beauté de l’œuvre de Bizet. Et celle-ci lui permet d’exposer dans toute sa brutalité, non sans ironie (« On est vraiment dans l’après-apartheid », dit l’officier), l’implacable enfermement, la désespérante absence de perspective, mais surtout, à travers cette incontestable réussite artistique, l’authenticité des êtres et l’énergie qui les anime.

 

Positif

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 16 Mai 2006

Paris, le 10 mai 2006

 Monsieur le Président
J’ai bien reçu votre courrier en date du 22 avril 2006 par lequel vous me transmettez la lettre ouverte adressée par votre association à Monsieur Alain ROSSOT, Président du SAN.

  

 

 

Je suis tout à fait conscient de vos inquiétudes quant à l’avenir du complexe cinématographique  « Le Fellini » et de votre volonté de pérenniser cette structure.
Aussi, croyez bien que votre sollicitation a retenu toute mon attention et je vous remercie de la confiance que vous me témoignez.

Dès lors, soucieux de pouvoir vous apporter toute mon aide, je suis intervenu auprès de Monsieur ROSSOT afin qu’il me fasse connaître ses intentions à ce sujet.
Il m’a indiqué qu’à ce jour, 22 dossiers de candidature pour une reprise du complexe ont été enregistrés. La date butoir est fixée à la fin du mois de mai. Ensuite, a commission d’appel d’offres se réunira pour attribuer la gestion et la location de la salle.
Il appartiendra, à ce moment-là, à votre association, de se rapprocher du futur exploitant pour savoir s’il souhaite maintenir une salle « art et essai ».
Telles sont les informations que je suis en mesure de vous transmettre à ce jour.
Restant à votre entière disposition, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
Georges COLOMBIER

 

 

 

 

 

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Publié le 10 Mai 2006

Film français de Christian Volckman – 1 h 35 – Animation Marc Miance, avec Robert Dauney, Crystal Shepherd-Cross

 

2054 : Paris est devenu une sombre rêverie verticale. un dédale vertigineux de structures métalliques façon Gustave Eiffel et d'immeubles néohaussmanniens démesurés, un lacis de passerelles, de rampes d'accès et d'excroissances urbaines bizarres. Renaissance, film d'animation étonnant, joue magistralement avec une certaine décrépitude rétro-futuriste - on pense au Paris de Bilal et de sa Foire aux immortels, ou encore au Los Angeles de Blade Runner. La ville, ici, est le personnage principal, le creuset de toutes les inventions. Parvis de Notre-Dame en verre transparent ou forêt virtuelle et onirique apparue dans un couloir de métro, l'imagination irrigue chaque élément de décor.
Ce « dessin animé » pour adultes, atypique dans le paysage de l'animation française, est aussi une prouesse technologique. Fondus dans un somptueux noir et blanc, 3D et dessin traditionnel se mêlent : étrange effet de réalité produit par la technique de motion capture, qui enregistre et reproduit les mouvements de vrais comédiens. Dans cet univers clair-obscur, qui rappelle aussi le trait et l'ambiance des BD de Frank Miller (Sin City), un flic viril, opiniâtre et bourru, bref, l'habituel héros de polar, recherche une jeune scientifique surdouée. Qui l'a enlevée ?    
Qu’importe : dans sa miroitante et inédite beauté, dans la poésie trouble de chacun de ses plans, Renaissance ouvre sur d’autres mystères.

 

Télérama

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 10 Mai 2006

Film américain de Bennet Miller – 1h50 – avec Philip Seymour Hoffman, Catherine Keener, Clifton Collins Jr, Mark Pellegrino

 

Dans le premier numéro du Magazine Littéraire en 1966, un jeune écrivain de 26 ans, J.M.G. Le Clézio, parle du livre de Truman Capote, De sang-froid (In Cold Blood) sorti cette année-là avec un extraordinaire retentissement outre-Atlantique. S’emparant d’un fait divers atroce ayant défrayé la chronique dans une petite ville du Kansas en 1959, Capote, dit-il, «  a exploré avec tout son corps et toute son âme un tourbillon, une action en marche. Il a été à la fois caméra et magnétophone, et, mieux qu’aucun instrument de mesure, il a suivi le courant d’une aventure, il y a participé, il s’y est trouvé compromis, impliqué. Il a été meurtri, il a été passionné, il a souffert et vécu chaque minute l’histoire qu’il voulait écrire ». L’enquête, et l’écriture, de ce livre d’un genre nouveau, « roman de non-fiction » basé sur des faits réels et les témoignages des vrais protagonistes du drame, devient aujourd’hui un film phénomène qui a valu à Philip Seymour Hoffman un oscar du meilleur acteur pour sa prestation dans le rôle titre.
L’art naît ici d’un rapport constant à la solitude et d’une tension fantastique, verticale, entre la crapulerie constitutive (qui tire vers le trou, et la tombe) et une injonction morale supérieure (qui aspire vers le ciel, la gloire).
Écrire, c’est faire un bond hors du rang des assassins, disait Kafka. Jamais film n’avait montré sans doute avec une telle acuité, un tel luxe de détails coupants aux angles, les points d’appui, les déséquilibres et la périlleuse voltige de ce bond rédempteur.

 

Libération

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 3 Mai 2006

Film américain de James Mangold – 2 h 17 -  avec Joaquin Phoenix, Reese Witherspoon

 

On aurait tort de bouder cette bio-pic. Car, si le traitement ne se départit jamais d'un naturalisme de bon aloi, James Mangold aborde le personnage de Johnny Cash, figure tutélaire du rock américain, avec un très grand respect. Du traumatisme de son enfance à la découverte du salut à travers la musique, c'est avec lui avec tout un pan de l'histoire récente des États-Unis (le sound unique de Memphis, le sud rural et ses interdits) qui défile sous nos yeux, Johnny Cash en icône de tout un pays - comme Elvis, Ray Charles, Jimmy Hendrix ou Janis Joplin -, c'est possible grâce à l'interprétation de Joaquin Phoenix qui porte sur ses épaules les excès du personnage.
Beuveries, bouffonneries outrecuidantes, instabilité émotionnelle : si dans ses chansons Johnny Cash a exorcisé ses démons, c'est en vivant le calvaire de son inadaptation dans le contexte social personnage. Tumultueux et agité, boursouflé de vapeurs d'alcool et d'amphétamines, Cash entraîne le spectateur dans une zone d'ombre que le film n'éclaircira jamais. Tant mieux comme ça. À mi-chemin entre ballade et fresque d'une époque, biographie romancée et mélo, Walk the Line trouve son juste tempo, travaillé au flanc par une Reese Witherspoon en June Carter, grand amour de Cash, dont l'énergie et la justesse crèvent l'écran. Et rien que pour son début, l'historique concert qui cassa la baraque dans la prison de Folsom, ce film mérite d'être vu sur le champ.

 

Lyon Poche

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