Publié le 31 Mars 2010

Film français de Roman Polanski -2h08 - Avec Ewan McGregor, Pierce Brosnan, Kim Cattrall

The Ghost Writer est te meilleur Polanski depuis bien longtemps. Un suspense politique où la force classique de la mise an scène (sobre, élégante) se marie à l'intelligence d'un script brillant et au travail impeccable des acteurs (le retour en force d'Ewan McGregor, étonnant ;  le meilleur rôle de Pierce Brosnan depuis GoldenEye ; et l'avènement d'une actrice méconnue, Olivia Williams). The Ghost Writer est d'abord une formidable machinerie hitchcockienne qui plonge un jeune homme innocent dans un complot kafkaïen. Assassinats, trahisons, chausse-trappes…, le film est une course folle
Les scènes s'enchaînent frénétiquement, plus scotchantes les unes que les autres. Polanski joue avec le temps (étirement ou compression des séquences) et réussit un sacré tour de force : le traitement de l'intrigue, des lieux, des personnages transforme chaque spectateur en complice, voire en voyeur. Sous les codes du genre se dessine en fait un formidable best of des obsessions polanskiennes : la perte de l'innocence et l'aliénation (Le Pianiste), le voyeurisme et les crimes de guerre (La Jeune Fille et la Mort), la claustration et le rapport maître-esclave (Le Locataire et Répulsion)… Tout est là, dans un film-somme somptueux.

Première

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 31 Mars 2010

Film roumain de Radu Jude – 1h40 - avec Vasile Muraru, Andreea Bosneag, Violeta Haret.

Amis du cinéma roumain, des méandres de l'absurde, de l'humour à froid et du macabre miteux, sortez vos carnets pour y inscrire le nom d'un nouveau membre du cénacle de l'enchantement mélancolique. Voici venir Radu Jude. À 32 ans, ce jeune homme né à Bucarest et formé au cinéma à l'Université des médias  livre son premier long métrage avec cette réjouissante et antiphrastique Fille la plus heureuse du monde.
On rit douloureusement à ce film d'une prodigue simplicité, qui dépeint sans avoir l'air d'y toucher l'entrée des ex-sociétés communistes dans le royaume enchanté du libéralisme, et plus largement le monde d'aujourd'hui, défini comme un enivrant empire du faux. On prend aussi beaucoup à cœur le sort de la jeune héroïne, naïvement soumise le jour de sa consécration hédoniste à une double séance de torture caractérisée. Elle qui croyait que le rêve était au bout du chemin, mais ignorait que le chemin ne mène nulle part.
Le Monde

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 31 Mars 2010

Film roumain de Cristian Mungiu, Ioana Uricaru, Hanno Höfer, Rãzvan Mãrculescu, Constantin Popescu - 1h20 - avec Diana Cavaliotti, Radu Iacoban, Tania Popa

L'âge d'or ? Les quinze dernières années de la dictature de Ceausescu en Roumanie... Rires. Ce n'est pas une trouvaille de cinéaste, ce sont les mots choisis par la propagande officielle à l'époque... Re-rires. Au moment où la misère, l'illettrisme, la corruption culminaient, le discours et les consignes du Parti ne visaient qu'à une seule chose : sauver les apparences. D'où un simulacre de société développée, un trompe-l'œil bricolé et miteux. Il y a de quoi en faire un sketch. Le film en propose quatre. Une autre salve, plus sombre, est prévue pour bientôt - un beau florilège des deux a eu les honneurs d'une sélection à Cannes. Cristian Mungiu, Palme d'or surprise en 2007 pour 4 Mois, 3 semaines et 2 jours, a mis en forme ces histoires. D'autres réalisateurs roumains se relaient à la mise en scène, sans que l'on sache qui signe quoi... Le tableau est homogène, la comédie italienne en ligne de mire. L'origine même des « légendes » racontées importe : elles étaient un sujet de conversation dans les files d'attente dues au rationnement. Un dérivatif collectif, pour reprendre la main par l'humour, la dérision. Cette manière d'ironiser sur un désastre auquel on prend part, bon gré, mal gré, se retrouve à l'écran. Télérama

