Publié le 28 Avril 2009

Film danois, allemand, islandais de Dagur Kari – 1h33 - avec Tomas Lemarquis, Elin Hansdottir
Nói, un ado albinos (albinoi en islandais) semble carburer à l'économie - de mots, de gestes, d'émotions. Dagur Kári pratique l'absurde laconique. Son film est un précipité de petits délires à froid successifs. Un imperceptible décalage, et on bascule dans la bizarrerie cocasse, l'étrangeté pince-sans-rire. Où cela nous mène-t-il ? À un formidable basculement final. L'irruption brutale de la tragédie dans cette comédie en apesanteur. À ce coup de force scénaristique, filmé avec une rigueur magistrale, on mesure la singularité d'un cinéaste et de son comédien principal.

Télérama

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 28 Avril 2009

Film américain de Clint Eastwood – 1h55 - avec Clint Eastwood, Bee Vang, Ahney Her, Christopher Carley
Baroudeur reconverti à l'apprentissage des règles de survie, misanthrope devenu le protecteur moral inespéré d'un gamin, vieux grigou fâché avec sa famille et acceptant bon gré mal gré de servir de mentor à une boxeuse : on voit ce qui relie Gran Torino au Maitre de guerre (1987), à Un monde parfait (1993), à Million Dollar Baby (2005).

Walt va-t-il sortir sa carabine et faire le ménage dans les mauvais quartiers ? C'est ce que souhaite son jeune disciple, c'est ce qu'espèrent nombre de spectateurs - brutes ? fachos ? adeptes de la justice expéditive ? : dans les ténèbres de sa salle obscure, l'amateur de thrillers ou de westerns sanglants est piégé.
Cette réflexion sur les préjugés, la religion, la défiance absurde des minorités ethniques est mise en scène avec le classicisme impeccable dont Eastwood sait faire preuve, un flegme et une liberté inouïs qui l'autorisent à faire l'impasse sur des morceaux de bravoure trop attendus...
Gran Torino est l'un des grands films de l'acteur comme du réalisateur.

Le Monde

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 28 Avril 2009

Film italien de Gianni Di Gregorio – 1h25 - avec Gianni Di Gregorio, Valeria De Franciscis, Marina Cacciotti, Maria Cali.
La comédie italienne est enfin de retour. Avec des petits personnages délicieux, des situations drôles, un regard affectueux sur la vie... Ici, c`est un vieux garçon sexagénaire, asservi par sa maman, qui se retrouve avec quelques soucis. Gianni Di Gregorio, scénariste de Gomorra, signe ici son premier film (et joue le rôle principal). C`est court et enlevé, c`est un régal. Les vieilles dames (toutes non professionnelles) sont parfaites de pittoresque, et le héros, submergé par les problèmes, s`en tire avec les honneurs - et des rires bien mérités. On croyait ce cinéma-là disparu. Quel bonheur de le retrouver ! TéléObs

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 22 Avril 2009

Film français de Claude Chabrol – 1h50 – avec Gérard Depardieu, Clovis Cornillac, Marie Bunel, Jacques Gamblin

Le plus beau du film n’est pas la vérité à laquelle il touche in extremis. C’est la matière infiniment riche qu’il tient et qui le tient, de bout en bout. Les signes sont parmi nous. L’enquête n’est pas un métier : c’est l’autre nom de l’humaine condition. Faux Simenon, faux Maigret, vrai Chabrol : les indices se donnent aussi pour ce qu’ils sont et ils ne manquent pas.
Chabrol et son personnage avancent absolument main dans la main. Le mouvement du film suit le mouvement de l’appétit de Bellamy, cet instinct qui le conduit à rendre visite aux gens, dans leur chambre d’hôtel miteuse, leur salon de massage pareil à une chambre close, leur pavillon triste, et jusque dans le studio tapissé de Brassens où vit Mademoiselle Bonheur. Le film charrie une « masse tragique », Depardieu dixit, mais il se compose aussi et peut-être d’abord d’une série de rencontres. Et toutes ont la joie irrésistible, l’épaisseur de l’acteur quand il est à son meilleur.

