Publié le 29 Août 2007

Film français de  Claude Chabrol -  1h55 - avec Ludivine Sagnier, François Berléand, Benoît Magimel, Mathilda May

Gabrielle, la jolie femme-enfant (Ludivine Sagnier), attise toutes les convoitises dans le Lyon des gens en vue – monde qu’elle est en train de conquérir.
Le fait divers de référence (un drame de la jalousie) peut bien dater de la fin du XIXe siècle – il a inspiré le film de Richard Fleischer, La Fille sur la balançoire (1955), qui ressort opportunément en salles. Avec un sens confondant de l’époque, Chabrol (en compagnie de la coscénariste Cécile Maistre) le rapporte à une problématique éminemment contemporaine que l’on pourrait libeller ainsi : vie privée, vie publique.
Deux fois Chabrol convoque Woody Allen. D’abord au détour d’une blague d’Edouard Baer (dans son propre rôle) sur le cinéaste new-yorkais. Ensuite lorsque Gabrielle assiste sur scène un vieux magicien, exactement comme Scarlett Johan­sson avec Woody dans le récent Scoop. Chez l’Américain comme chez le Français, c’est un ange blond qui recharge en idéalisme un univers archicaustique. Claude Chabrol et Woody Allen avaient en commun la vaillance, un effet de signature immédiat et une même capacité à rester dans le présent. Aujourd’hui, ils ont aussi en commun de croire, comme d’autres en l’avenir, au sourire salvateur des jeunes femmes.

Télérama

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 22 Août 2007

Film franco allemand de Julie Delpy – 1h36 – avec Julie Delpy, Adam Goldberg, Albert Delpy, Marie Pillet, Daniel Brühl

Pour son vrai premier film comme réalisatrice, Julie Delpy signe un autoportrait attachant et d’une grande cocasserie. C’est une comédie, et pas sentimentale pour deux sous. La force de Delpy, c’est d’avoir sur brasser jalousie, grotesque, pathétique, sexe, malentendus culturels pour mieux créer un crescendo amoureux et rendre comique le passage très inconfortable au sein du couple de l’intime à la confrontation sociale (les amis, les parents, les ex-amants de Marion, etc.). Tout tient à l’écriture au millimètre de dialogues foisonnants : Delpy tchatche, et son petit monde avec elle.
C’est frais comme les premiers Jarmush – croisés avec du Woody Allen, avec déjà quelques scènes d’anthologie. Les répliques qui fusent à toute vitesse prouvent une foi dans le pouvoir comique du langage (de l’anglais au français) et de ses quiproquos entre hommes et femmes qui rappelle les meilleurs comédies américaines des années 30, option Preston Sturges. Delpy a su transposer cet esprit étincelant dans le Paris des années 2000 : pour un début, c’est une réussite.

Les Inrockuptibles

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 22 Août 2007

Film français de Nadir Moknèche – 2h14 - avec Biyouna, Nadia Kaci

C’est écrit sur sa carte de visite : « Mme Aldjéria vous arrange ça. » Divorce, coup de piston, constat d’adultère, permis de construire, et même une fille pour la nuit, cette quinquagénaire a tout en stock.
Femme seule, « bienfaitrice nationale », Aldjéria écume cet Alger qui flambe et qui frime, ces cabarets où un M. Zhang, Chinois de passage, se fait éponger par les filles du raï. Comme Aldjéria a du goût, elle dégote une perle, Paloma, blanche « colombe » aux yeux clairs, danseuse sublime, qui refait les beaux jours d’un cinéma de quartier.
Grâce au pétillant réalisateur Nadir Moknèche (Viva Laldjérie, 2004), l’Algérie n’est plus synonyme de larmes et de plaintes mais d’humour, de malice et d’innocence. Au centre de cette galerie de personnages denses et savoureux, dans le rôle de Mme Aldjéria, Biyouna illumine cette épatante comédie (algérienne ? française ?) avec sa voix grave, sa gouaille, sa verve et ses fêlures. Il y a de l’Arletty dans cette actrice et de l’Almodovar chez Moknèche. À moins que ce ne soit Arletty qui ait quelque chose de Biyouna…

Le Canard enchaîné

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Rédigé par Huit et Demi

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