Publié le 29 Novembre 2006

Film anglais et espagnol de Richard Glatze et Wash Westmoreland – 1h30 – avec Emily Ross, Jesse Garcia, Chalo Gonzalez
Grand Prix et Prix du Public au festival de Sundance 2006


Quinceañera, dans la tradition latino-américaine, c’est l’extraordinaire fête qui célèbre le quinzième anniversaire des filles. Dans la communauté hispanique d’Echo Park, quartier populaire de Los Angeles, la Quinceañera est fêtée comme il se doit, les familles dépensent au-delà de leurs moyens pour que leur fille soit la plus belle, la plus remarquée, la plus digne de fierté…
Le film s’ouvre sur la fête grandiose d’Eilen mais c’est Magdalena, sa cousine, qui sera au centre de l’histoire. Magdalena qui fêtera ses quinze ans dans quelques mois et qui sait que sa famille ne pourra sans doute pas lui offrir une cérémonie aussi grandiose.
Elle séduit d’ailleurs un garçon du voisinage et leur flirt poussé aura des conséquences disproportionnées.
Magdalena va se retrouver au rayon des exclus, et trouver refuge chez l’extraordinaire oncle Tomas, vieux bonhomme qui est la sagesse humaniste incarnée, qui héberge déjà le jeune Carlos, le frère d’Eilen, qui a le tort de s’intéresser plus aux garçons qu’aux filles… Ces quelques mois de vie commune vont marquer un tournant dans la vie de Magdalena, de Carlos, de l’oncle Tomas… et des autres.
D’une finesse rare, d’une sensibilité sans sensiblerie, Echo Park L.A. nous a emballés, et il nous semble bien qu’il emballe aussi nos spectateurs !


La Gazette d’Utopia

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 29 Novembre 2006

Film mexicain de Guillermo del Toro - 1h54 –  avec Ivana Baquero, Sergi Lopez

 

 

L’esprit de Lewis Caroll, celui de Jean Cocteau et l’Espagne franquiste se rejoignent pour composer le plus explosif des cocktails. Étonnant.
La signature de ce passionnant cinéaste mexicain est omniprésente. Après tant de superproductions californiennes où les effets spéciaux ne renvoient qu’à eux-mêmes et semblent davantage le fruit de logiciels électroniques fonctionnant en roue libre que l’expression d’un artiste, c’est miracle de retrouver ici une véritable vision fantastique comme pouvait en produire un Gustave Doré (del Toro revendique l’illustrateur Arthur Rackham et les peintures noires de Goya, comme Saturne dévorant son fils).
C’est dans la Belle et la Bête que nous sommes, pas dans X-Men.
Ce qui est nouveau cette fois, c’est la greffe du conte de fée sur un référent historique précis et récent. Les séquences réalistes avec brutes galonnées, vie de garnison, maquisards, taupes infiltrées dans le bastion franquiste, on en passe, auraient pu composer un film à elles seules, bien supérieur à tant d’autres films espagnols sur le même sujet. Mais ce n’aurait été qu’un film de plus. Le miracle est la réussite de la fusion entre Lumière et Méliès, entre la vision naturaliste du fascisme comme mal absolu et sa traduction simultanée dans le fantastique. Avoir tourné le dos à Hollywood pour retrouver le Mexique (producteur, réalisateur, chef opérateur...) dans une complicité avec l’Espagne et la langue espagnole permet à Guillermo del Toro de donner enfin le film qu’on attendait de lui depuis Cronos, à savoir un chef-d’œuvre.

