Publié le 30 Janvier 2008

undefinedFilm brésilien de Cao Hamburger - 1h45 – avec Michel Joelsas, Daniela Piepszyk, Germano Haiut  
Brésil 1970. Tandis que s’entame une Coupe du monde de football qui restera dans l’histoire, le jeune Mauro, douze ans, joue au foot de table avec son père. Le pouvoir militaire est en place depuis plusieurs années mais la répression se durcit. Les parents de Mauro, militants communistes, décident de « partir en vacances ». Le motif de ce départ non plus que la destination du voyage ne sont communiqués à Mauro.
Le spectateur est d’emblée invité à vivre les événements par ce qu’en éprouve l’enfant. Après un dernier regard à ses parents qui disparaissent en même temps que la lunette arrière d’une Coccinelle dont Mauro va longtemps guetter le retour, le voilà livré aux bons soins de son grand-père au coeur du quartier juif de Sao Paulo.
Dans cet exil qu’il va devoir subir, Mauro passera par divers apprentissages en inventant ses propres repères, à l’instar du gardien de but contraint de prendre seul les décisions les plus cruciales.
C’est aussi en une partie de foot, bien plus modeste, que se dessinent les filets qui soutiendront Mauro : la solidarité qui unit les membres des communautés juive, italienne, grecque, et africaine de ce quartier populaire qui l’abrite.
En compétition à Berlin, puis à Rio de Janeiro, l’Année où mes parents sont partis en vacances représente le Brésil aux oscars
L’Humanité

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 23 Janvier 2008

undefinedFilm britannique de Ken Loach  - 1h33 -  avec Kierston Wareing, Juliet Ellis
Il est de bon ton de s’extasier sur la prospérité de l’économie britannique et la baisse exemplaire du nombre de ses chômeurs, le nouveau film de Ken Loach vient souffler un petit vent cinglant de désespoir social parfaitement salutaire. Un avertissement s’impose auprès des spectateurs sensibles : il n’est pas impossible de discerner dans It’s a Free World un message de gauche, même si ce n’est plus la mode, et sortir de la salle infiniment moins confiant dans l’avenir qu’en y entrant. Vous voilà prévenus.
Sainte colère. Comme presque toujours chez le cinéaste et documentariste, son film est tourné au ras du trottoir glacé de Londres, qui a rarement semblé à la fois si moderne et cafardeux. Pas de masure insalubre ou de ruelle en briques rouges de carte postale dans cet East End, mais une ville proprette, bourrée de jeunes gens bien sapés, aux dents acérées. Une ville qui sait également dissimuler ses arrière-cours nauséabondes, qui n’ont rien à envier aux sordides quartiers ouvriers de l’imagerie victorienne. Désormais, pauvre comme riche, chacun a sa chance dans cette économie de marché où « gagner plus » est le seul horizon qui vaille, peu importent les moyens pour y parvenir. Certes, le discours n’est pas exactement une révélation, mais Loach a le bon goût de ne jamais verser dans la caricature et a surtout trouvé en Kierston Wareing une actrice principale formidable de justesse et de charme.
Le portrait de cette femme moderne, courageuse, capable de passer en une seconde du statut de victime séculaire à celui de bourreau moderne, est une démonstration terrifiante de l’inexorable sens du monde.

Libération

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 16 Janvier 2008

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Film français d’Abdellatif Kechiche -2h31 - avec Habib Boufares, Hafsia Herzi, Faridah Benkhetache
Avec sa caméra empathique et solidaire, Kechiche (qui avait été plébiscité pour son film précédent, l'Esquive ) nous scotche à sa vibrionienne tribu sétoise plus de deux heures et demie durant sans jamais nous permettre de relâcher l'attention.
On ne voit pas quel autre cinéaste aujourd'hui en France conjugue aussi bien, et avec autant d'efficace élégance, le lyrisme et le réalisme, la politique et les sentiments, l'héroïsme et la discrétion, le social et le cosmique. Le chœur pléthorique de comédiens qu'il réunit sous sa bannière est l'un des plus saisissants que l'on ait vu sur grand écran, la direction d'acteurs formant de toute évidence l'un de ses plus précieux talents. Ils sont tous réellement impressionnants de vérité et d'humanité.
Libération

