Publié le 11 Juillet 2007

Film français de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud – 1h35 - avec les voix de Catherine Deneuve, Chiara Mastroianni et Danielle Darrieux...
Prix du jury à Cannes

Jusqu’à présent, Cannes a toujours accueilli des films iraniens sensibles, produits in situ et ayant passé outre aux validations du comité de censure (Kiarostami, Makhmalbaf, Panahi...). Films qui, s’ils pouvaient éventuellement hérisser le pouvoir des mollahs, n’étaient jamais une évocation directement à charge de la Révolution de 1979 et ne traitaient jamais aussi frontalement de l’obscurantisme infantilisant qui s’est abattu sur la société iranienne depuis bientôt trente ans.
Persepolis ridiculise l’Iran de la dictature islamique, mais Marjane Satrapi n’est pas une caricaturiste. Elle attaque par l’anecdote, le souvenir émouvant mais raconté sans aucun sentimentalisme. Elle épingle avec le même humour les travers de la société occidentale nantie et le recul des droits individuels dans son pays natal en proie aux démons d’une idéologie bornée.
Tourné à peu près entièrement en noir et blanc, adaptant pour l’écran la simplicité élégante du coup de crayon de Satrapi, Persepolis propose à l’intérieur de la catégorie chaque jour plus riche du dessin animé un nouveau genre, très atypique puisque les enfantillages d’une gamine y coexistent avec des apparitions de Marx, des problèmes de puberté avec des exécutions d’opposants politiques. À mi-parcours, Persepolis pourrait être la surprise qui tape dans l’oeil du jury.

Libération

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 4 Juillet 2007

Film français de Robin Renucci – 1h30 - avec René Jauneau, Angèle Masséi, Wladimir Yordanoff.

Un village de Haute-Corse se mobilise pour construire un théâtre. Un ministre est attendu pour assister à la première représentation et lui accorder une aide financière.
C'est avec les habitants du village où il habite, sur les hauteurs du Giunssani, que le comédien Robin Renucci a tourné ce film, en les faisant participer à l'écriture.
Militant en faveur de l'éducation populaire, il y a créé des Rencontres de théâtre au cours desquelles "des gens de générations, de couleurs de peau, de cultures différentes se rencontrent et travaillent avec des metteurs en scène de talent". Sempre vivu ! (Toujours vivant !) évoque les moeurs corses, une région en voie de désertification, les tentations de l'illégalité et les extrémismes terroristes, sur le ton de la farce et de l'autodérision. On y respire le parfum des comédies à l'italienne d'antan, la nostalgie des rengaines à la tonkinoise, et, lorsque le réel inspire des saynètes baroques, l'effluve de la commedia dell'arte. La troupe se réfère à Antigone en marchant dans la bouse de vache. On est loin ici du cinéma calibré pour la mode, et tout proche des gens du cru, de leur passion pour les planches.

Le Monde

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 4 Juillet 2007

Film allemand de Sven Taddicken - 1h34 - avec Jördis Triebel, Jürgen Vogel, Hinnerk Schönemann, Martin Feifel, Karin Neuhäuser...
Prix d’Interprétation Féminine et Grand Prix au Festival de Valenciennes 2007, Prix du public à Séville, Paris, Mons, Meyzieu, Hampton.

Emma, c’est le soleil, la lune et les étoiles, un rayonnement permanent, une chair de lait et un amour de la vie qu’elle communique à tous ceux qu’elle approche. C’est l’antidote à Notre pain quotidien, à tous ces films alarmistes sur le consternant devenir de la planète : Emma c’est la réconciliation avec la nature, avec l’amour, avec la vie et tout ce qui va avec y compris la mort…
Emma a ce don formidable d’être en symbiose parfaite avec la nature profonde des choses, ce qui lui permet d’admettre avec la même simplicité ce qui fait le dur et ce qui fait le tendre de la vie, prête à en jouir jusqu’au dernier instant : « vivre toute sa vie, aimer tout son amour, mourir toute sa mort » disait Sainte Thérèse d’Avila, la sainte la plus sensuelle de tout le calendrier. Emma, est une forme de réplique délicieusement païenne à la parole de la sainte.
La rayonnante comédienne Jordis Triebel a remporté une foultitude de prix pour ce personnage atypique qui lui colle à la peau.

La Gazette d’Utopia

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Rédigé par Huit et Demi

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