Publié le 30 Décembre 2009

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/kerity.jpgDessin animé de Dominique Monféry -1h20 – avec les voix de Jeanne Moreau, Julie Gayet

 « Ah ! génial, tu vas à la projection du dessin animé illustré par Rebecca Dautremer ? — Euh… mais c’est qui, Rebecca Dautremer ? Une dessinatrice de bateaux à voile ? — Mais non gros bêta, Rebecca Dautremer, c’est la Michel-Ange de l’illustration pour enfants, avec plein de best-sellers magnifiques à son actif ! ». Et en plus Kerity est le cadeau rêvé pour les parents ou les instits qui s’angoissent pour leurs schtroumpfs en proie à des difficultés de lecture, ou qui souhaitent entretenir le talent de leurs petits génies pour l’engloutissage de jolis livres. Alice, Le Chat botté, Pinocchio et son maître Gepetto, le Chaperon rouge et son copain le Grand Méchant Loup (depuis le temps qu’ils se côtoient dans un livre, ils ont fini par être amis), la Fée Carabosse qu’on oublie tout le temps… Kerity, la maison des contes est à la fois un formidable film d’aventure et une superbe réflexion sur la mémoire des parents disparus, sur le patrimoine des contes, et une incitation définitive autant que ludique à la lecture.

La Gazette d’Utopia

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0

Publié le 30 Décembre 2009

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/chatspersans.jpgFilm iranien de Bahman Ghobadi -1h41 - avec Negar Shaghaghi, Ashkan Koshanejad

À Téhéran comme ailleurs, les givrés de Dieu devraient se méfier des chats qui ronronnent trop fort. Ils pourraient un beau matin se réveiller et rugir comme des tigres. Bahman Ghobadi, réalisateur kurde iranien très mal vu en son pays pour ses deux (formidables) films précédents (Un temps pour l’ivresse des chevaux, Les tortues volent aussi), qui lui ont valu une censure totale, a tourné en dix-sept jours - sans autorisations et après des repérages en moto - dans les rues de la ville. C’est le délire religieux in vivo, lointain et proche, inimaginable si ce film nécessaire ne lui donnait corps et âme. Avec d’autant plus de puissance, d’incarnation et de saine colère qu’il n’oublie pas d’être un récit, une dramaturgie, une intrigue, avec un sens et un goût du tempo fracassé et fracassant (Ghobadi est lui-même musicien) et des acteurs tous sensationnels dans le rôle de leurs vies. Et comme Ghobadi n’est pas la moitié d’un bon cinéaste, il rend inédit le cliché de l’humour comme politesse du désespoir.

Libération

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0

Publié le 23 Décembre 2009

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/imaginarium.jpgFilm français, canadien de Terry Gilliam -2h02 - avec Heath Ledger, Johnny Depp, Jude Law,

L’artificier visuel qui rata bien des films pour cause de poisse légendaire n’a pas raté celui-ci. Mais il s’en est fallu de peu… Le voilà nous bringuebalant d’un univers absurde à l’autre, entre grotesque et fulgurances poétiques, se perdant et nous avec, puis retombant magistralement sur ses pieds en remplaçant Heath Ledger (mort en plein tournage) par trois acteurs différents (Johnny Depp, Jude Law et Colin Farrell), tour de passe-passe génial qui donne à ce film foutraque une étrange vibration funèbre. Le résultat n’est pas aussi maitrisé que Brazil, mais ne soyons par bégueule : par sa richesse inventive, son esprit d’enfance et d’émerveillement, ce délirant Imaginarium tranche sur la plupart des produits formatés qui encombrent aujourd’hui nos écrans.

Le Canard enchainé

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0

Publié le 16 Décembre 2009

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/rapt.jpgFilm de Lucas Belvaux -2h05 -avec Yvan Attal, Anne Consigny, André Marcon

Il est rare par ces temps-ci de voir un film quoi impose autant le respect. Pour sa lucidité, sa froide distance, son empathie avec un sujet qui est resté gravé dans la mémoire du pays : l’enlèvement à la fin des années 70 du baron Empain.

