Publié le 25 Février 2009

Film français, autrichien de Arash T. Riahi – 1h50 - avec Navid Akhavan, Pourya Mahyari, Kamran Rad  
La situation est kafkaïenne, déchirante, l'avenir plus qu'incertain : c'est notre monde tel qu'il va et ça n'est pas près de s'arranger, mais ce n'est tout de même pas une raison pour en faire un fromage et prendre les choses au tragique ! L'humour apparait ici comme une arme tout ce qu'il y a d'efficace pour surmonter les obstacles et ne jamais désespérer de la vie et de soi.
Arash T. Riahi est né en Iran, a fui son pays avec ses parents quand il avait l'âge des gamins du film. Son histoire personnelle, il la croise avec d'autres histoires, l'enrichit, la réactualise, car les choses ont changé depuis. Il s'agit de la Turquie, mais ça pourrait se passer dans n'importe quel pays, partout où les êtres humains aspirent à une vie meilleure et partent de leur terre d'origine pour fuir la répression, la guerre, la mort, la mauvaise gestion des états, la pauvreté… Il arrive même que certains fassent la démonstration brillante qu'on a eu bien raison de ne pas les repousser vers leur bled natal et réalisent des films qui remportent plein de prix pour le meilleur épanouissement culturel et le plus grand prestige de leur pays d'accueil.

La Gazette d’Utopia

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 17 Février 2009

Film documentaire français de Pierre Carles, Eric Martin – 1h38 - avec Georges Bernier, François Cavanna, Cabu
Même refroidi, Georges Bernier (1929-2005), alias le Professeur Choron, continue de foutre sa merde. L'équipe actuelle de Charlie Hebdo vient d'en faire une dernière fois les frais en essayant en vain d'interdire la sortie de cet impertinent documentaire signé d'un autre poil à gratter médiatique, Pierre Carles. Philippe Val ne supportait pas de voir son nom sur la même affiche que le scatologique cofondateur d'Hara-Kiri (en 1960) et de Charlie Hebdo première mouture (en 1970), dont il a toujours renié l'encombrant héritage.
S'il avait pris la peine de visionner le film avant de monter sur ses grands chevaux, Val aurait découvert un honnête portrait vidéo monté à la serpe, composé de savoureuses images d'archives et d'entretiens plus récents, à charge ou à décharge. Si l'on devine assez vite de quel côté les cœurs des deux réalisateurs balancent, aucune facette de la personnalité du « Professeur » n'est passée sous silence.
Au milieu des frasques éthylo-pathétiques pas toujours du meilleur goût (nez rouge et bite à l'air), on retrouve quelques-unes des vidéos « bêtes et méchantes » dont Choron avait le secret et sans lesquelles Les Nuls et Groland n'auraient sans doute jamais existé. Mais le doc réserve aussi son lot d'anecdotes inédites, comme l'irrésistible évocation de son expérience de troufion giton. C'est ainsi que Choron est grand !

Télérama

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 17 Février 2009

Film français, américain, espagnol de Steven Soderbergh - 2h07 - avec Benicio Del Toro, Demian Bichir, Carlos Bardem

Cas majeur pour nous. Che s'inscrit dans la lignée précieuse de films comme Redacted, Lust Caution, Cloverfield. Films très distants entre eux, et pourtant réunis par un élément fondateur : l'inscription, non sans un certain lyrisme tragique, de la contradiction du récit au sein de chaque plan, voire de chaque photogramme. Formellement, la hardiesse consiste dès lors moins à souligner les aspérités du conflit qu’à rester en retrait, à mettre en scène les évènements les plus banals (le Che lit un livre) de la même manière attentive et détachée que les extraordinaires (le Che prend une ville). Dans le fond, il s’agit de montrer que tout événement compte, aucun n’est a priori innocent.
Ça n’a pas beaucoup de sens. Mais si on nous y forçait, des deux volets, on choisirait Guérilla qui dépasse l’Argentin en complexité et en inspiration. La révolution y devient une sorte de vocation tragique Sa lutte à mort devient un pur honor. A l’entame, il avait commencé par perdre son identité. L’aspect physique, la citoyenneté cubaine, son nom. A la fin Soderbergh film son sort en caméra subjective. C’est la mort du révolutionnaire, redevenir un individu.

