Publié le 27 Avril 2010

Film de Coline Serreau – 1h53 -

Encore un documentaire dénonçant la malbouffe, l'agriculture productiviste, les OGM, la famine qui nous pend au nez : on a déjà donné, non ? Certes. Mais, en bonne cinéaste populaire, Coline Serreau compose ici un film choral, vivant, pédago, qui ne laisse pas le spectateur accablé c'est-foutu-y-a-rien-à-faire.
Certes, on croise des bobines déjà connues, le pionnier de l'agriculture bio Pierre Kabhi, le chantre de la décroissance Serge Latouche, la pasionaria des semences Vandana Shiva, etc. Mais, une fois dressé le sombre bilan, c'est la petite part de renouveau que la réalisatrice cherche à éclairer. Défendant la filière bio, les Amap (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne), rêvant que cent Gandhi se lèvent pour sauver la planète, Coline Serreau cherche à sa façon à mobiliser les foules pour qu'elles reconquièrent le droit à une nourriture saine, produite localement par des agriculteurs qui vivent de leur métier et respectent la terre. De quoi se faire excommunier par la puissante FNSEA, le syndicat productiviste qui, depuis un demi-siècle, façonne l'agriculture française !
Le Canard enchainé

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 27 Avril 2010

Film belge de Felix van Groeningen -  1h47 - avec Johan Heldenbergh, Kenneth Vanbaden, Koen de Graeve, Pauline Grossen, Wouther Hendrickx, Bert Haelvoet, Gilda de Bal

Amphore d’Or Festival du film grolandais de Quend 2009.

La Flandre des années 80 décrite par Van Groeningen n’est pas le merveilleux monde de carte postale des Ch’Ti, avec ses gens du nord qui ont le soleil dans le cœur… Dans cette région détruite par la fin de la révolution industrielle, le prolo a pour principal exutoire le fond de son verre de Jupiler et quelques jolies bastons. De temps en temps il lutine la donzelle entre deux tournées et parfois, 9 mois plus tard, naît un rejeton pas franchement désiré, comme Gunther que son père balada à peine né dans son casier de vélo pour l’exhiber de bar en bar. Tout ça peut paraître tragique, et il y a dans cette description sociale la force et la violence du Pialat de À nos amours ou des Dardenne de Rosetta.
Et c’est aussi d’une infinie tendresse, notamment à travers le personnage de Mémé, éternelle protectrice de ses fils, superbe personnage de mère. Le film, que l’on croyait tenté par le nihilisme, s’avère un arc-en-ciel au firmament flamand, ce ciel si bas qu’un canal s’y est perdu.

La Gazette d’Utopia

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 21 Avril 2010

Film isarélo-palestinien de Scandar Copti et Yaron Shani -2h - avec Shahir Kabaha, Fouad Habash, Ibrahim Frege, Scandar Copti, Eran Naim.

Israéliens et Palestiniens réunis dans un polar social haletant.

Chaque fois qu'un film en provenance d'Israël arrive sur nos écrans, les géopoliticiens dénoncent, au choix, la propagande sioniste ou la regrettable absence de contrechamp palestinien. Le regard, justement, se trouve au cœur de ce polar social. Réalisé à quatre mains par un Palestinien (Scandar Copti) et un Juif (Yaron Shani), tous deux citoyens israéliens, il a été tourné à Ajami, le quartier le plus pauvre de Jaffa, l'enclave arabe de l'agglomération tel-avivienne. Le scénario, virtuose, évoque Scorsese, Tarantino, voire Coppola (la scène de tribunal bédouin aurait sa place dans Le Parrain...).

Télérama

Enfin un film israélien qui ne parle pas du conflit ! Ou plutôt qui montre d’autres conflits. Entre Bédouins et citadins, entre riches et pauvres, parents et enfants, employeurs et employés, chrétiens et musulmans, policiers et dealers, policiers et militaires, Palestiniens d’Israël et des Territoires, accessoirement Arabes et Juifs. Il se trouve qu’il y a des Arabes (beaucoup) et des Juifs (peu), mais ce n’est pas le sujet principal d’Ajami, et c’est tant mieux car le cinéma ne peut être indéfiniment un substitut à la politique ou à l’absence de perspectives de paix.
Ajami, découpé en quatre chapitres plus un épilogue, est un film choral façon Traffic ou Babel. Les acteurs, tous amateurs, sont d’une justesse stupéfiante. Jamais on n’avait vu la vie quotidienne des familles arabes aussi bien rendue, ce qui n’est pas si évident que ça en a l’air. Accessoirement, on signalera que Scandar Copti et Yaron Shani, respectivement âgés de 33 et 37 ans, sont arabe pour le premier et juif pour le second. Leur philosophie peut se résumer à un salutaire : Puisque tout est foutu, faisons-nous plaisir !

