Publié le 26 Mai 2009

Film autrichien d’Erwin Wagenhofer – 1h47

Une suggestion au FMI et à la Banque mondiale : elles devraient embaucher Erwin Wagenhofer, réalisateur autrichien qui avait eu le nez creux en signant, deux ans avant les émeutes de la faim en 2006, We Feed the World, voyage terrifiant au cœur de notre système alimentaire et de la famine organisée. A l`heure du G20 et de la remise en question du capitalisme financier, Let`s Make Money ne pouvait pas mieux tomber. On passe du patron d`un fonds d`investissement américain aux paysans récoltant le coton en Afrique à Jersey, le paradis fiscal prisé des banques, ou encore l`Espagne, en pleine tempête immobilière avec ses maisons et ses terrains de golf vides... Le témoignage le plus fort est celui d`un «assassin économique», comme il se décrit lui-même, ancien du système qui explique de façon limpide la tactique américaine pour mettre à genoux un pays du Sud (via les plans d`ajustement structurels du FMI). Quand les assassins échouent, on envoie alors les « chacals », de vrais tueurs à gages. Voire l`armée. Le capitalisme, c`est la guerre.

TéléObs

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 26 Mai 2009

Film de Valéria Gaï Guermanika – 1h25 - avec Polina Filonenko, Aghnia Kouznetsova, Olga Chouvalova
« À quoi rêvent les jeunes filles russes ? » interroge en substance la réclame d’Ils mourront tous sauf moi !, ferré au Festival de Cannes 2008 où, sélectionné dans le Semaine de la critique, il a décroché une encourageante (ou frustrante) «mention spéciale» caméra d’or du premier film. La réponse à la question est simple. Elles rêvent exactement à la même chose qui jadis nourrissait les fantasmes de leurs mères et leurs aïeules : au prince charmant.
Une série d’épreuves attend les Cendrillon, où l’humiliation et la désillusion risquent de laisser de profondes séquelles.
Pour son premier long métrage, la réalisatrice russe s’applique alors à décrire une jeunesse du XXIe siècle - les iPods, téléphones portables, fringues et chaussures de marque prolifèrent aussi là-bas -, où les clivages relationnels (jeunes/adultes, élèves/enseignants, garçons/filles) oscillent entre affrontement et incommunicabilité.
Avec, d’un côté, des parents absents ou largués et, de l’autre, des ados en plein brouillard, la débâcle affective produit une peinture sociale pleine de craquelures, traitée sur un mode naturaliste assez térébrant.

Libération

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 19 Mai 2009

Film français de Rémy Tezier – 1h20
Sur quoi repose le scénario ?
L'idée, c'était d'emmener certains de mes amis grimper avec moi dans les  Alpes. A travers 3 ascensions, Rémy a montré 3 aspects de la montagne.  J'ai emmené Lothar (mon ancien compagnon) et Gaby, un ami, sur l'Aiguille Verte, qui offre l'une des plus belles vues sur la montagne. J'ai grimpé le Grand Capucin, une belle paroi de granit, avec Pauline Pretet. C'est une ancienne élève, que j'ai eu en stage. Aujourd'hui, elle a fait de l'escalade son métier. Enfin, avec ma sœur Claire, nous avons réalisé l'ascension de l'Aiguille du Grépon. Les personnages du film sont donc des amis, des gens avec qui j'avais envie d'être sur la paroi.

Que dire pour inciter les gens à aller voir Au-delà des Cimes ?
Les spectateurs du film voient la montagne de plus près, ce qui s'y passe en réalité. Ils ont vraiment l'impression d'être avec nous là-haut. Je n'ai pas vu tous les films qui ont été réalisés sur la montagne, mais "Au-delà des Cimes" semble être celui qui traduit le plus cette impression. C'est en tout cas ce que nous disent les gens qui ont vu le film.

L'Internaute

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 19 Mai 2009

Film brésilien de Walter Salles et Daniella Thomas – 1h48 – avec Sandra Corveloni, Vincius de Oliveira, Joao Baldasserini
Walter Salles est un équilibriste. Depuis ses débuts dans le cinéma, en 1983, il n'a jamais cessé de vouloir concilier sa démarche d'auteur et son désir de toucher un large public, tout en essayant de donner de son pays, le Brésil, une image dégagée de la gangue des clichés qui, entre exotisme et violence, en affectent la représentation. Cette ambition, qui est à son honneur, a donné lieu à des films inégaux, dont le dernier en date, Une famille brésilienne, doit être considéré comme une belle réussite.
Le film déjoue le misérabilisme ou le sensationnisme qui le guettaient. Fruit d'un long travail d'enquête et de proximité, tourné avec de jeunes acteurs et des non-professionnels, évoluant avec des moyens légers dans le flux tentaculaire de Sao Paulo, il parvient avec une réelle élégance à insuffler dans cette chronique moderne la juste dose de romanesque pour faire exister ses personnages et nous rendre sensibles à leur sort sans nous prendre pour autant en otage.