Les cahiers du Cinéma

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 10 Février 2009

Film français de Jean-Michel Ribes – 1h33 – avec Michel Blanc, Victoria Abril, Pierre Arditi, Valérie Lemercier, Fabrice Luchini
Ce film est un enfant qui est né et a grandi tout seul. Aussi s'épanouit-il en courant dans l'espace, avec une liberté euphorisante. On croise ainsi, dans Musée haut musée bas, un mélange coloré de curieux, de pédants, de niais, d'amoureux, de sensibles, de profonds, de légers, et souvent de tout à la fois, dans une instabilité féconde qui fait du film lui-même une espèce d'œuvre d'art contemporain. Le tout joué - mais ce n'était pas intentionnel - par le gratin du cinéma français, qui s'est précipité pour se partager la centaine de rôles, très dessinés quoique limités parfois à une seule réplique.
La part de l'ironie, essentielle chez l'auteur, pourrait dissimuler le fait qu'au-delà de la farce l'art est bien le sujet essentiel de Musée haut Musée bas qui, sous des airs de charge, est un hommage ému à ces maisons des peintres et des sculpteurs. La place que la beauté, ou plus précisément la recherche de la beauté, occupe dans nos vies est essentielle, et le réalisateur la tient évidemment pour le propre de l'homme, au même titre que le rire qu'il maitrise si bien.
Filmé dans le bonheur (et grâce à la complaisance du Petit-Palais qui a fermé, chose jamais vue, dix jours de suite pour permettre les prises de vues), Musée haut est pourtant le contraire d'un film à message, l'auteur sachant très bien que, en matière d'art surtout, rien n'est sûr sauf que la légèreté favorise la profondeur.

 

Le Nouvel Obs

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 10 Février 2009

Film français, italien, turc de Nuri Bilge Ceylan – 1h49 - avec Ahmet Rifat Sungar, Hatice Aslan, Yavuz Bingol
Somptueusement filmé en numérique avec des images longuement retravaillées en postproduction, Les Trois singes est un film envoûtant sur la jalousie, l’arrogance du pouvoir, la violence et surtout le mensonge, ces accommodements qui permettent d’éviter jusqu’au bout d’avoir à affronter la vérité. Les gens vont au cinéma pour rire ou pleurer : j’ai voulu les prendre à contre-pied pour les obliger à regarder dans le gris de la vie, là où il n’y a ni héros ni victime, mais où chacun est tout à la fois l’un et l’autre, explique Nuri Bilge Ceylan, qui a reçu le prix de la mise en scène à Cannes. Un film implacable, où chacun feint de ne pas voir, de ne pas entendre, de ne pas savoir.
Le très raffiné auteur de Uzak (« loin ») et des Climats réalise une œuvre tout aussi élaborée, mêlant comédiens et acteurs non professionnels, mais profondément différente, qui subvertit les canons du mélo turc.
De ses cinq films, Les Trois Singes est celui qui marche le mieux en Turquie. C’est aussi le premier qui amorce un discours sur son pays, sa corruption morale, son oppression et sa violence quotidienne, sans pour autant donner dans les poncifs bien intentionnés du film engagé. Ceylan n’a aucune illusion, en particulier sur la famille : Elle porte en elle les choses les plus tragiques de la vie : ce qu’on vit au sein d’une famille est un résumé de la société et de la vie.

Libération

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Publié le 3 Février 2009

Film américain, britannique de Danny Boyle – 2h - avec Dev Patel, Mia Drake, Freida Pinto    
Le jeune Jamal Malik passe un mauvais quart d’heure dans un commissariat de Bombay : comment ce jeune orphelin né dans un bidonville, donc forcément pauvre et inculte, a-t-il réussi à donner les bonnes réponses au fameux jeu télévisé genre « Qui veut gagner des millions ? » et ‘apprête-t-il à empocher la somme colossale de 20 millions de livres ? Il a sûrement triché ! Alors Jamal raconte sa vie aux flics, son enfance de misère, les mille et une combines de sa survie, l’histoire de son frère devenu truand, celle de cette fille dont il a perdu la trace, et l’on comprend alors comment lui est venue chaque bonne réponse, et tout cela se terminera par un happy end très bollywoodien (Bollywood, c’est le Hollywood de Bombay)…
Adapté du roman de Vikas Swarup, Les fabuleuses aventures d’un Indien malchanceux qui devint milliardaire (Belfond), cette épopée débordante de rythme et de grands sentiments nous fait plonger dans l’Inde d’aujourd’hui : pas de carte postale, ici, mais une vision crue et colorée des gangs, du tourisme vu de l’autre côté de la barrière, du proxénétisme, de la corruption immobilière.
Le talent de Danny Boyle est au service d’un grand film populaire, attachant, bourré d’énergie : le bonheur.

Le Canard enchainé

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Rédigé par Huit et Demi

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