Publié le 27 Décembre 2006

Film américain de Larry Charles – 1h24 –avec Sacha Baron Cohen, Pamela Anderson

 

Pauvre petit (2,7 millions de kilomètres carrés) Kazakhstan. Que peut-il faire face à l'agression d'un terroriste isolé ? Sous le nom de Borat Sagdiyev, le comédien britannique Sacha Baron Cohen s'est abattu sur l'ancienne république soviétique, laissant la réputation du pays dans un état lamentable. Dans le film Borat, il ridiculiserait le Kazakhstan. Les autorités ont réagi avec fureur, condamnant le film sans l'avoir vu et encore moins compris. Eût-il été cinéphile ou doué d'humour, Noursoultan Nazarbaev, le président du Kazakhstan, se serait rendu compte que Borat, s'il ravale son pays au rang de faire-valoir comique, a pour véritable cible les États-Unis d'Amérique, objet d'une satire à la fois furieuse et précise, enveloppée d'un humour d'une universelle incorrection.

 

Mais Borat n'est pas seulement une machine de guerre satirique. En se limitant à ces attaques vicieuses contre l'American way of life, Sacha Baron Cohen et Larry Charles risquaient de casser les oreilles à force de stridence, aussi justifiée soit-elle. Heureusement, le film ne perd pas les vertus burlesques qu'il a déployées pendant son prologue kazakh.

 

Le meilleur exemple en est un match de catch entre Borat et son producteur obèse, moment d'une obscénité et d'une absurdité à faire pendre les mâchoires infé rieures les mieux accrochées. La mise en scène de Larry Charles, déguisée en reportage télévisé raté, est assez précise pour que le film ne faiblisse jamais et reste à la hauteur de l'énergie délirante et délétère qui émane de Borat Sagdiyev.

 

Le Monde

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Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

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Publié le 20 Décembre 2006

Film français d'Alain Resnais – 2h05 – avec Pierre Arditi, Sabine Azéma, André Dussollier, Lambert Wilson.

 

 

Ça n'est pas banal, un film où il neige sans répit, toujours et partout, et parfois même dans la cuisine d'un appartement parisien. Cette intempérie est au cœur de Cœurs, le nouveau film d'Alain Resnais. Au point que l'on pourrait dire que ce film en couleurs est aussi en neige. C'est joli la neige quand on la regarde tomber, mais c'est froid lorsqu'on la touche, et surtout elle finit presque toujours par fondre et dis- paraître. Cœurs serait-il un film de fondu ou de givré ? Il faut l'être en effet pour prendre plus de 2 h à raconter un chassé à peine croisé entre des personnages fantomatiques où il n'y a que l'âme qui vive, et encore. Oui, il faut être givré, il faut avoir les cheveux blancs comme neige, il faut être Alain Resnais. Qu'y a-t-il à l'intérieur du film ? Trois femmes et trois hommes. Chacun cherche sa chacune. De-ci, de-là, des frères, des sœurs, des vieux, des jeunes, des hommes et des femmes, qui se composent et se décomposent, ou s'exténuent dans les redondances de la conjugalité. Puisqu'on sait que Resnais connaît la chanson, il n'est pas interdit, sur un air connu, de fredonner : « Mais au bout du compte, on se rend compte qu'on est toujours tout seul au monde ». Refrain implicite du film, mais sûrement pas sa morale. Il y a en effet dans cette œuvre apparemment funèbre, une étrange gaieté, un curieux optimisme, et pour tout dire un appel à la fraternité. Ce marivaudage n'est pas le pire divertissement du monde. Comme la vie, comme Alain Resnais lui- même, ce film vient de la nuit et s'enfonce dans le brouillard. Entre temps, en 54 tableaux d'une exposition temporaire, il est chaudement recommandé d'en profiter.

 

 

Libération

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Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

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Publié le 13 Décembre 2006

 

Film britannique de Woody Allen – 1h36 – avec Woody Allen, Scarlett Johansson, Hugh Jackman

 

Aux tristes sires qui ne manqueront pas, autour de vous, de dénigrer le dernier opus allénien, sous prétexte qu'il est (c'est sans doute vrai) moins brillant que les plus réussies de ses comédies ou (c'est moins sûr) moins abouti que le subtil Match Point, vous pourrez répondre sans hésiter ceci : que Scoop réussit la fusion de vei- nes disparate dans l'œuvre de Woody Allen, qu'il parvient à mêler la dimension fantaisiste de précédentes enquêtes policières (Meurtre mystérieux à Manhattan ou Le Sortilège du scorpion de jade) à la veine fantastique à laquelle il laissa libre cours dans Le Complot d'Œdipe ou Alice, en les agrémentant d'une touche de peinture ironique de la bourgeoisie britannique (celle-là même qui faisait mouche dans Match Point) ; bref; qu'il s'agit sans nul doute d'une expression de la quintessence allénienne.Scoop marque également le retour de Woody Allen (absent de ses deux derniers films comme du prochain) devant la caméra, même si, comme lors de sa dernière apparition dans Anything Else, le cinéaste se distribue à présent en supporting actor, laissant à d'autres le soin de vivre des romances qui ne sont plus de son âge. De fait, Woody Allen assume pleinement ses 70 ans, au cours d'un récit où il fait équipe avec une jeune journaliste dans un pur esprit de camaraderie, voire de paternité. Dans le rôle de la journaliste, Scarlett Johansson, ravissante, sensuelle et (c'est nouveau) amusante, tourne pour la seconde fois sous la direction du cinéaste. Osons affirmer, contre l’avis des gens amers, qu’il faut aimer Woody Allen pour apprécier Scoop , et savoir goûter Scoop pour aimer vraiment Woody Allen.

 Grégory Valens, Positif

 

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Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

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Publié le 6 Décembre 2006

Film iranien de Jafar Panahi - 1h28 avec Sima Mobarak Shahi, Safar Samandar, Shayesteh Irani.

 

 

Sous forme de comédie, ce film évoque un droit auquel n'a pas accès le monde féminin en Iran : celui d'assister à un match de football masculin, fut-ce un match au sommet qualificatif pour la Coupe du Monde 2006 entre les équipes nationales d'Iran et de Bahrein. Nous assistons aux tentatives astucieuses mais malheureuses de certaines jeunes filles pour pénétrer dans le stade par le biais de différents déguisements. Se faisant prendre, elles sont gardées dans les coulisses du stade par des militaires et tout le sel du film vient du dialogue qui s'instaure entre les captives et leurs gardiens, dialogue ponctué par les péripéties du match. Un certain suspens s'en suit. Il ne concerne pas vraiment le résultat du match mais ce qu'il adviendra de ces jeunes filles qui ne s'étaient pas contentées de regarder le match à la télé.

 

 

L'Iran gagnera sur le terrain, mais on espère qu'après ce film admirablement mis en scène et interprété, et l'absurdité de la situation qu'il montre, il gagnera aussi quelques libertés pour les femmes.

 

 

L.L.

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Rédigé par Huit et Demi

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