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Publié le 24 Mars 2010

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/soulkitchen.jpgFilm allemand de Fatih Akin -1h39 - avec Adam Bousdoukos, Birol Ünel, Moritz Bleibtreu

Head On, Crossing the Bridge et De l'autre côté, les précédents longs métrages de Fatih Akin, marquaient avec plus ou moins d'ostentation la nécessité vitale du cinéaste de revenir à ses origines. Plus frivole, Soul Kitchen ressemble à un feel-good movie nostalgique et chaleureux qui a comme premier atout de ne pas imposer sa bonne humeur au spectateur comme un ordre. Mieux vaut goûter ce plat épicé avant d'en déterminer la saveur : contrairement à une majorité de films prétendant vendre le bonheur en bobine, Soul Kitchen séduit précisément pour l'inverse : la sensation de liberté qui donne vie à la peinture acerbe et tendre d'une génération un peu paumée mais qui préfère en rire

Ce combat pour sauver un restaurant de sa ruine et du rachat ressemble à une lutte engagée contre le capitalisme - auquel Fatih Akin oppose une vision baba de fantasme communautaire. Au niveau de la narration, il s'attache à faire glisser imperceptiblement des petites histoires éclatées vers celle, plus grande, d'un portrait de groupe, en mêlant habilement un humour décapant et une émotion sous-jacente, toujours prête à affleurer. Multipliant les bonnes idées (l'orgie dans le restaurant à cause des aphrodisiaques dans la nourriture, la séance chez le chiropracteur), le film distille quelques blagues teintées de désespoir sans jamais perdre la justesse et l'humanité qui caractérisent les personnages.

www.excessif.com

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Publié le 24 Mars 2010

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/quunseul.jpgFilm français de Léa Fehner -  1h59 - avec Farida Rahouadj, Reda Kateb, Pauline Etienne

Le premier film de Léa Fehner repose sur des demandes de réparations intenables. Comment la machine judiciaire française, du parquet et autres tribunaux aux maisons d’arrêt, peut-elle gommer la souffrance des familles de prisonniers et de victimes. L’amour encore… C’est la force émotionnelle du beau et âpre premier long métrage de Léa Fehner, qui a puisé l’inspiration de son film dans son expérience associative (elle a notamment travaillé avec les accueils famille de Fleury-Mérogis). Pour autant, la réalisatrice ne cherche pas le naturalisme. Les scènes de prison sont rares, tout comme les paroles de détenus ou les témoignages directs. Il faudra que Stéphane mente pour qu’une visiteuse qu’il a prise en stop ne lui fasse de maigres confidences. Écrivez-lui… Ne le laissez pas seul, lâche l’anonyme jouée par la propre mère de la cinéaste : en substance, brisez le silence. Des conseils, pas de pathos. Et pourtant, on a le sentiment troublant que c’est de sa solitude que cette inconnue parle avec retenue. Avec Qu’un seul tienne, la douleur s’es définitivement fait la belle.

Positif

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Publié le 17 Mars 2010

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/liberte.jpgFilm français de Tony Gatlif - 1h51mn - avec Marc Lavoine, Marie-Josée Croze, James Thiérrée, Mathias Laliberté, Carlo Brandt, Rufus, Armen Bajraktaraj, Georges Babluani, Bojana Panic, Iljir Selimoski, Kevyn Diana, Raya Bielenberg, Thomas Baumgartner...