Gommant les signes extérieurs d’époque pour mieux moderniser la parabole du rapt, Lucas Belvaux fait d’Yvant Attal un symbole du capital, l’incarnation des grandes fortunes dynastiques. Entre les signes du film de genre (les cagoules, la complicité avec les geôliers) et l’approche quasi documentaire du milieu des grandes fortunes, entre enfermement claustrophobe, dépérissement physique d’Attal et intérieurs bourgeois, Rapt aiguise, derrière sa sèche brutalité, l’analyse d’un état du monde d’une redoutable et très, très politique finesse.

Lyon Poche

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0

Publié le 16 Décembre 2009

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/lanana.jpgFilm chilien de Sebastián Silva -1h35 - avec Catalina Saavedra, Claudia Celedón

La servante Raquel a un prénom. Elle n'a même que cela, qui lui sert à se faire héler, convoquer, attraper. Au service de bourgeois «éclairés» de Santiago du Chili, elle a élevé les enfants et continue de veiller sur eux maintenant qu'ils sont grands, elle récure, lave, cuisine, bercée sans doute par la certitude absurde, mais consciencieusement et fort habilement entretenue par ses maîtres, qu'elle fait partie de la famille. Jusqu'au jour où il est décidé de lui adjoindre une autre domestique. La voici comme dépossédée, niée, anéantie. Cette histoire d'une métamorphose, deuxième film d'un jeune cinéaste chilien dont le premier est inédit en France, épouse les contours d'une variation très maîtrisée sur le thème maîtres et valets, superbement servie par la composition de la très étonnante Catalina Saavedra. Il serait surprenant que l'on n'entende pas parler de nouveau de Sébastian Silva.

Le Nouvel Observateur

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0

Publié le 9 Décembre 2009

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/sinnombre.jpgFilm américain, mexicain de Cary Fukunaga -1h36 - avec Edgar Flores, Paulina Gaitan, Kristian Ferrer,

Deux adolescents en fuite, du sud au nord du Mexique. Pourquoi pense-t-on aux Amants de la nuit de Nicholas Ray ? Parce que les deux jeunes gens ont la mort aux trousses ; parce qu’ils pensent que l’amour est plus fort que la mort ; parce qu’ils rêvent que par-delà le Rio Grande, il existe une autre frontière, invisible et imaginaire, et un nouvel Eldorado. Casper et Sayra se rencontrent sur un wagon. Sin Nombre est en effet un train movie, dont l’action se situe pour beaucoup sur le toit d’un de ces convois de marchandises où s’entassent les centaines de candidats à l’émigration vers les États-Unis, les sin nombre, les sans-nom, venus du Nicaragua, du Honduras ou du Guatemala. Mais cette actualité réaliste ne menace pas pour autant la mise en fiction opérée par Cary Joji Fukunaga, jeune (32 ans) réalisateur californien, d’origines suédoise (sa mère) et japonaise (son père). La compassion n’est pas le genre de la maison. Par-delà leur bien et leur mal, Sayra et Casper sont comme des agneaux carnivores, Bonnie et Clyde enfants. Sin Nombre brode son motif classique de l’amour fou sur le canevas d’un monde au vitriol.

Libération

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0

Publié le 9 Décembre 2009

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/irene.jpgFilm français d’Alain Cavalier – 1h25

Ce n'est pas du cinéma classique, avec une histoire, un début, une fin. C'est plutôt une sorte de plongée dans la solitude d'un homme, une méditation sur la mort, un essai sur la lumière intérieure. Insolite, dérangeant, le film demande du spectateur un effort constant. Mais la récompenses est magnifique. Il suit un chemin à part : entre le bloc-notes et la prière, l’autoanalyse et le constat, ce film est bouleversant, totalement.