Les Cahiers du Cinéma

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 22 Avril 2009

Film allemand, kazakh de Sergey Dvortsevoy – 1h40 - avec Askhat Kuchinchirekov, Samal Eslyamova, Ondasyn Besikbasov
Festival de Cannes 2008 : Prix Un Certain Regard, Prix de l'Éducation Nationale, Prix de la Jeunesse + Meilleur film aux festivals de Zurich, Reykjavik, Montréal, Tokyo, Goa

Tulpan, c'est la preuve aussi rafraichissante que les embruns à Ouessant que, même dans le pire endroit du monde en apparence, on peut trouver son petit carré de bonheur et de délire.
La vraie, la régalante réussite, c'est le joyeux mélange d'un réalisme quasi documentaire sur la vie contemporaine dans la steppe kazakh et d’un comique digne des grandes comédies italiennes des années 60 ou de l'absurde d'un Kusturica. Réalisme pour évoquer le rapport de l'homme à la terre ingrate et aux animaux, notamment quand le réalisateur, un brin sadique mais créatif, a laissé son acteur principal se débrouiller réellement face à une brebis sur le point de mettre bas, ce qui est l'occasion d'une des scènes les plus perturbantes du film. Un réalisme qui n'empêche pas une beauté plastique remarquable dans cet univers à l'horizon trop lointain.
Serguei Dvortsevoy, qui aime à dire qu'il est devenu cinéaste par accident, parce qu'il fallait trouver à manger au moment de la dislocation de l'Empire soviétique, et qui déclare son admiration pour Jean Vigo, le génial prodige de Zéro de Conduite et de L’Atalante, se montre avec ce premier film tout à fait digne de son maitre. Le compliment n’est pas mince !

La Gazette d’Utopia

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 14 Avril 2009

Film français d’André Téchiné -1h45 – avec Emilie Dequenne, Catherine Deneuve, Michel Blanc, Matthieu Demy, Ronit Elkabetz

Un fait divers. Un fait divers, c’est bon pour le JT de 20h. Un fait divers, ça fait vendre du papier, ça fait oublier les vrais problèmes, ceux qu’on ne veut pas voir, les siens, ceux de l’autre, ceux du monde. Un fait divers, ça donne de la matière à certains hommes politiques pour tricoter des lois au rabais. Un fait divers, ça fait parler le peuple et les gens de la haute, autour du zinc ou dans les diners mondains… Souvenez-vous, juillet 2004 : une jeune femme dit avoir été agressée dans le RER D par une bande de jeunes…
La Fille du RER : on connait la chute, on connait la vérité. Téchiné va nous raconter l’autre histoire, une histoire de cinéma qui prendrait comme point d’ancrage ce mensonge. Ce n’est pas un débutant, le gars Téchiné, il est malin, il ne va pas tomber dans le panneau et nous refaire l’histoire à l’envers du fait divers. Il va construire, au fil de son récit, un portrait, celui d’une jeune femme d’aujourd’hui, Jeanne.
C’est ici que s’impose la grande intelligence du film: on oublie la fille du RER pour ne plus voir que Jeanne. Une fille banale qui cherche du boulot sans pour autant s’angoisser de ne pas en trouver. Jeanne, une fille bien dans ses rollers qui arpente Paris à la recherche de… oui d’ailleurs, de quoi ?

La Gazette d’Utopia

 

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 14 Avril 2009

Film japonais de Hayao Miyazaki -1h40

Ponyo c'est le nom que donne Sosuké, un petit garçon de 5 ans, à un poisson rouge, qu'il trouve au bord de la mer. Ce n'est pas un poisson ordinaire, elle a un visage humain et un bouille toute ronde très mignonne. C'est une créature magique créée par un mystérieux magicien. Ce film nous raconte simplement avec un humanisme désarmant la rencontre de deux êtres qui s'aiment avec leur regard de 5 ans. Pour eux tout est magique et leur entourage ne les remet pas en cause un seul instant. Des situations drôles, cocasses, émouvantes, délirantes s'enchainent à un rythme effréné.
Ce film est une merveille, un hymne à la beauté de la vie et à l'amour, magnifiquement coloré, gai et joyeux, une vraie réussite. 
Un grand cru du cinéma d'animation japonais. Bravo !