Le Monde

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 19 Mai 2009

Film japonais de Hayao Miyazaki -1h40 – en v.o.
Rousse coquine, Ponyo perturbe une société où règnent, ô miracle ! l’épanouissement individuel et la considération de l’autre. Un tsunami se produit, la ville se transforme en aquarium. Comment restaurer l’ordre ?
La Cité des eaux disparaitra-t-elle dans un Crépuscule des dieux ? Dès le fourmillement plastique de l’ouverture, la fratrie de Ponyo est une référence matricielle à La Petite Sirène de Hans Christian Andersen (1837). Emprunté au conte, le motif de la « course folle sur la mer démontée » inspire les traversées des flots par Ponyo, les deux points culminants de son voyage que Miyazaki et Hisaishi scandent au tempo de La Walkyrie (1870). Au désir pour l’homme, aux grands navires, aux lumières de la ville, évoqués par l’écrivain, s’ajoute chez cet héritier du XIXe siècle le passage, régressif et initiatique, dans une forêt sombre. Poète de l’enfance, dessinateur de hauts faits, le Japonais incorpore la nostalgie du Danois, la fougue d’un Wagner pour transcender la morbidité tragique de ces modèles dans une fantaisie ludique et optimiste.
Plaidoyer pour la tolérance, Ponyo est une célébration cosmique.

Positif

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 13 Mai 2009

Film français, belge de Jean-Paul Lilienfeld – 1h28 - avec Isabelle Adjani, Denis Podalydès, Yann Collette  


Un cours de comédie, le ton d’une comédie, le charisme d’une grande comédienne, pour cette tragédie à huis clos d’actualité brulante : sur ce scénario-choc, ce film étonnant et même saisissant de Jean-Paul Lilienfeld est d’abord un drame impeccablement ficelé et formidablement joué tant par Isabelle Adjani que par les jeunes jouant ses élèves, puis par les seconds rôles (Jackie Berroyer, Denis Podalydès…)
C’est aussi et surtout un brulot politiquement incorrect qui aborde frontalement les questions de la violence scolaire, du discrédit de profs à bout de nerfs, de l’école devenue la Cocotte-minute du malaise social. Par le biais d’une situation dramatique extrême, mais sans tomber franchement dans la caricature. Avec une fougue magistrale qui ferait quasiment passer Entre les murs pour un conte de fées, ce film délibérément provocant jette un pavé, et même une pluie de pavés, dans la mare. Sans imposer de solutions prémâchées à coups de formules démagos sarkozyennes…

Le Canard enchainé

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Publié le 13 Mai 2009

Film japonais de Kore-Eda Hirokazu – 1 h 55 - avec Hiroshi Abe, Yoshio Harada, Kirin Kiki, You 

Still Walking
confirme les qualités déjà repérées chez le cinéaste : comme tous ses précédents films, celui-ci est fin, subtil, émouvant, cruel, parfois comique.
Still Walking, c’est une réunion de famille le temps d’un weekend, dans l’agréable maison des grands-parents, un quartier paisible d’une banlieue de Tokyo.
Petit à petit, Hirokazu Kore-eda dévoile ce qui noue et dénoue cette famille comparable à toutes les familles : fils préféré, difficulté relationnelle entre père et fils, rivalités entre frères et sœurs, franchise brutale de la grand-mère, aigreurs, regrets, petits secrets trop longtemps couvés (Still Walking est le titre d’une chanson pop que la grand-mère écoute depuis toujours, seule et en cachette)… mais aussi gestes d’affection, complicités, courants d’amour profonds. Entre Tchekhov et Ozu, Hirokazu Kore-eda dose habilement la circulation des affects, les dialogues et les silences, les paroles et les regards, les scènes collectives et les scènes à deux, ce qui se joue sur la “scène” centrale de la maison et du théâtre familial (le living-room) et les contrepoints harmoniques ou dissonants dans les coursives-coulisses des pièces secondaires (dans les chambres, la cuisine ou la salle de bain), les passages dramatiques et les intermèdes plus légers ou drôles.
Tout cela est d’une grande virtuosité, à la fois délicat et fort. Et parmi un casting globalement excellent, on distinguera You, la maman « indigne » de Nobody Knows, qui joue ici la sœur ainée, pour son tempérament, son humour et son incroyable timbre de voix passé au papier de verre.

Les Inrocks

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 5 Mai 2009

Film de Bertrand Tavernier – 1h57 – avec Tommy Lee Jones, John Goodman, Peter Sarsgaard, Mary Steenburgen

On pourrait aborder le premier film de fiction américain de Bertrand Tavernier avec des préoccupations généalogiques, en y cherchant ce qui est français et ce qui est américain. Questionner le fait qu’un Français aux États-Unis s’attache à l’adaptation d’un roman de James Lee Burke (Dans la brume électrique avec les morts confédérés), dont l’ancrage louisianais façonne la trace diffuse d’une empreinte française en Amérique. Gloser sur un écho secret avec L’Étang tragique, que Renoir réalisa sur le sud des Etats-Unis.
En insinuant que la culpabilité est le ferment de la terre et de la communauté, Dans la brume électrique, à sa manière de chronique rustique souvent ironique, est une partition tenace sur le mal. Il s’agit moins d’un mal moral, comme au sens de Kierkegaard (le mal comme conscience de la possibilité du péché), que d’une forme de mal radical, l’ignoble inhérent à l’imperfection de toute créature : mal absolu, dans la figure de l’assassin, mal ordinaire, dans le renoncement et le mensonge, mal d’une histoire qui ne se referme jamais. Et, si certains éléments de l’univers de Burke sont laissés de côté (le rabelaisien Clete Purcell, la vie conjugale…), Tavernier réussit ici un film autonome par cette attention à cet enjeu moral.

Positif

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