Publié le 7 Juillet 2009

Film franco-allemand de Max Ophuls – 1h50 – avec Martine Carol, Peter Ustinov, Anton Walbrook, Oskar Werner...sorti en 1955

Ce n'est qu'aujourd’hui, après un travail de titan - une restauration image par image mariant le numérique et le photochimique -, que Lola a, enfin, retrouvé ses jaunes, ses verts et ses rouges presque fluo, dont les teintes, volontairement criardes par moments, évoquaient, pour Ophuls, des « cravates américaines »...
De fait, Martine Carol éclaire, comme Joan Fontaine dans Lettre d'une inconnue et Danielle Darrieux dans Madame de..., mais plus fortement qu'elles, le sort réservé aux femmes dans un monde où les hommes semblent se venger, sans cesse, de l'amour qu'elles leur inspirent. Alors, du périple de cette femme publique, Ophuls fait un chemin de croix secret. « Plus haut, Lola, plus haut ! », crie, à plusieurs reprises, le Monsieur Loyal du cirque (Peter Ustinov).
Elle obéit. Et tandis que son corps, si fragile, tente d'atteindre le sommet du chapiteau, c'est son âme qui s'élève. Et c'est une sainte dont la caméra s'éloigne lentement, devant qui s'inclinent, sans même s'en rendre compte, des hommes qui s'imaginent l'avilir en payant un dollar le droit de s'incliner devant elle... Le film est magnifique. Et son coup de jeune le rend encore plus désirable.

Télérama

 

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 7 Juillet 2009

Film espagnol, péruvien de  Claudia Llosa – 1h33 - avec Magaly Solier, Susi Sánchez, Efraín Solís  

Au-delà de l’histoire de Fausta, Claudia Llosa nous raconte l’histoire de son pays, le Pérou, marqué par des années de guerre au cours desquelles les femmes ont été les victimes cachées et silencieuses. Le présent est le temps de la reconstruction et du cheminement vers le pardon, mais le processus est long et douloureux.
Evoquant la guerre dans Le coupable, Georges Bataille en parle ainsi : « Tout a lieu dans une pénombre ardente ; subtilement privée de sens ». Trouver un sens est bien le but de l’existence de Fausta : pourquoi est-elle continuellement rongée par la tristesse ? Elle n’a pas connu la guerre et pourtant elle en est bien une victime. La solution à son malheur se situe peut-être bien dans les variations (désen)chantées... Aussi Fausta cherche-t-elle à se rattacher à l’infime espoir que représente un travail chez une concertiste de renom. Divisée entre son désir de « normalité » et son chagrin, son existence est un combat de tous les jours.
On ne peut être qu’admiratifs devant la troublante interprétation de l’interprète principale, Magaly Solier, dont le visage impassible et les gestes maladroits contribuent grandement à la force émotionnelle de Fausta. La vie prend sens et se construit peu à peu ; la douleur y a sa place, à l’instar des autres émotions, celles qui nous submergent, nous, spectateurs, face à une œuvre aussi sensiblement authentique.

www.avoir-alire.com

 

 

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 30 Juin 2009

Film allemand, français, danois, suédois, italien, polonais de Lars von Trier – 1h44 - avec Charlotte Gainsbourg, Willem Dafoe

Euh, comment dire ? Il est vraiment bizarre, l’Antichrist de Lars von Trier. Pas tellement du côté du scénario, très simple à raconter, mais du côté du sens, indéchiffrable.
C’est quoi l’idée, au fond, une fois encaissés les chocs scopiques et digérées les références sulfatées à tout va (de Bergman à Tarkovski, auquel le film est dédié) ? La femme est une matrice nymphomane et l’homme un thérapeute impuissant ? C’est ça ?

Libération

Antichrist est un film souvent répugnant, à dessein. C'est aussi un acte de bravoure, l'œuvre d'un artiste qui affronte son démon, la misogynie, et sort vaincu de ce combat.
Tout au long de leur chute, les acteurs - qui ne faiblissent jamais dans leur engagement, Charlotte Gainsbourg n'a pas volé son Prix d'interprétation - sont forcés de réduire leurs personnages à des silhouettes vouées à incarner chacune une moitié de l'humanité. Finalement, c'est le film qui s'écrase en morceaux, magnifiques ou dérisoires.

Le Monde

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 30 Juin 2009

Film américain de Jonathan Demme – 1h53 – avec Anne Hathaway, Rosemary Dewitt, Bill Irwin

Rachel se marie offre un des plus beaux portraits d’une certain Amérique actuelle, peut-être parce que Jonathan Demme est un maitre pour filmer les regards introspectifs. La famille et les invités habitent le Connecticut, dans les environs de Stamford. Ils exercent pour la plupart une profession en relation avec l’industrie musicale et le monde culturel. Cette communauté vénère les artistes, en particulier les musiciens omniprésents. On assiste aux fêtes d’une élite culturelle qui célèbre un mariage métissé par l’union du peuple et par le melting-pot des invités et des références ethniques des noces.
Ce mariage illustre notamment l’union entre Wasps et Afro-Américains, non pas grâce à un idéalisme béat, mais grâce à l’histoire de la musique américaine, de son métissage et du travail harassant qu’ont fourni les parents de Rachel et de Sidney pour cet art et pour que la couleur de la peau n’empêche aucun amour. Le cinéaste vient de rendre avec honneur et chaleur l’un des plus beaux hommages à son pays.

Positif

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Rédigé par Huit et Demi

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