Huit et Demi

 

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 7 Avril 2009

Film américain de Morris Engel, Ruth Orkin, Ray Ashley – 1h20 - avec Richie Andrusco, Richard Brewster, Winifred Cushing  

Avec son bluejean, ses baskets, son teeshirt et sa bouille toute ronde, il incarne l'Amérique des années 1950. Celle de la rue. Où Joey 7 ans, passe le plus clair du temps qu'il ne flingue pas devant la télévision dans l'appartement modeste où il vit avec sa mère, employée dans un grand magasin, et son frère ainé Lennie. Le gamin se nomme Richie Andrusco, il a fait en 1954 la couverture des « Cahiers du cinéma », il est aujourd'hui âgé de 63 ans. Le film, lui, va sur ses 56 ans, il est en noir et blanc et ne ressemble à rien de connu. A rien d'américain en tout cas, si ce n'est à des films qui viendront plus tard, les premiers de John Cassavetes notamment, grand admirateur de ce Petit Fugitif dont François Truffaut ira répétant que sans lui ni Les Quatre Cents Coups ni A bout de souffle n'auraient existé. Un film réalisé au moyen d'une caméra 35 mm ultracompacte, par des gens sans pratiquement aucune expérience du cinéma, des photographes désireux de capter la vie comme bien peu alors l'avaient filmée, Renoir dans Toni sans doute, Rossellini aussi.

Barbe à papa, manèges, poney, ramassage de bouteilles de soda sur la plage, brefs moments de désarroi, exercices d'adresse, et tout autour la foule des anonymes, de ceux que le cinéma aujourd'hui encore montre si peu et la télévision, qui pourtant est faite pour cela, pas du tout. Familles en goguette, amoureux qui se bécotent, photographes de foire, cowboys pour rire, tranches de pastèque, parties de rigolade, course pour se protéger de la pluie, chaque image est à tomber, le suspense est dans chaque plan, cela dure 80 minutes à peine, c'est inoubliable.

Le Nouvel Obs

 

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 31 Mars 2009

Film français, brésilien de Jean-Pierre Duret, Andréa Santana – 1h30

C’est au Brésil. Dans le Nordeste. État du Pernambouc. Mais qu'importe. Le sujet vise moins la peinture locale que la misère universelle. La caméra enregistre des images magnifiques, de beaux plans en couleur, pas de la fiction, hélas ! Dans une fiction, ces gens-là, les gamins qui jouent sur le bas-côté d'une autoroute au risque de se faire faucher par les poids lourds qui passent en bolides, seraient des figurants. Dans Puisque nous sommes nés, documentaire coproduit par Jamel Debbouze et réalisé par Jean-Pierre Duret (ingénieur du son chez Pialat, Doillon, Varda, les Dardenne...) avec Andrea Santana (une urbaniste brésilienne passée au documentaire), les laissés-pour-compte ont le premier rôle.
Pas un mot, pas une note de musique, pas un commentaire. Juste les images et leur impact. Les auteurs de ce film se définissent comme des guetteurs. Leur façon d'interpeler l'indifférence, la brutalité avec laquelle ils font surgir ce qu'ils donnent à voir et à entendre, est leur méthode. Ni angélisme ni misérabilisme ou voyeurisme.
Au-delà de leur quotidien sordide, Duret et Santana filment l'âme des pauvres.

Le Monde

 

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 31 Mars 2009

Film britannique de John Crowley – 1h40 – avec Andrew Garfield, Peter Mullan, Katie Lyons

Sujet typiquement anglais, enclin à la grisaille ordinaire, et fataliste, ou simplement lucide, face au déterminisme social : la réinsertion problématique d’un jeune homme, condamné pour meurtre lorsqu’il était gamin, forcé de changer d’identité pour échapper à la vindicte. La compassion du spectateur pour Jack le repenti sera flattée par sa bonhommie pataude, celle d’un corps trop grand par rapport à un esprit jamais sorti de l’enfance et à qui il est demandé un beau jour d’agir en adulte. Double peine : l’effacement du passé entretient le mensonge et la duperie longtemps après la sortie de prison, alors que la libération s’apparente à une brusque projection dans le futur, effective uniquement sur le plan psychique (Andrew Garfield a la gaucherie de Tom Hanks dans Big). Une sorte de voyage dans le temps, banal et pourtant fantastique, s’est déroulé, mais hormis quelques rares occasions (la danse solitaire sous ecstasy en boite, le bel épilogue rêvé, lointain parent de celui de Vanilla Sky/Ouvre les yeux), Boy A préfère l’édifiant à l’onirisme et se veut purement mélodramatique.

Les Cahiers du Cinéma

 

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