Libération

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 13 Avril 2010

Film américano-islandais  de Dagur Kari – 1h35 - avec Paul Dano, Brian Cox, Isild Le Besco.

 Le premier film anglophone de l'Islandais Dagur Kari (Noï Albinoï) offre une variation originale autour du « buddy movie ». Soit un jeune homme suicidaire et\ évanescent qui croise le chemin d'un misanthrope bougon - que croyez-y vous qu'il arriva ? L'impensable, évidemment.
Ce tandem hautement improbable fonctionne parce qu'il se noue entre les deux personnages un rapport père-fils émouvant qui ne cède pour autant pas au chantage à l'émotion. Jusqu'au moment où, bien entendu, le « fils » se rebelle face à l'autorité du « père » qui veut imposer sa loi.
Recréant un univers urbain poétique autour de ce bar pour âmes esseulées, Dagur Kari jette un regard décalé sur New York, fidèle à la plupart des cinéastes étrangers qui ont filmé la métropole américaine avant lui
Révélation de There Wïll Be Blood, Paul Dano est épatant. Tout comme Brian Cox, véritable comédien caméléon.

Positif

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 6 Avril 2010

Film britannique de Lone Scherfig – 1h38 -  avec Carey Mulligan, Peter Sarsgaard, Dominic Cooper…

Le personnage principal, Jenny, 16 ans, ne rêve pas de l’Amérique mais de Paris, des existentialistes et, quand elle s’enferme dans sa chambre, c’est pour écouter, rêveuse, un 33-tours de Juliette Gréco.
C’est en 1963 que sort le premier album des Beatles (Please, Please Me), que le politicien conservateur John Profumo est obligé de démissionner de la Chambre des communes sur fond de scandale politique et que se déroule en été le plus gros cambriolage de l’histoire du royaume, l’attaque du train postal Glasgow-Londres. Le pays, ruiné au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, s’était refermé sur lui-même, vivotant frileusement, et le film raconte à travers l’émancipation d’une adolescente de la classe moyenne ce moment où la croûte du vieux monde tombe en petits morceaux de pain rassis.
 La mise en scène, honnête, confiée à une Danoise, accentue sans doute un parfum d’exotisme généralisé. Le miracle vient du casting, en particulier de l’actrice Carey Mulligan, 22 ans lors du tournage, qui apporte une indescriptible fraîcheur effrontée au rôle.

Libération

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 6 Avril 2010

Film allemand de Hans-Christian Schmid - 1h45mn - avec Kerry Fox, Anamaria Marinca, Stephen Dillane, Rolf Lassgard, Alexander Fehling, Tarik Filipovic, Kresimir Mikic, Steven Scharf...

 Prix Amnesty International, Prix du Public, Prix des Cinémas Art et Essai, Festival de Berlin 2009.

On découvre à quel point la justice s’accommode des tractations politiques entre les États occidentaux et un jeune État serbe dont on espère qu’il rentre dans le giron de l’Europe communautaire et qu’il ne faut donc pas trop blesser ouvertement.
Au lieu de réaliser un documentaire, le talentueux Hans-Christian Schmid a préféré (et il a eu raison) choisir la forme palpitante d’un thriller politique, d’une intrigue policière à travers le procès du serbe Goran Duric, soupçonné de crimes contre l’humanité et notamment d’avoir constitué de véritables bordels de guerre, en utilisant des prisonnières bosniaques. Et il réussit parfaitement à faire vivre la grande histoire à travers deux personnages de femmes passionnants : Hannah Maynard, procureure anglaise passionnée par son combat pour faire rendre justice et Mira, jeune bosniaque depuis 15 ans exilée à Berlin, et au demeurant très réticente à venir apporter un témoignage qui va lui rappeler l’irracontable et de nouveau bouleverser sa vie. Il faut dire que derrière les deux femmes se cachent deux actrices remarquables, l’anglaise Kerry Fox, géniale dans Intimité de Chéreau et Bright Star de Jane Campion et la jeune roumaine Anamaria Marinca, révélée par 4 mois, 3 semaines, 2 jours.

La Gazette d’Utopia

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Rédigé par Huit et Demi

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