TélécinéObs

Irène Tunc était la femme qu'il aimait alors, ex-Miss France devenue actrice. Le film prend vite la forme d'une évocation de la chère disparue, portrait d'une femme un peu « borderline », dotée d'une énergie terrienne et d'une sérieuse inaptitude au bonheur. Comment la faire réapparaître ? Méthodiquement, douloureusement, il refait le chemin : chambres d'hôtel qu'ils partagèrent, maisons d'amis, jusqu'à Lyon, la ville où a grandi Irène, où il cherche son regard, dans une toile de Manet.  Cavalier a l'art de sacraliser le réel, même s'il ne saisit que le vide de l'absence. Son film a la force envoûtante et tragique des grands poèmes romantiques qui disent, comme une antienne, la perte d'un être aimé. Il serre intensément le cœur.

Télérama

Bien au-delà des soucis de la pudeur et du paraître, Alain Cavalier a trouvé l'expression juste d'une expérience intime qui se gravera dans la mémoire de chacun des spectateurs d'Irène, comme le plus personnel des souvenirs.

Le Monde

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0

Publié le 2 Décembre 2009

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images08_09/noi.jpgFilm islandais, allemand de Dagur Kári – 2002 – 1h25 -avec Tómas Lemarquis, Thröstur Leó Gunnarsson,  Elín Hansdóttir , Anna Fridriksdóttir

 Dagur Kári pratique l'absurde laconique. Son film est un précipité de petits délires à froid successifs.  Un imperceptible décalage, et on bascule dans la bizarrerie cocasse, l'étrangeté pince-sans-rire. Où cela peut-il bien mener ? À un formidable basculement final. L'irruption brutale de la tragédie la plus réaliste dans cette comédie en apesanteur. À  ce coup de force scénaristique, filmé avec une rigueur magistrale, on mesurera la singularité d'un cinéaste et de son comédien principal.

Télérama

 

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0

Publié le 2 Décembre 2009

 

 

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/hotelwoodstock.jpgFilm américain d’Ang Lee – 1h50 - avec Demetri Martin, Emile Hirsch

Dans sa conférence de presse, Ang Lee a décrit son film comme une « comédie sans cynisme ». Le cinéaste taïwanais voulait sans doute dire que son film ne s’aventure jamais sur les rives un peu marécageuses de la moquerie entourant habituellement les hippies. En cela, il dit vrai. Son parti pris est de raconter l’incroyable épopée du plus grand festival de rock de l’histoire à travers un candide dont la maladresse et un brin d’inconscience rendent tout cela possible. C’est le nerf de cette comédie, c’est drôle et cela tient tout le film.

Libération

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0

Publié le 2 Décembre 2009

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/samson.jpgFilm australien de Warwick Thornton -1h41 - avec Rowan McNamara, Marissa Gibson, Mitjili Napanangka Gibson

Ils n’ont pas les mots, alors ils ne disent presque rien : dans un hameau perdu du bush australien (une épicerie, un dispensaire, une église) , sous le soleil écrasant, les jours passent et rien ne change, seuls parlent les gestes, les coups, la musique, l’essence qu’on sniffe. Samson et Delilah sont deux adolescents aborigènes esseulés, qui finiront par fuir le désert et tenter leur chance en ville. Chaque jour quand je vais en ville, je vois un Samson ou une Delilah, dit le réalisateur australien Warwick Thornton, qui réussit le tour de force de transformer ce quasi-documentaire en forte fiction. Une histoire d’amour singulière et dure, près du gouffre.

Le Canard enchainé

Économe de ses dialogues(euphémisme!), Samson & Delilah décrit le sort épouvantable des aborigènes en se gardant de tout discours édifiant. L'audace de la démarche esthétique et sa puissance émotionnelle emportent l'adhésion. 
Le prix de la Caméra d'or a justement récompensé ce premier essai prometteur."
Positif

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0