Publié le 29 Avril 2008

Film Uruguay/Brésil/France d’Enrique Fernandez et César Charlone - 1 h 35 - avec Cesar Troncoso, Virginia Mendez
Sélection officielle Un certain regard Festival de Cannes 2007

 

 

 

Un bon sujet, ce n’est déjà pas si fréquent : dans une pauvre bourgade d’Uruguay, on annonce la venue de Jean-Paul II, en visite au Brésil voisin, et tous les habitants se mettent à rêver. L’ingénieux Beto y voit la chance d’échapper à ses petits trafics de contrebande frontalière, de mériter l’amour de sa patiente épouse et de sa fille qui, elle, aimerait être animatrice de radio… Il va construire des toilettes publiques pour les pèlerins et touristes qui viendront voir le souverain pontife, d’où ce titre merveilleux. Ce qui fait le prix de ce joli film, c’est la justesse de son regard à hauteur de personnages : humour et pathétique, empathie et agacement, jamais de paternalisme ni de schématisme dans l’approche de situations fortes. Les acteurs sont tous épatants et le scénario évite avec ingéniosité tous les pièges du film « tiers-mondiste » : la satire est généreuse et ses cibles sont atteintes avec une belle santé.

Positif

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 29 Avril 2008

Film britannique de Ken Loach - 1971 - 1h50 - avec Sandy Ratcliff, Grace Cave, Bill Dean  
Tourné en 1971, un an après Kes, Family life est l'un des films les plus impressionnants de sa filmographie. Écrit par Loach et son scénariste David Mercer à partir d'une expérience déjà menée à la télé en 1967, Family life décrit le conflit qui oppose une jeune fille, Janice, à ses parents, petits-bourgeois normaux bloqués dans des réflexes conservateurs étouffants. Fragilisée par un avortement que sa mère l'a forcée à subir, Janice est conduite par ses parents en hôpital psychiatrique. Elle y mènera une thérapie de groupe efficace sous la direction d'un médecin attentif à la parole du malade, avant d'être récupérée par le système médical et déshumanisée par les médicaments et les électrochocs. Le film possède avant tout une force de dénonciation extrême : contemporain des recherches de Deleuze et Guattari (L'Anti-œdipe sortira quelques mois après le film) et assez proche de l'antipsychiatrie, Family life montre du doigt la psychiatrie institutionnelle, répressive et bornée, comme incapable de guérir car incapable de comprendre les maux. Mais le film ne se contente pas d'une dénonciation glacée. Ce qui est très beau, c'est la chaleur et la tendresse avec lesquelles Loach traite son sujet, la distance parfaite entre la caméra et les personnages. Filmé de manière quasi documentaire, en alternant de grandes scènes d'entretiens ­ où les personnages sont assis dans les angles des plans ­ et des scènes de famille plus chorales, admirablement interprété par des acteurs auxquels Loach laissait une petite marge d'improvisation, Family life est un grand film sur le contrôle social et sur l'enfermement

Les Inrocks
Samedi 3 à 18 h et mardi 6 à 20 h 30 

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 23 Avril 2008

Film français de Samuel Benchetrit - 1h48mn - avec Anna Mouglalis, Jean Rochefort, Edouard Baer, Alain Bashung, Arno, Bouli Lanners, Serge Larivière, Laurent Terzieff, Roger Dumas, Jean-Pierre Kalfon

Ne vous fiez pas à la très classieuse affiche du film : pas l’ombre d’une vierge glamour à l’enfant dans cet ovni français (c’est rare, ça fait du bien), un film sans personnage principal et dont l’action se passe presque exclusivement dans une cafétéria un peu glauque coincée sur une aire d’autoroute, on conviendra que c’est pas vraiment vendeur pour le prime time de TF1.
Mais voilà, ça prend, ça démarre au quart de tour et dès la première scène, assez irrésistible, on sent bien que nous sommes ailleurs, dans un monde 100% cinéma, qui grapille mille et une références (en vrac : Keaton, Chaplin, Scorsese, Jarmush, le cinéma Italien des années 60…) sans pour autant s’en alourdir la caboche, sans jamais y perdre son âme.
Petite pépite donc, d’humour noir, de mélancolie, de drôlerie et de grâce : il y a là un ton unique en son genre, une liberté, une audace qui semblent avoir littéralement emballé toute l’équipe, comédiens, techniciens, auteur, interprètes (superbe et bidonnante rencontre Arno/Bashung autour d’une table en formica).

