Publié le 13 Octobre 2006

Film italien de Kim Rossi Stuart – 1 h 48 – avec Kim Rossi Stuart , Alessandro Morace, Barbora Bobulova, Marta Nobili

 

Libero (en vo, Anche libero va bene), première réalisation de l’acteur italien Kim Rossi Stuart, poursuit cette évaluation de l’expérience quotidienne à hauteur de préadolescents qui se laissent submerger et ne laissent rien passer. La narration de Libero avance au rythme rapide de scènes courtes, de notations sèches, variant dans un jeu de volte-face émotionnelles le tempérament soupe-au-lait de la chronique réaliste. On est à la fois en terrain connu – pour aller vite, la riche descendance du Truffaut des 400 Coups – et constamment bousculé par la justesse presque agressive des séquences du film, qui ont à peine le temps de pointer du nez que déjà elles vous sautent à la gorge. Bien que tirant les ficelles du mélodrame social, Libero n’est jamais embarrassant, il propose même une vision étonnamment pessimiste des rapports humains et de tout processus d’éducation.
Libero n’ambitionne pas de révolutionner les formes ni la mise en scène, il s’inscrit dans un cadre classique qui est aussi, sans doute, celui des dramatiques télé de la RAI, dont la cinéproduction italienne a bien du mal à se sortir. Mais pour une fois cette limite est un réel atout.


Libération

 

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 11 Octobre 2006

Film belge de Lucas Belvaux – 1 h 56 – avec Éric Caravaca, Natacha Régnier, Lucas Belvaux, Gilbert Melki

Une Mobylette. Une Mobylette de rien du tout. Dans la raison du plus faible, elle joue le même rôle que la robe de première communion dans le magnifique Raining Stones, de Ken Loach, auquel le film de Lucas Belvaux ressemble beaucoup. C’est à la fois un symbole et un révélateur.
Ce film célèbre l’amitié, la solidarité – mieux : la fraternité -, et cela suffit déjà à s’en faire un objet rare dans le paysage actuel. Qu’il ose, en plus, et avec fierté, célébrer l’« aristocratie de la classe ouvrière » en fait, définitivement, un objet précieux.
C’est un film à l’ancienne. Avec des répliques très écrites qu’on a envie de garder en bouche. Interprétés par deux comédiens merveilleux, Jean Pierre et Robert sont l’âme de cette histoire, qui commence comme un constat social, flirte avec la comédie à l’italienne (la préparation enfantine du hold-up rappelle irrésistiblement Le Pigeon, de Monicelli), pour se clore en thriller noir à l’américaine.
Le film jongle aussi, joliment, plaisamment, insolemment, entre drôlerie et tristesse,.Même si la mélancolie qui le cerne, tout du long, semble l’emporter sur la fin, cette victoire est dérisoire, une victoire à la Pyrrhus. Contrairement à bien des cinéastes qui la refusent ou sont simplement incapables de la susciter, Lucas Belvaux insuffle à son film une énergie féroce. Et qu’importe, après tout, que ce soit celle du désespoir.


Telerama

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 4 Octobre 2006

Film français de Denis Dercourt – 1 h 25 – avec Catherine Frot, Déborah François, Pascal Greggory, Martine Chevalier

 

Se méfier de l’eau qui dort, des jolies blondes trop lisses, de l’admiration déçue, de l’espoir frustré, des filles de boucher douées qui ratent d’un cheveu le conservatoire, de la lutte des classes qui s’insinue partout, de l’état d’exaltation que procure la musique, du dépit amoureux, de la rancœur qui se mange froide comme la vengeance du même tonneau.
Il y a quelque chose de vénéneux dans la douceur feutrée et inquiétante de ce film, il y a comme une violence latente qui sourd dans le velours des notes. On est toujours sur le fil du rasoir, à se demander si le film va basculer dans le chaos des doubles-croches ou rester en équilibre au bord d’une redoutable harmonie. Nous sommes dans le monde de la musique et la tension de ces instants où chacun se doit de donner le meilleur sans faiblir, où l’attente des autres contraint à une exigence constante, met une dangereuse pression.
Le duo Catherine Frot et Déborah François donne toute son intensité à une relation qui se construit sur des secrets, des non-dits, des élans avortés, des désirs refoulés, des sentiments qui tanguent entre haine et amour.
Pour la petite histoire, sachez que Denis Darcourt est lui même un virtuose, prof d’alto et de musique de chambre au Conservatoire de Strasbourg, que les comédiens interprètent eux-mêmes les morceaux qu’ils jouent (même s’ils ont été doublés ensuite en studio par meilleurs qu’eux) mais que la vérité technique apporte un plus de tension à la vérité humaine d’un film qui vous tient le souffle haut et court.

 

La Gazette d’Utopia

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