Publié le 22 Septembre 2009

Film américain de Stanley Donen et Gene Kelly – 1h42 - avec Gene Kelly, Debbie Reynolds, Donald O'Connor   (1952)

La comédie musicale favorite des cinéphiles, qui figure dans les  listes des meilleurs films de tous les temps. C’est le producteur Arthur Freed qui eut l’idée d’un film prenant pour base ses propres chansons, de l’époque où il était parolier. Les scénaristes eurent l’idée de situer l’action au moment du passage au cinéma parlant, alors que tant de vedettes voyaient leur carrière brisée pour cause de voix inadéquate. Deux éléments vont sauver un film muet de la catastrophe : le remplacement de la vedette féminine (Jean Hagen, à la voix de fausset inoubliable) par une inconnue (Debbie Reynolds), et la transformation d’un nanar en… comédie musicale ! L’éblouissant scénario, la recréation en Technicolor du Hollywood des Années folles (costumes de Walter Plunkett), le rythme et l’inventivité de la mise en scène font de ce film un chef d’œuvre qui cumule les moments d’anthologie. Parmi les meilleurs : le solo acrobatique de Donald O’Connor (sur une chanson qui plagie éhontément le Be a clown du Pirate) ; le pas de deux dans le studio désert ; le délirant duo de claquettes de la leçon de diction (Moses suposes) ; la chanson titre, interprétée par Kelly, de nuit, dans une rue inondée par la pluie ; et, bien sûr, le fameux Broadway Ballet, qui révéla au monde entier les jambes de Cyd Charisse.

Télérama

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 22 Septembre 2009

Film américain de  Vincente Minnelli – 1h 52 - avec Fred Astaire, Cyd Charisse, Jack Buchanan (1953)

L’un de  plus beaux musicals de l’histoire du cinéma, produit par Arthur Freed à la MGM, d’après la revue homonyme que Fred et Adele Astaire avaient créée en 1931. Le scénario original, signé des auteurs de Chantons sous la pluie, s’inspire de la personnalité même de Fred Astaire : un danseur vieillissant, tenté par un comeback à Broadway. Il s’oppose, d’abord, aux excentricités d’un metteur en scène prétentieux et à la froideur d’une danseuse classique, avant de triompher en reprenant les rênes du spectacle. Astaire retrouve sa joie de vivre en se faisant cirer les chaussures dans une galerie foraine et en Cyd Charisse, il trouve la meilleure partenaire depuis Ginger Rogers. Leur duo de réconciliation nocturne dans Central Park est un pur moment de grâce. Le show final est une succession de moments d’anthologie, en particulier le désopilant Triplets et le fameux pastiche de polar à la Mickey Spillane, Girl Hunt : Astaire y joue un détective privé séduit par deux sirènes – une brune, une blonde – incarnées l’une et l’autre par Charisse. Et c’est absolument splendide.

Télérama

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 22 Septembre 2009

Film français de Robert Guédiguian – 2h19 - avec Simon Abkarian, Virginie Ledoyen, Robinson Stévenin, Grégoire Leprince-Ringuet, Jean-Pierre Darroussin

Guédiguian affronte tous les dangers de ce sujet difficile sans biaiser, haut la main. La reconstitution ? Elle est vraie, discrète, tissée d’une fraternité populaire, avec ces hommes en marcel, les chansons de Ray Ventura, les bus à impériale qui un jour de rafle emmènent des citoyens à l’étoile jaune vers le Vél’d'Hiv. La scène est bouleversante par sa pudeur, son économie de moyens. La légende ? Elle est traitée comme telle, avec une pédagogie revendiquée mais incarnée.

L’une des grandes réussites du film est d’avoir réussi à ne pas perdre des membres du groupe en route. Tous sont là, touchants, vibrant à la fois de leur idéal collectif et de leurs chemins personnels, mus par des sentiments intimes. L’Armée du crime est un film historique où l’amour, les rapports familiaux, sont authentiques. Un film où, par la grâce de la mise en scène et la délicatesse de l’interprétation, rien n’est éludé.

On n’oubliera pas Jean-Pierre Darroussin, qui se coltine le rôle d’un petit flic français glauque, le fonctionnaire minable qui recueille les dénonciations et devient limier, prompt à torturer, à faire chanter. L’image d’une autre France.

Le Monde

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 22 Septembre 2009

Film français de Jacques Audiard – 2h35 – avec Tahar Rahim, Niels Arestrup, Adel Bencherif

Le cinquième film de Jacques Audiard relève du miracle. On ne peut espérer qu`une chose : qu`il fasse florès auprès du public et soit prophète en son pays. Tenu d`un bout à l`autre, anxiogène, éprouvant, Un prophète réussit à offrir une vision panoramique de son sujet tout en s`accrochant comme une sangsue aux basques de son protagoniste. Il gratte là où ça fait mal, et sans pincettes, le monde pénitencier - cette antichambre de la société - où le crime est facteur d`intégration (le « un » du titre dit bien que Malik n`est qu`un exemple parmi d`autres). Il réinvente le film carcéral français par la modernité de son écriture, proche de celle des séries américaines. Il impose la patte Audiard qui, au fond, raconte toujours la même histoire (un marginal se trouve une famille de substitution et doit « tuer le père » pour survivre). En filmant la naissance d`un truand, le cinéaste filme aussi celle d`un acteur : Tahar Rahim, révélation fulgurante qui contribue à l`impression que laisse le film de se créer sous nos yeux, nourri de ce qui l`a précédé mais vierge de toute influence.

