Publié le 25 Août 2009

Film québecois de par Xavier Dolan – 1h40 - avec Xavier Dolan, Anne Dorval, Suzanne Clément  

Certains tuent le père. Hubert, lui, ne cesse d’agresser sa mère, coupable de porter des pulls hideux, de manger bruyamment et de lui imposer ses préoccupations médiocres et ses conversations indigentes. Il ne respire plus que chez son petit copain, homo plus ostentatoire que lui, où règne évidemment la plus parfaite des harmonies. Xavier Dolan, réalisateur précoce, signe un premier film convulsif et violent sur l’amour/haine, qui salue au passage François Truffaut (« Ma mère est morte »), Wong Kar-wai (pour les ralentis) et rappelle parfois Godard par sa conception visuelle. Narcissique mais maitrisé, J’ai tué ma mère doit beaucoup à l’habileté d’Anne Dorval et aux accents d’hystérie de Dolan, à la fois rosse et féroce en ado intransigeant, comme on peut l’être à 17 ans.

TéléObs

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Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

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Publié le 25 Août 2009

Film français de  Bruno Podalydès – 1h50 - avec Denis Podalydès, Samir Guesmi, Bruno Podalydès, et une pléïade d'acteurs  

Ordonnée autour d’un minuscule square de Versailles (et non de l’immense parc à la française du Château), cette drôle de comédie de Bruno Podalydès semble reprendre le principe de La ronde de Max Ophuls, mais démultiplié : une foule de personnages se croisent, au gré d’un casting impressionnant et d’apparitions souvent hilarantes (avec le danger d’égrener les numéros d’acteurs comme dans le long name-dropping du générique). L’intrigue repose sur presque rien, si ce n’est sur le temps vide que chacun perd au bureau, au square, au magasin : à la recherche de quoi, si n’est de l’autre – espéré ou esquivé ? Si la première partie culmine dans une excellente satire de la vie de bureau, le film languit ensuite par moments et se perd entre les personnages. On sent alors le temps passer, mais c’est peut-être la visée philosophique de ce film. Ce faisant, Podalydès se pose comme le digne continuateur d’une certaine poésie comique du quotidien, de Prévert à Tati.

Le Canard enchainé

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 19 Août 2009

Film français, israélien, allemand de Keren Yedaya – 1h45 - avec Dana Ivgy, Mahmud Shalaby, Ronit Elkabetz

À Vérone, aux familles Montaigu et Capulet, Keren Yedaya préfère Jaffa et les amours contrariées de Mali et de Toufik. Le drame se joue dans un garage transformé pour l’occasion en théâtre politique. C’est l’idée forte du film, sa singularité, qui consiste à inscrire les complexes rapports entre Juifs et Arabes dans le monde de l’entreprise. Mali, la fille du patron du garage Rouven, est secrètement amoureuse (et enceinte) de Toufik, jeune employé palestinien. Passons sur les étapes attendues du drame, installé dans un confort dramatique sans surprise, pour insister sur cette comédie du travail qui démystifie l’apparente bonhommie des relations hiérarchiques enlisées en fait, malgré elles, dans un inconfort politique et culturel qui les dépassent. Plus encore qu’une simple dénonciation binaire opposant le dominant et le dominé, c’est l’ensemble des malentendus et des incompréhensions entre deux peuples qui se révèle à nous, avec violence mais sans complaisance. Parfois, les personnages semblent livrer un témoignage à charge et perdent de leur humanité, condamnés à devenir les rouages d’une démonstration un peu forcée, à l’image du choix de Jaffa, ville emblématique du conflit israélo-palestinien. Il faut tout le talent d’une Ronit Elkabetz ou d’un Moni Moshonov pour que l’humanité de cette parabole ne soit pas sacrifiée.

Positif

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Rédigé par Huit et Demi

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