Publié le 27 Janvier 2010

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/brightstar.jpgFilm anglo-américain de Jane Campion – 1h59 – avec Abbie Cornish, Ben Whishaw, Paul Schneider, Kerry Fox
On l’avait perdue de vue depuis In the Cut, en 2003. Avec Bright Star, grand absent du palmarès de Cannes 2009, Jane Campion fait un retour en force. Évocation de la passion amoureuse entre le jeune poète romantique anglais John Keats, qui mourut de la tuberculose à l’âge de 24 ans, et son effrontée voisine Fanny Brawne, son unique amour, le film, où la nature virginale de cette campagne anglaise du XIXème siècle renvoie à la pureté des sentiments qui s’y déploient, est un régal pour les yeux. Mais pas seulement. La cinéaste néo-zélandaise signe une œuvre dont l’élégance n’ étouffe pas le feu. Un film d’époque résolument moderne qui, s’il est presque trop beau pour bouleverser complètement, évite l’écueil de l’académisme : l’air lui-même semble vibrer de la passion romantique qui étreint les deux amoureux, campés avec fièvre – mention spéciale à Abbie Cornish, étoile brillante de ce film en état de grâce.
TéléObs

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Publié le 20 Janvier 2010

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/gamines.jpgFilm français d’Éléonore Faucher – 1h 47 - avec Amira Casar, Sylvie Testud, Jean-Pierre Martins

Pas facile la vie lorsqu’on est une mère seule avec trois filles à ses côtés. Ainsi qu’une famille à 100% rital dans un Lyon 7O’s où, même à la Croix-Rousse pas encore bobo, une femme sans mari ne court pas les rues.
Elle avait bien sûr ses prétendants mais, on a beau s’appeler Amira Casar avec trois gamines et une famille qui casse les pieds, on finit toujours par jouer l’esseulée. Jouant la carte de la fausse bio, de la comédie vue à travers les yeux des enfants, Éléonore Faucher adapte à l’écran le roman de Testud conservant tous les passages charnières du livre. C’est le charme naïf et volontairement désuet de ce film qui colle à la peau de ses personnages. Faucher est à son aise dans la reconstitution pittoresque (les repas de famille, l’espièglerie féminine). Elle recolle aussi les morceaux et revient, des années après, à Testud grande actrice de cinéma réglant ses comptes avec son père absent. Il s’appelle Marc Barbé et, en à peine dix minutes à l’écran, il met tout le film dans son panier.

Lyon Poche

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Publié le 20 Janvier 2010

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/capitalism.jpgFilm américain de Michael Moore – 2 h 06

Michael Moore est un emmerdeur. Michael Moore fait du Michael Moore, Michael Moore est lourdingue. Certes. Mais le fameux provocateur américain a beau avoir tous les défauts du monde, il fait des films po-li-ti-ques. Et nous met le nez sur les effets réels du krach, filmant les gens ordinaires dont les vies ont été ravagées par le capitalisme ordinaire, comme ces fermiers piégés par les subprimes, expulsés du jour au lendemain, en larmes, prêts au meurtre. Villes américaines tiers-mondisées, classe ouvrière laminée : tout cela n’est pas le fait de quelques patrons voyous, mais d’un système, dit-il, n’oubliant pas de pointer les responsabilités de ceux qui tiennent le manche, leur rapacité, agents immobiliers vautours, industriels spéculant sur la mort de leurs salariés, banquiers de Wall Street. Si Michael Moore est basique, naïvement fan d’Obama, par exemple, on le voit ici encoléré et drôle comme jamais, tonique, appelant le spectateur à la révolte. Au bout ce des deux heures, on se demande pourquoi il n’y a pas de Michael Moore français.

Le Canard enchainé

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Publié le 13 Janvier 2010

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/invisctus.jpgFilm américain de Clint Eastwood -  2 h 12  - avec Morgan Freeman, Matt Damon, Scott Eastwood, Robert Hobbs, Langley Kirkwood, Bonnie Henna...

Moins d'un an après Gran Torino (sorti le 25 Février 2009), Clint Eastwood nous livre son nouveau film, alors même qu'il est en train de mettre la dernière main au suivant (tourné en partie à Paris, avec Cécile de France au générique) ! À 79 ans bien entamés, le vieux lion fait feu de tout bois, enchaînant les projets les plus divers.
Autant vous le dire d'entrée, nous n'avons pas pu voir Invictus. Le sujet – en tout cas sa toile de fond – est passablement alléchant : l'Afrique du Sud, l'espoir de la fin de l'apartheid, la figure charismatique de Nelson Mandela… Et un Mandela interprété par le grand Morgan Freeman – par ailleurs co-producteur du film, c'est dire qu'il lui tient à cœur – dont les collaborations avec Eastwood ont toujours été fructueuses : Impitoyable, Million Dollar Baby

La Gazette d’Utopia

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Publié le 13 Janvier 2010

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/tetro.jpgFilm américano-argentin de Francis Ford Coppola - 2h07 -  avec Vincent Gallo, Alden Ehrenreich, Maribel Verdu, Klaus Maria Brandauer, Carmen Maura.