TéléObs

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 15 Septembre 2009

Film américain de Sidney  Lumet – 1h56 – avec Judd Hirsch, Christine Lahti, River Phoenix (1988),

Reprise (copie neuve) projeté après l’AG de mardi 22 septembre

À la fin des années 60, les Pope, pacifistes, ont commis un attentat contre une usine de napalm. Depuis, le FBI est sur leurs traces. Cette vie commence à peser pour l’ainé des fils… Doit-on payer pour le prix de ses engagements passés ? Que sont devenus, vingt ans plus tard, les activistes du Flower Power ? Le scénario est d’une intelligence et d’une délicatesse rares, confrontant l’obstination idéologique du père au désir de norme de son fils. Et le cinéaste ménage de magnifiques scènes d’émotion. Ajoutons que les comédiens sont formidables, notamment Christine Lahti et le regretté River Phoenix, qui fur nommé à l’Oscar pour ce rôle.

Télérama

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Publié le 15 Septembre 2009

Film français de Nassim Amaouche – 1h15 - avec Jean-Pierre Bacri, Dominique Reymond, Yasmine Belmadi

Le ton est donné dès la première scène, à la fois cocasse et elliptique, qui synthétise un propos où les failles sociales, idéologiques, culturelles et économiques seront toujours plus suggérées qu’assénées.

Voici de quoi est fait Adieu Gary : une addition d’existences sur la corde raide qui s’efforcent, vaille que vaille, à la lisière d’une morosité diffuse, de bricoler avec ce qu’elles ont sous la main pour confectionner un plat du jour meilleur lorsqu’il est partagé.

Entre job vaguement humiliant à la supérette, envie de «rentrer au pays» manifestée par des jeunes rebeus qui n’ont pourtant jamais rien vu d’autre que la France où ils sont nés, et trafic sans envergure de substance prohibée dans un fauteuil de handicapé, le fantastique réussit pourtant à se frayer un passage, a priori hautement improbable, à travers la visite nocturne d’un cavalier fantasmé, tout droit sorti d’une mythologie diamétralement opposée, la conquête de l’Ouest telle que magnifiée par Hollywood.

Belle séquence nocturne parmi d’autres, diurnes (et plombées par le soleil), la traversée du village est une des occasions de signaler l’aspect prépondérant du décor : une ancienne cité ouvrière, la Cité Blanche du Teil, ville fantôme de l’Ardèche dont la population est passé de 1 200 habitants, au début du siècle, à quatre aujourd’hui. Entre grandes façades blanches décrépites et platanes à l’ombre desquels il n’y a plus grand-chose d’autre à faire que glander, Adieu Gary choisit de faire couler un joli filet de vie.

Libération

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Publié le 9 Septembre 2009

Film français de  Bruno Podalydès – 1h50 - avec Denis Podalydès, Samir Guesmi, Bruno Podalydès, et une pléïade d'acteurs  

La comédie de Bruno Podalydès est ce que l’on appelle désormais un film choral, un film sans premier rôle, mais où une foultitude d’excellents comédiens font des apparitions plus ou moins longues pour notre plus grand bonheur. Comme souvent chez Podalydès, avec un humour tendre et fin qui se laisse gagner sans prévenir par le burlesque le plus décalé, il est largement question d’amour, avec des personnages qui lui courent après sans avoir au demeurant toutes les armes pour ça… D’ailleurs le film est placé sous le patronage de Brassens, dont Les Bancs Publics, chantés dans le métro par l’excellent chanteur Ridan, démarrent le film et lui ont donné son titre.

À partir de trois lieux et de trois fois rien, Podalydès tricote un joli film ethnologique et drôlatique sur sa ville préférée, Versailles, d’une ridicule beauté, un film qui nous donne la banane pendant près de deux heures et on ne va pas s’en plaindre.

La Gazette d’Utopia

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Publié le 9 Septembre 2009

Film canadien, kowetien, américain de Cherien Dabis -1h32 - avec Nisreen Faour, Hiam Abbass, Melkar Muallem  

 

