Publié le 26 Août 2008

Film français de Pierre Schoeller – 1h53- avec Guillaume Depardieu, Judith Chemla, Aure Atika, Patrick Descamps, Max Baissette de Malglaive

Il fallait à Pierre Schoeller une belle assurance et une claire vision de son projet pour tenir le défi exigeant qu’il s’est donné : celui d’inscrire dans la haute tradition du mélodrame un récit de l’exclusion dans la France d’aujourd’hui. Frontalité archétypale du récit, personnages massifs, aux contours nets, succession de scènes à forte intensité dramatique aimantées par une idée du destin : un antinaturalisme qui suffit, dans le cinéma français contemporain, à forcer l’admiration.
Judith Chemla, Aure Atika, Patrick Descamps et le jeune Max Baissette de Malglaive, tous portent le film par une rare qualité d’investissement et de précision. Reste Guillaume Depardieu. On imagine qu’il n’a pas eu besoin d’aller chercher bien loin la rage insoumise et la force morale de son personnage. Damien, c’est lui. L’intensité, le tranchant de son jeu, la forte évidence avec laquelle il impose le moindre regard, le moindre geste, la moindre intonation, sont d’autant plus impressionnantes. On dira que l’acteur grandit de film en film. Mais c’est autre chose, il n’est plus question de jeu ni de cinéma. Dans chaque plan, Guillaume Depardieu convoque le spectateur, le regarde, lui parle, l’invite à se mesurer à une exigence sans nom. Il s’agit de vie, de survie. C’est une expérience unique, sans prix, et Versailles a l’immense mérite de l’avoir rendue possible.

Les Cahiers du Cinéma

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Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

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Publié le 20 Août 2008

Film français de Diastème – 1h47 – avec Bruno Todeschini, Emma de Caunes, Frédéric Andrau, Jeanne Rosa

Valse des sentiments au sein d'une troupe d'acteurs et de spectateurs pendant le festival d'Avignon, « in » et « off »... Avec son titre digne de Marc Levy (ou d'Anna Gavalda), son casting mi-branché (Emma de Caunes, Olivier Py) mi-popu (Olivier Marchal, Léa Drucker) et son sujet fleurant bon la mise en abyme au rabais (« le théâtre, c'est la vie, la vie est un théâtre »), le premier film du romancier et dramaturge Diastème ne partait pas gagnant. Bonne surprise : au lieu d'un pensum hystérique sur la dure vie de nos amis les artistes, on découvre un drôle de film choral à la fois grave et rafraîchissant (le motif de l'eau servant de fil rouge).
Ce portrait de groupe navigue entre le bon Lelouch et l'Altman de Nashville. Après avoir résisté, on est finalement conquis par la mélancolie et la générosité des personnages. Le Bruit des gens autour appartient à cette catégorie de films dont on n'attend rien mais qui donnent beaucoup.

Télérama

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 20 Août 2008

Film britannique de Martin McDonagh - 1h41mn - avec Colin Farrell, Brendan Gleeson, Ralph Fiennes, Clémence Poésy, Jérémie Rénier...

Bons Baisers de Bruges est une comédie policière subtile, intelligente et trépidante, servie par des acteurs brillantissimes.
Oublions affiche et slogan promotionnels ridicules et plongeons-nous dans cet étrange film où deux tueurs londoniens se retrouvent exilés après un contrat raté dans la jolie ville médiévale de Bruges. Au-delà de la finesse dans la description des personnages, le film sait à la fois être infiniment drôle dans un humour typiquement british digne de Arnaque, Crimes et Botanique ou dans un genre totalement différent, celui des très français Tontons Flingueurs, où une certaine forme d’honneur dérisoire du milieu et une gouaille caractéristique marquent les personnages.
Quant à l’intrigue policière et aux scènes d’action, elles sont distillées avec subtilité, sans excès, avec notamment une scène de poursuite totalement réussie entre Ralph Fiennes, incarnant l’inquiétant patron des deux complices et Colin Farrell. La mise en scène met largement en valeur la géographie fascinante et mystérieuse de Bruges, sinueuse le long de ses canaux, nimbée de brouillard hivernal qui lèche ses monuments médiévaux hors du temps, qui rend la violence des tueurs irréelle, le tout au service d’un équilibre parfait entre comédie décalée et film policier élégant.

La Gazette d’Utopia

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Rédigé par Huit et Demi

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