 

 

L’Humanité

 

 

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 22 Novembre 2006

Film américain d’ Alejandro González Iñárritu – 2h23 – avec Brad Pitt, Cate Blanchett, Gael Garcia Bernal, Koji Yakusho

 

Descendons, et là confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent plus la langue, les uns et les autres. Et l’Éternel les dispersa loin de là sur la face de toute la terre ; et il cessèrent de bâtir la ville. C’est pourquoi on l’appela du nom de Babel, car c’est là que l’Éternel les dispersa sur la face de toute la terre. (Genèse, XI, 7-9)

 

La grande force de Babel consiste à embrasser, dans une continuité métaphorique, le proche et le lointain.
Artiste indigné, Iñárritu s’insurge contre l’absence de compassion, entre les êtres comme entre les peuples. Des plans ocres du désert marocain aux images psychédéliques d’un Tokyo en mouvement perpétuel, des scènes de discothèque assourdissantes au vague chuintement perçu par la jeune sourde-muette, Iñárritu tisse ensemble les sons et les images inconciliables, pour accentuer le fractionnement du monde actuel, où l’instantanéité de la transmission de l’information d’un point à l’autre du globe est inversement proportionnelle à la proximité entre les êtres. Quand on songe que le seul élan de fraternisation concerne le fusil qu’offre le Japonais au Marocain, on frémit à l’idée que le cinéaste se fait de notre monde.


Positif 

 

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 15 Novembre 2006

Film franco-américano-malien d’Abderrahmane Sissako – 1h58 – avec Aïssa Maïga, Tiécoura Traoré, Aminata Traoré, Roland Rappaport, William Bourdon

 


Bamako: le nom de la capitale du Mali signifie en bambara « le marigot du caïman ». Mais dans le film du Mauritanien Abderrahmane Sissako, les caïmans sont absents, ils sont représentés par des avocats en robe, défenseurs des institutions accusées : la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI). Quant au marigot, il est remplacé par la cour d'une maison d'un quartier populaire où siège la cour, improvisée devant un auditoire filtré.
Il s'agit dans Bamako de libérer la parole, de dire ce que l'on a sur le cœur, de refuser qu'on fasse taire les témoins. Aminata Traoré en tête, les témoins défilent. Pour dire que l'Afrique réclame des règles équitables, qu'elle n'a pas à payer une dette illégitime ne tenant pas compte du pillage de ses ressources et du viol de son imaginaire, qu'on lui a volé sa souveraineté, qu'on l'a obligée à privatiser ses services publics (la santé, l'école, l'eau), qu'on a dilapidé son argent et bradé son patrimoine.
Beau film altermondialiste qui rappelle que les pays pauvres endettés sont plus pauvres aujourd'hui qu'il y a vingt ans, qu'il est temps que la Banque mondiale retrouve sa mission de Banque de l'humanité, et, comme le souligne Sissako, que « la force de l'art est de rendre tout possible ».

 

Le Monde

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 8 Novembre 2006

Film finlandais d’Aki Kaurismäki – 1 h 18 - avec Janne Hyytiäinen, Maria Heiskanen, Maria Järvenhelmi

 


Les lumières du faubourg est comme une version de chambre, épurée, minimaliste, de L'homme sans passé. Même mouvement noir vers la solitude, la déchéance, la perte de tout, même lueur secrète de bonté et d'amour à l'horizon de la misère. Mais ici, tout est plus concentré et plus allusif, plus intime, plus infime. Les décors, à la fois réalistes et réduits à l'essentiel, font ressortir quelques objets caractéristiques et surtout les rapports entre les êtres, gestes et visages scrutés avec une intense précision. Kaurismäki a l'art de trouver des gueules fascinantes et d'en composer un paysage humain au relief tourmenté, ironique et énigmatique. 
La stylisation de la mise en scène fait parfaitement ressortir la mécanique d'indifférence et d'injustice qui prend dans son engrenage l'innocent Koistinen, tandis que la richesse musicale de la bande-son, tango, rock ou opéra, diffuse magnifiquement les profondes émotions du mélodrame, amour et douleur. Entre l'image dure et le chant pur, Kaurismäki ouvre à l'âme un merveilleux passage.

 


Le Figaro

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Rédigé par Huit et Demi

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