La Gazette d’Utopia

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 16 Avril 2008

Film américain de Paul Thomas Anderson – 2h38 - avec Daniel Day-Lewis, Paul Dano

Longtemps, l’Amérique nous a gonflés. Depuis quelques mois, elle envoie à nouveau des signes : pas de cinéma plus passionnant en ce moment (comme si chaque film voulait préparer le terrain électoral). Pour ne prendre que ces trois derniers mois, c’est De Palma décrivant où en sont les images et les preuves (Redacted), Gray faisant tenir la tragédie dans une voiture lancée sous un déluge (La nuit nous appartient), Haynes racontant non pas une, mais six vies du héros Dylan (I’m Not There), les Coen délirant les zones de danger (No Country…).Et aujourd’hui, Paul Thomas Anderson siphonnant le retour aux sources.
Comme chaque fois que le cinéma américain recommence à se mesurer à ce qui était le rêve fondateur de l’Amérique et s’aperçoit que la réalité déçoit ou trahit le pacte initial, il ressort le meilleur de lui-même. Sans doute parce que la dernière chose à laquelle entendent renoncer l’Amérique et son cinéma, c’est leur légende.
À la façon d’un rampant, There Will Be Blood s’avance, au rythme de la partition médusante du guitariste de Radiohead Jonny Greenwood, comme l’un des films les plus hypnotisants de la décennie. Et comme un tournant pour toute une génération de cinéastes américains.

Libération

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 16 Avril 2008

Film argentin d’Esteban Sapir – 1h35 - avec Valeria Bertucelli, Alejandro Urdapilleta, Julieta Cardinali

Quel ovni ! Ce conte fantastique mêle personnages réels et différentes techniques du cinéma d'animation, sous forme d'un long-métrage muet en (superbe) noir et blanc.   Enfin, presque muet, puisque c’est ce que raconte la fable : dans cet univers d’anticipation, les voix de la population ont été confisquées par un dictateur qui impose sa loi par le biais de la toute-puissante télévision. Plusieurs personnages, menés par une petite fille obstinée et sa famille, vont s’employer à résister à l’oppresseur et à rendre leurs voix aux habitants. Seule une chanteuse, dont la mélodie ressemble à Let’s face the Music and Dance d’Irving Berlin, parvient à se faire entendre, mais ne possède pas de visage ; elle a un fils sans yeux, qui cache un secret. Le film est truffé de références explicites à Méliès, Karel Zeman, Fritz Lang (Metropolis, via Tim Burton, mais aussi La Femme sur la Lune ou Le Testament du Dr Mabuse) et aux films de gangsters des années 30.

Positif

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 9 Avril 2008

Film français de Philippe Faucon – 1h13 - avec Ariane Jacquot, Sabrina Ben Abdallah

Avec Dans la vie, Faucon pointe son scalpel et son microscope sur les relations entre Juifs et Arabes français. Il y a chez Faucon comme une transparence didactique, une aisance à éditorialiser tout en faisant du cinéma, une capacité à transmettre du sens sans rien lâcher sur la stylisation. Chaque scène de Dans la vie porte un message, tout en restant une situation de fiction qui vaut pour elle-même et qui s’inscrit dans un récit. Le cinéaste a également sa façon de refuser aussi bien la stigmatisation que l’angélisme, de se méfier des généralités ou du manichéisme à la Loach, de toujours injecter de la complexité, de brosser toutes les nuances de gris plutôt que de la dichotomie noire et blanche.

Dans la vie est un film simple et complexe, ambitieux et modeste, qui n’esquive aucune zone conflictuelle mais les fouille avec aménité, tact et courage. De ses paradoxes naît sa beauté.

