Publié le 16 Février 2010

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/damedetrefle.jpgFilm français de Jérôme Bonnell - 1h40 - avec Malik Zidi, Florence Loiret Caille, Jean-Pierre Darroussin

Jérôme Bonnell signe ici un quatrième long métrage qui remet en scène un couple de frère et sœur. Polar psychologique et drame familial, la Dame de trèfle est mené avec une subtilité qui caractérisait déjà son auteur, du Chignon d’Olga à J’attends quelqu’un, en passant par les Yeux clairs. Elle se conjugue ici à une observation précise de personnages en métamorphoses, à une concision si bien maîtrisée qu’elle déploie les forces chaotiques des émotions et des actes en se passant d’effets, des intérieurs désordonnés de la maison ou du café, cœur pulsatile du village, aux plaines de la Beauce, dont les horizons s’ouvrent jusqu’au vertige.

Jérôme Bonnell fait merveille de ses acteurs, Malik Zidi sait se suffire d’une contraction de visage, d’une posture efflanquée, d’un frémissement de silence. La jeune Florence Loiret-Caille impressionne dans un rôle débridé, un peu sauvage, qu’elle tisse d’une vulnérabilité sur le fil. Des comédiens notoires ont accepté des emplois brefs et sensés que leur talent rend indispensables.

L’Humanité

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 16 Février 2010

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/gigantic.jpgFilm américain de Matt Aselton – 1h37 - avec Paul Dano, Zooey Deschanel, John Goodman

Paul Dano, révélé par Little Miss Sunshine, impressionnant en évangéliste dans There Will Be Blood, est le héros de Gigantic, premier film de Matt Aselton, qui réunit beaucoup des qualités d'un cinéma indépendant américain placé par la crise économique en situation plus que délicate. Le jeune acteur est ici Brian Weathersby, garçon solitaire de 28 ans, vendeur dans un magasin-entrepôt new-yorkais de literie de luxe et qui depuis toujours ou presque rêve d'adopter un petit Chinois. L'intrigue importe ici moins que les personnages, volontiers déjantés, à l'image de l'étonnant colosse amateur d'art incarné par le toujours parfait John Goodman, souvent inattendus, comme la fille à demi paumée du précédent, qui offre à Zooey Deschanel de livrer une composition attachante. Sensible et drôle, surprenant, et d'une modestie sympathique.

Le Nouvel Obs

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 9 Février 2010

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/aseriousman.jpgFilm américain de  Joel Coen et Ethan Coen – 1h45 - avec Michael Stuhlbarg, Sari Lennick, Richard Kind

Si les frangins Coen n’existaient pas, il faudrait vraiment les inventer. Non, n’écoutez pas les Cassandre qui entonneront, dès la sortie de ce film, l’éternelle rengaine des myopes de la pensée, rétorquant qu’à l’évidence, avec un maximum d’approximation que A serious man est indigne de figurer dans la généalogie des films majeurs de frères Coen. Comme si les deux brothers ne s’ingéniaient pas, et cela depuis leur deuxième coup d’envoi Raising Arizona à faire péter les cloisons et les définitions. Rapprochant le mineur du majeur. Alors, oui, A serious man pourrait exhiber ses atouts de comédie foutraque, avec son burlesque insensé et sa trivialité parfaitement assumée. Mais derrière les poilantes angoisses existentielles d’un homme sans qualité, Larry Gopnick, prof de physique à ses heures et spécialiste du paradoxe de Schrodinger (qu’on ne pas vous expliquer dans ces colonnes) ne dissimule un conte aussi grotesque que nihiliste. Reprenant le contrepied du « culturellement correct », les Coen tournent en dérision l’orthodoxie de l’American Way of life grâce à leur griffe grotesque où l’humour juif rejoint l’absurde tragique kafkaïen. Drôle, tordant et parfaitement déprimant, A serious man transporte le non sense de Burn after reading dans un paysage abrasif et métaphysique où rien n’est sacré. Même pas le salut.

Lyon Poche

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 2 Février 2010

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/peredemesenfants.jpgFilm franco-allemand de Mia Hansen-Love -1h50 - avec Chiara Caselli, Louis-Do de Lencquesaing, Alice de Lencquesaing

Le Père de mes enfants est un film sur l'amour du cinéma, la création collective, le travail obscur de ceux qui oeuvrent en coulisses, l'engagement. On y voit un homme exerçant son métier avec noblesse. Le film ne s'adresse pas pour autant aux seuls professionnels du cinéma. C'est d'abord un film sur la famille.
Des choses graves sont suggérées, l'imminente impuissance du prêtre de l'art est figurée par son excès de vitesse et son retrait de permis, mais jamais Mia Hansen-Love ne joue la tragédie. De l'Egyptian reggae du début au Que sera sera final, la musique donne un ton guilleret.
Tout cela est orchestré avec un tact extrême, dans une mise en scène douce et mélodique, pétrie d'une émotion qui surgit de la vérité des êtres. Magnifique directrice d'acteurs, Mia Hansen-Love évite le piège du film crépusculaire. Elle filme Paris comme au temps de la Nouvelle Vague, et n'a pas son pareil pour capter l'énergie des enfants. La grâce, tout simplement.

Le Monde

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Publié le 1 Février 2010

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/hadewijch.jpgFilm français de Bruno Dumont – 1h 45 - avec Julie Sokolowski, Karl Sarafidis, Yassine Salim

Je pense qu’il faut trouver une nouvelle voie mystique dans la non-croyance et l’athéisme. Je pense qu’on peut croire au sacré, à la vie spirituelle en dehors du carcan religieux, et l e film décrit le parcours d’une jeune femme qui s’en libère pour nous. AU fond, je suis un athée mystique. Je suis sans Dieu, mais j’ai besoin d’une vie spirituelle. Et faire du cinéma, c’est ma vie spirituelle. Je crois à la poésie, ma Bible est à côté de Shakespeare. Bruno Dumont

Téléobs

C’est un film refusé de partout… Cannes n’en a pas voulu, Venise a hésité, mais finalement non. On voit trop ce qui gêne : Dumont filme magnifiquement bien, et avec la plus grande écoute, une fille qui se trompe. Et dont il sait qu’elle se trompe. Et sa mise en scène refuse de la juger.
Dumont ne filme que ça : l’erreur. Celle d’une fille qui ne voit pas à quoi elle sert quand d’autres voient déjà avec précision à quoi elle pourra servir. Céline, comme toute mystique, cherche un chemin, mais surtout un chemin où se perdre, la bonne route était à côté d’elle, elle n’a rien vu.
On disait furie mystique, et il faut, le meilleur pour la fin, décrire Hadewijch, ou plutôt le miracle d’actrice qui la porte, Julie Sokolowski (première fois à l’écran) incurvée sur elle-même, indéchiffrable, en vacance de sens, éperdue, paumée dans le temps, entre autres : rien ne la distingue d’une autre jolie jeune fille de 2009 sinon, tapie dans sa douceur polie et dans un calme flippant, cette attente d’amour dingue qui la fait différente.

Libération

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Rédigé par Huit et Demi

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