Après Le Sel de la mer d’Anne-Marie Jacir, voici un autre film réalisé par une Palestinienne des États-Unis. La différence, c’est que Cherien Dabis a grandi en Amérique et que son film est consacré à un sujet peu traité : la diaspora palestinienne. Après quelques scènes “obligées” de la vie en Palestine (fouille aux checkpoints, trajets absurdement compliqués par les multiples barrages…), Amerrika accomplit le programme de son titre et nous entraîne à la suite de Mouna, femme divorcée, et de son fils adolescent, Fadi, dans leur grand saut vers les Etats-Unis, où ils sont accueillis par la partie de leur famille installée là-bas. Cherien Dabis décline alors les différentes facettes du choc de l’exil : culturel, linguistique, géographique et climatique. Après le soleil, les épices fraîches et les vieilles pierres de Jérusalem, viennent la grisaille du Midwest, ses étendues pavillonnaires standardisées, ses supermarchés et ses fast-foods – où Mouna finit par décrocher un job, alors qu’elle était employée de banque en Palestine. Après la présence militaire israélienne, l’Illinois semble beaucoup plus tranquille, mais sous cette surface pacifiée couve le racisme, qui se met à recuire dans les années post-11 Septembre. Amerrika est à son meilleur dans les détails du vécu quotidien. Par exemple, Dabis sait montrer avec tact et précision la honte de Mouna qui cache à sa famille son emploi de smicarde du burger en prétendant travailler dans la banque mitoyenne. Même pudeur et finesse pour montrer que le rêve d’une vie meilleure sur le plan matériel se paie d’une indéfectible nostalgie pour le pays que l’on a quitté. Ou quand Mouna noue timidement une relation avec le principal du lycée de son fils, qui s’avère être juif, et révolté par le racisme de certains de ses compatriotes. Autre détail subtil mais important : le pendentif porté par Mouna, indiquant que la famille dépeinte est chrétienne, manière de suggérer en creux qu’elle était déjà minoritaire en Palestine, et que ce que vivent les personnages aurait peut-être été encore plus difficile s’ils avaient été musulmans.

Amerrika n’est certes pas d’une grande originalité de mise en scène mais émeut et fait rire, séduit quand il contourne les clichés attendus. Le film doit aussi beaucoup à ses acteurs, et principalement à Nisreen Faour, qui compose une Mouna fragile et forte, une candide lâchée au pays des requins. Si Cherien Dabis n’a pas la puissance formelle singulière d’un Elia Suleiman, elle réussit un portrait universel de la condition d’exilé, de la fraternité des minorités. Sa famille palestinienne plus ou moins bien acceptée par la majorité wasp de l’Amérique pourrait aussi bien être noire, latino… ou juive.


Les Inrocks

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Publié le 1 Septembre 2009

Film français, palestinien d’Elia Suleiman – 1h45 - avec Saleh Bakri, Yasmine Haj, Leila Muammar, Elia Suleiman  

Donc, le troisième film d’Elia Suleiman porte pour sous-titre Chronique d’une présence-absence. De la part d’un cinéaste qui manie l’art de la concision, on peut y lire quelque chose comme un programme ; retourner en guise d’autoportrait ces mêmes mots qui servent à désigner sinon à banaliser un état de fait politique et un drame humain qui dure depuis 1948, tenter sur un contrepied de pouvoir se dire, faire rejoindre une nation (absente), une terre (perdue), une famille (la sienne) et un art (le sien).
Pourtant, pas une seconde son cinéma ne porte le poids de l’étendard. Pas une fois il n’est pris en flagrant délit de didactisme. Cela semble facile à dire comme cela, qu’il existe en Palestine un très grand cinéaste qui raconte son pays en faisant seulement comme si Jacques Tati était son principal interlocuteur (de fait, ils parlent la même langue : celle des grands aphasiques).
Ce film-là a la forme d’un regard, d’un regard de très longue portée : un œil posé sur le passé (1948-1970 : la Palestine en exil d’elle-même), l’autre sur aujourd’hui. Suleiman est un équilibriste. Il avance dans le vide, sur le fil du rasoir. Qu’il se soit mis en scène ici en perchiste, dans une séquence d’anthologie où il survole le mur de la honte, en dit long sur l’inconscient aérien qui habite son art, quasi volatile, sa façon de se jouer des espaces, d’ignorer les obstacles.

Libération

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Publié le 1 Septembre 2009

Film français de Denis Dercourt – 1h34 - avec Vincent Perez, Jérémie Renier, Aurélien Recoing  

Ce qui passionne Denis Dercourt, c'est l'idée fixe. Il s'agissait d'une vengeance dans La Tourneuse de pages (2006). Cette fois, c'est de jeu de rôle qu'il est question. « Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, Je partirai... » : le titre du film fait référence à un poème de Victor Hugo qui exalte le souvenir d'une disparue. Denis Dercourt prend cette proposition d'évasion au sens figuré.
Il existe, en France, une fédération ad hoc. On y trouve des invitations à devenir soldat de l'an 1000, héros de Star Wars ou vampire, moyennant cotisation et participation aux frais de bouche.
Désarmant, intrigant, dissertant sur la confusion des identités, l'usage du masque et la confusion entre la gamberge et le réel, le film de Denis Dercourt choisit de dépeindre avec une sèche distance l'espèce de folie qui s'empare de ces adeptes du dolman - vêtement des hussards - et du duel à l'épée.
L'excentrique reste mental, le cinéaste se refuse à user du lyrisme, à entrainer le spectateur dans le trouble de ses héros. Comme s'il voulait garder le contrôle. Ce choix du traitement glacé d'un sujet expressionniste surprend.

Le Monde

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