Après Latcho Drom, Gadjo Dilo, Vengo, Exils, Transylvania… Tony Gatlif, toujours fidèle à la cause tsigane, s'intéresse cette fois à des faits tragiques, qui ont marqué la période de l'occupation nazie, et qui sont pourtant quasiment absents des livres d'histoire. Il signe d'ailleurs ici son film le plus engagé et le plus limpide à la fois (limpide et pédagogique : les profs peuvent le montrer à leurs élèves sans hésiter). C'est vrai qu'on connaît le sort réservé aux Juifs, aux prisonniers politiques, aux homosexuels (seulement reconnu officiellement en France depuis 2001 !) mais on en sait beaucoup moins sur les Roms. Il y a quelques bonnes raisons à cette ignorance : d'une part les faits n'ont pas été rapportés immédiatement, faute de représentants ou de défenseurs ; d'autre part les Roms ne parlent pas des morts car il est dit que cela risque de réveiller les fantômes. Il y en a aussi beaucoup de mauvaises…
Même si Gatlif a opté – gravité du sujet oblige – pour une mise en scène plus posée, moins débordante que dans la plupart des ses films précédents, on reconnaît bien le style du réalisateur, son énergie, sa générosité, son affection indéfectible pour les personnages hors-normes, pour les rebelles, et bien sûr son amour de la musique qui fait danser, qui exalte les sentiments, qui fait les hommes et les femmes plus grands, plus libres, et qui rend le monde moins invivable…

La Gazette d’Utopia

L'action de Liberté commence en France, en 1943. Quelques roulottes tziganes traversent les bois, fuyant la soldatesque allemande, agrégeant au passage à la troupe un garçonnet orphelin en fuite, P'tit Claude. Leur passage marquera ce film d'une trace lumineuse et poétique, à l'image du plus fantasque et irréductible d'entre eux : Taloche. Ce funambule aux semelles de vent, roi de la gaffe et de la pantomime, est incarné par le formidable James Thierrée, petit-fils de Charlie Chaplin, qui rejoint dans cette composition tzigane le combat de son aïeul contre le totalitarisme et ses suppôts.
Le Monde

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Publié le 17 Mars 2010

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/harragas.jpgFilm français, algérien de Merzak Allouache- 1h35 - avec Lamia Boussekine, Nabil Asli, Samir El Hakim
Harragas
se présente comme un film noir, sombre, dur, un film sans concessions dont la facture cinématographique s’adapte parfaitement à la nature violente du sujet. La séquence d’ouverture donne le ton La narration du film et les rapports entre les personnages se développent selon une dramaturgie qui évite les effets gratuits et les scories du « mélo », optant pour une grande sobriété. L’humour, cher à Allouache, a déserté le récit pour nous signifier que le sujet ne se prête qu’au drame, sinon à la tragédie. Une fois de plus, Merzak Allouache a visé juste quant au choix des comédiens. Comme il l’a souvent fait par le passé, il a déniché de nouveaux visages non dénués de talent, pour la plupart issus du théâtre amateur de Mostaganem. Qu’il s’agisse de la structure du récit, des dialogues ou de leur phrasé, Harragas respire la crédibilité des situations que ces tristes héros des temps modernes ne vont cesser de traverser. A l’instar de cette étendue d’eau infinie, belle mais pourtant si peu amicale et combien traîtresse. En conclusion, tirons un grand coup de chapeau à une mise en scène épurée et à une direction d’acteurs qui mettent en valeur notamment Nabil Asli (Rachid), Lamia Boussekine (Imène), très émouvante, ou Samir El Hakim (Mustapha le flic). A la sortie du film, les visages des spectateurs offrent les stigmates d’une émotion qui étreint de la première à la dernière image …
El Watan

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Publié le 9 Mars 2010

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/tsar.jpgFilm russe de Pavel Lounguine – 1h56 - avec Piotr Mamonov, Youri Kuznetzov, Oleg Yankovsky

Directeur de la photographie des films d'Eastwood depuis plusieurs années, Tom Stern est également celui de Tsar, sombre méditation sur le pouvoir orchestrée par Pavel Lounguine autour de la figure d'Ivan le Terrible, saisie lors de ses deux dernières années de règne. Le cinéaste a mis à profit des moyens importants pour donner de la Russie du XVIe siècle une image souvent saisissante, qui assure elle aussi le lien entre l'intime, resserré sur la relation du tsar avec le chef de l'Église russe, et les effets produits : la tragédie du pouvoir est aussi et d'abord celle d'un peuple. Tsar exprime avec éclat cette vérité, où il trouve l'essence de ses séquences les plus spectaculaires, parc d'attractions composé d'engins de torture, jeux d'empereur avec ours et fillette. Tout rapprochement avec l'état actuel de la Russie est autorisé.