Les Inrocks

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Publié le 9 Avril 2008

Film américain de Michel Gondry – 1h39 - avec Jack Black, Mos Def, Danny Glover, Mia Farrow

Enfant prodige du vidéoclip devenu ces dernières années la nouvelle coqueluche du cinéma indépendant américain, Michel Gondry, 43 ans, donne l'impression de se tenir devant le cinéma comme un enfant devant un immense coffre à jouets. Avec Soyez sympa, rembobinez, comédie complètement déjantée, le cinéaste français bascule de la fantaisie théorique acidulée qui caractérisait Eternal Sunshine of The Spotless Mind, ou La Science des rêves, à un burlesque follement original, alliant outrance et finesse, maîtrise et improvisation, avec une maestria à couper le souffle.

Le Monde

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 1 Avril 2008

 

Film américain de Jeff Nichols – 1h32 – avec Michael Shannon, Douglas Ligon, Barlow Jacobs

Jeff Nichols, le jeune réalisateur de ce film indépendant tourné à l'économie, est du genre gonflé. A peine sorti de son école de cinéma, il signe un coup d'essai étonnant de maîtrise en puisant, sans complexe, dans Sophocle et Shakespeare. Tout y est : le messager ou le chœur - incarné par un personnage de clown sinistre dont la parole, maladroite ou maligne, agit sur l'action comme un soufflet sur les braises - la consanguinité, la vengeance, la passion de personnages esclaves de leurs pulsions...
Ainsi transposée dans la poussière du Sud, entre champs de coton et ciels plombés, la vieille histoire de vendetta s'offre une nouvelle jeunesse, imprégnée des pesanteurs du Sud profond, peuplée de personnages taiseux et attachants. Dans les interstices d'un récit en forme de spirale, Jeff Nichols glisse ainsi de vrais moments de grâce : une scène de pêche e

n famille, aussi douce que le clapotis de l'eau, un instant suspendu dans la ville déserte, écrasée de chaleur et d'ennui... Lorsque les paysages, magnifiquement photographiés, prennent possession de l'écran, le souffle tragique s'estompe au profit d'une note élégiaque. On respire à nouveau, avec l'espoir que la douceur languide qui envahit les corps finisse aussi par gagner les âmes.

Télérama

 

 

 

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 1 Avril 2008

 

Film documentaire français de Carmen Castilla – 2 h 40

Ici et ailleurs. Hier et aujourd’hui. Le temps qui passe, qui laisse ses marques. L’Histoire qui rase tout. Et les blessures à panser, les racines arrachées à retrouver. Carmen Castillo, on la voit sur une photo de 1972, au tout début du film. Elle est belle, radieuse, à côté d’un jeune homme souriant, son mari bien-aimé.
Quelques saisons plus tard, il sera mort, assassiné par la police de Pinochet justement au 275 de la rue Santa Fe. Son crime : avoir été l’emblématique figure du résistant à la dictature et l’un des principaux dirigeant du MIR, le Movimento de la Izquierda Revolucionaria.
Carmen Castillo, son épouse, fut peu de temps après expulsée du pays sous la menace de mort. C’est de ce long exil intérieur que revient la réalisatrice, offrant aux martyres du régime fasciste ce long et magnifique poème en prose (2h40 d’une intensité déchirante) où elle revient déchiffrer les cendres du passé. Avec sa belle voix en off, elle pose des questions, interroge le Chili amnésique d’aujourd’hui, se demande si la lutte contre l’oppression politique n’a pas pris le dessus sur la vie privée. Pas de mélancolie ni de chantage sentimental. Castillo adopte les armes de la dialectique, tourne le dos à l’autobiographie et fait de ce docu lyrique un objet d’une importance capitale, lucide et cristallin, jamais piégé par les artifices du sentimentalisme ou du manichéisme. Superbe.

Lyon Poche

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Publié le 1 Avril 2008

 

Film français d’Alain Resnais – 1h31 (1958) – avec Emmanuelle Riva, Bernard Fresson

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