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 9 Janvier 2008

undefinedFilm d’Andrei Zviaguintsev – 1h46 - avec Vladimir Garine, Ivan Dobronrarov
Lion d’or Venise 2003
Le Retour ressemble à ces récits d’aventures, teintés de fantastique, qu’on lit dans l’enfance. C’est l’histoire d’un père absent, donc mythique, qui revient mystérieusement et brusquement s’occuper de ses deux garçons de 15 et 11 ans, leur faire voir du pays, les éprouver et les dresser, non sans susciter une violente rébellion chez eux. Art de l’ellipse, précision du trait, beauté ténébreuse des paysages traversés… Jusqu’au bout, ce conte cruel préserve le mystère de son statut, entre l’allégorie politique, le mémorial intime et le songe freudien.
Télérama

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 9 Janvier 2008

undefinedFilm israëlien d’Eran Kolirin – 1h30 – avec Sasson Gabaï, Ronit Elkabetz, Saleh Bakri, Khalifa Natour
Il y a des rencontres formidables, qui surgissent en pleine routine : trois fois rien, un loupé, un rendez-vous manqué, une erreur d’aiguillage et la magie se produit, le merveilleux déboule à plein tonneaux, inattendu et savoureux... C'est cela, La Visite de la fanfare: un havre de délicatesse dans un monde de brutes, une oasis de grâce et de légèreté dans le désert des sentiments normalisés, plombés.
Tout tissé de poésie et d’humour, c’est un beau film humaniste qui plaide, sans en avoir l’air, pour la reconnaissance des cultures et le rapprochement des peuples. C’est un moment de bonheur suspendu, de la décroissance sans le vouloir, un bouquet d’humanité offerte, un moment de bonheur, drôle et doux.
La Gazette d’Utopia

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 2 Janvier 2008

Film français d’Emmanuel Mouret – 1h40 – avec Julie Gayet, Michael Cohen, Virginie Ledoyen, Emmanuel Mouret, Stefano Accorsi, Frédérique Bel.

Avec les filles, qui le fascinaient et l’intimidaient, le sep­tième art a été la plus grande découverte de son adolescence marseillaise. Et entre ses deux amours cinématographiques, d’un côté le burlesque muet de Buster Keaton, Charlie Chaplin ou Jacques Tati, de l’autre la comédie très dialoguée de Guitry, Rohmer ou Woody Allen, Emmanuel Mouret ne choisit pas.
C’est très élégamment joué, chaque couple d’acteurs apportant une couleur particulière à ces variations sur le désir et le sentiment. D’un rien, Emmanuel Mouret fait un film léger et spirituel, amusant et délicat.

Le Figaro

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 2 Janvier 2008

Film irlandais de John Carney - 1h25 - avec Glen Hansard, Markéta Irglová

 

La syntaxe est plutôt rudimentaire. Ainsi de l’intrigue : la rencontre platonique d’un musicien des rues et d’une jeune immigrée russe, déjà mariée, déjà mère. Cela touche pourtant. Par l’intensité des chansons qui s’élèvent et s’enroulent dans la nuit irlandaise. Par la grâce timide, sans apprêt, d’un garçon et d’une fille. Par une dramaturgie, une organisation de l’espace, désinvoltes et distendues, qui invitent à respirer à pleins poumons l’air qui circule dans les rues ; entre les choses. Un film pour ceux qui aiment la guitare sèche, qui cherchent un destinataire, qui continuent de parler sur les quais de Dublin.

Positif

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Rédigé par Huit et Demi

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