Le Nouvel Obs

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Publié le 9 Mars 2010

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/autredumas.jpgFilm français de Safy Nebbou – 1h45 - avec Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Dominique Blanc, Mélanie Thierry, Catherine Mouchet, Jean-christophe Bouvet, Philippe Magnan, Florence Pernel, Christian Abart, Michel Duchaussoy, Roger Dumas

L'horlogerie du tandem marche ici à merveille. Poelvoorde incarne un Maquet rond-de-cuir chaque jour plus humilié. Il est tout en colère rentrée, dans cette pudeur maladive. De son côté, Depardieu, cheveux bouclés ; la peau de l'ogre Dumas lui va comme un gant. Rien ne peut atteindre cette force qui va. Quant aux femmes, elles sont éclatantes. Dominique Blanc dans le rôle de Céleste, la maitresse de Dumas, excelle dans les nuances, entre la force et la fragilité, révoltée par la lâcheté des hommes. Catherine Mouchet dans le rôle de la femme de Maquet - ce dernier, dans la réalité, ne se maria jamais… - est comme d'habitude magnifique de finesse. La panoplie de Charlotte Desrives, la jeune révolutionnaire prête à prendre les armes, était faite pour Mélanie Thierry. Les puristes de l'histoire des lettres françaises crieront sans doute à la trahison. Qu'importe ! Safy Nebbou a signé une solide tragi-comédie dont le thème central est l'homme ordinaire, l'homme sans panache face au génie. Le spectateur s'identifiera presque malgré lui à Maquet, car nous sommes tous des Maquet.

Le Figaroscope

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Publié le 3 Mars 2010

http://huitetdemi.site.voila.fr/Images09_10/mother.jpgFilm  sud-coréen de Joon-ho Bong – 2h10 - avec Won Bin, Kim Hye-Ja, Jin Ku

Qu’on se le dise : l’un des cinéastes majeurs, tous terrains confondus, est coréen et s’appelle Bong Joon-Ho. Après l’immense Memories of a murder et le succès planétaire de The Host, preuve ultime que film fantastique et réflexion politique peuvent aller de pair, il revient avec une œuvre incroyable, d’une complexité insondable et pourtant d’une lisibilité immédiate.

Mother échappe à toutes sortes de classifications. Comédie et constat réaliste des fractures sociales, récit policier et sonnet surréel à la fois, le film met en scène les déboires d’un jeune homme déphasé en marge de la société. Accroché aux jupes maternelles, Do-Joan est accusé d’avoir tué une jeune fille aguicheuse. Pour prouver son innocence, la mère n’hésite pas à s’engager dans une contre-enquête policière remontant jusqu’aux origines du drame. Portrait féminin porté par une comédienne proche de l’incandescence, Kim Hye-Ja, Mother interroge le dévouement de l’instinct maternel prêt à transformer en traque jusqu’aux portes de la folie. Avec une maitrise qui laisse littéralement pantois, le cinéaste coréen joue sur plusieurs registres à la fois, parfois même à l’intérieur de la même séquence. Point de virtuosité superflue, mais une intensité émotionnelle, une émouvante drôlerie qui en dit long sur l’éternel féminin, sur l’ancestral rôle maternel et son pendant sacrificiel. Mother est la claque du mois, d’ores et déjà candidat dans notre palmarès des films fondamentaux de l ’année 2010.

Lyon Poche

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