Dès les premières secondes de Tetro, un pacte se forge avec l’image. L’enchantement, puissant et purement cinétique, tient à la forme, au style : des vues nocturnes d’un quartier bohème et vieillot d’une ville sud-américaine, un noir et blanc soutenu et luisant, une amplitude des cadres, une légèreté des mouvements et un objectif qui, comme un fisheye (objectif œil de poisson) à peine sensible, donne à l’image une très légère concavité, redessinant pour notre regard une sorte de vision globulaire à laquelle ne manquent que nos paupières. Cette image a quelque chose d’imposant, solennel, et pourtant léger. Elle existe par une espèce de force autoritaire et transcendantale, mais inspire confiance et même abandon.

Libération

Ce film-là déroute, parce que, à la différence des œuvres les plus célèbres de Coppola, il se situe moins dans le tape-à-l’œil que dans le contre-jour (le film est en noir et blanc à l'exception de flash-back en couleurs), moins dans l'exhibitionnisme et l'artifice que dans la pudeur. Du côté de Tennessee Williams, de Michael Powell (auquel le cinéaste rend hommage dans une scène inspirée de ses Contes d'Hoffmann), de Faust, de la danse et du théâtre, de la réflexion sur la création et sur les secrets, les démons intimes, plutôt que basé sur des considérations commerciales.On n'est par en Argentine par hasard : c'est la patrie de Borges, écrivain de la confusion d'identités. Mélodrame au final d'opéra, le film honore avec virtuosité cet art du son et de la lumière qu'est le cinéma.

Le Monde

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Publié le 6 Janvier 2010

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/thelimits.jpgFilm américain de Jim Jarmusch  -1h56 - avec Isaach de Bankolé, Alex Descas, Jean-François Stévenin

Le film est donc un précipité du cinéma de Jarmusch. Revoilà des routes et des étendues à parcourir, même si cette fois Madrid se substitue à New York et les déserts du sud de l’Espagne aux grands espaces américains. Et revoilà aussi un héros taciturne et taiseux, dont on comprend assez vite qu’il est un tueur à gages, plus opaque encore que le Forest Whitaker de Ghost Dog. De lui, on ne sait rien.
C’est l’humour ultra maigre de Jim Jarmusch, une cocasserie sans gags, une drôlerie un peu abstraite, un maniement malicieux de l’hermétisme et un art souverain de l’ironie et du détachement.
Fascinant kaléidoscope visuel et sonore qui évoque par endroits le Profession : reporter d’Antonioni, le film a quelque chose de sensuel, voluptueux. Le brillant exercice de style est aussi une charge politique et le dénouement, qu’on ne racontera pas, est une condamnation sans appel de la dictature économique, qui se pose aujourd’hui en seul système d’interprétation du monde.
Il devient clair que chaque personnage rencontré jusque-là symbolisait un autre système de lecture du monde (l’art, la science…), et Jarmusch organise la revanche des sciences humaines contre l’inhumanité d’un libéralisme sans frein, persuadé qu’il a le monopole du réel. Il y a de la violence dans la conclusion du film mais, jusque dans sa colère, Jarmusch ne se départ pas d’un humour à froid qui fait toute son élégance.

Les Inrocks

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Publié le 6 Janvier 2010

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/wolberg.jpg Film français d'Axelle Ropert – 1h22 - avec François Damiens, Valérie Benguigui, Leopoldine Serre, Valentin Vigourt, Jocelyn Quivrin, Jean-Luc Bideau, Serge Bozon.
 « Il faut allier le pessimisme de l'intelligence à l'optimisme de la volonté » : c'est ce que pensait le théoricien marxiste italien Antonio Gramsci (1891-1937), empruntant cette belle sentence à l'écrivain Romain Rolland. Tous ceux qui s'y reconnaissent seront nécessairement touchés, émus, peut-être bouleversés par La Famille Wolberg. La critique du film appelle d'ailleurs une application immédiate de cette philosophie pratique. Commençons par le pessimisme de l'intelligence, en augurant des maigres chances de survie dont dispose aujourd'hui, sur le papier, une telle proposition cinématographique. L'auteure ? Quasi inconnue au bataillon. Les comédiens ? Pas de tête d'affiche notable. La typologie ? Un premier long métrage français intimiste. En quoi ce vieux mélo des familles favoriserait-il l'optimisme d'une quelconque volonté - même réduite à l'achat d'un billet de cinéma ? Ce film dévoré par l'inquiétude regorge, paradoxalement, de vitalité et de fantaisie. Un de ces films, si rares, qui vous donnent envie de croquer l'existence comme un mort de faim en sortant de la salle. On aura ainsi défini l'un des traits essentiels de La Famille Wolberg : son excentricité. Non dans l'acception tonitruante de ce terme, mais dans la surprenante douceur, la suave mélancolie de son décalage. Faire œuvre comme on fait feu de tout bois, au risque de la ruine : telle est l'élégance émouvante, la force joyeuse du personnage et du film. Le Monde

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