Publié le 29 Juin 2010

Film français de Delphine Gleize et Jean Rochefort – 1h27 - avec Marc Bertran De Balanda, Edmond Jonqueres D'Oriola, Martine Tumolo

Voilà un documentaire dont il faut tout de suite citer les protagonistes, on pourrait dire les acteurs au sens où ils agissent : Marc Betran de Balanda, 80 ans, ancien instructeur au Cadre noir de Saumur ; Edmond Jonquères d'Oriola, 17 ans, apprenti cavalier dont le nom illustre semble indiquer la prédestination à devenir champion de concours hippiques ; Martine Tumolo, auxiliaire de vie de l'infirme rivé à son fauteuil roulant. Entre les deux premiers se déroule un récit initiatique.

 S'effaçant derrière leur sujet, Delphine Gleize et Jean Rochefort  (dont on connait la passion pour l'équitation) observent au plus près leurs protagonistes, les incertitudes de l'adolescent, les souffrances de l'infirme qui ne se départit jamais de son œil malicieux. La caméra se fait discrète, captant des moments presque ineffables, suivant les gestes cent fois répétés et les efforts d'un vieillard pour demeurer présent à ce qui fut le sens de sa vie, cherchant encore à transmettre sa passion du cheval. Magistral.

Positif

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 29 Juin 2010

Film français de Claudine Bories et Patrice Chagnard – 1h53

C’est un film politique, social, humanitaire, du point de vue des affamés et de leurs hôtes potentiels. Un film humain.

Le Monde

Étranges étrangers / Vous êtes de la ville / Vous êtes de sa vie / Même si mal en vivez… écrivait Prévert. Les Arrivants nous ont donné à voir quelques uns de ces étranges étrangers. Mieux, nous ont permis de les regarder. Comme jamais. Un magnifique morceau de cinéma.

Marianne

Ce documentaire a l’effet d’une gifle qui fera sans aucun doute vaciller notre regard porté sur l’autre, sur l’étranger.

Positif

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 22 Juin 2010

Film américain de Scott Cooper – 1h51 – avec Jeff Bridges, Maggie Gyllenhaal, Robert Duvall, Colin Farrell

Le coup du chanteur de country sur le retour, alcoolo pour oublier ses quatre mariages foirés et sa carrière en berne et qui reprend goût à la vie en tombant amoureux d'une jeunesse, on nous l'a déjà fait. Pourtant, dès qu'on fait la connaissance de Bad Blake (génial pseudo !), on oublie sur le champ ses préventions. Le mérite en revient au formidable Jeff Bridges, dans son meilleur rôle depuis The Big Lebowski. Qu'il biberonne sa bouteille de McClure au saut du lit dans un motel miteux ou honore en titubant sa tournée des bars et bowlings du Deep South, tel un « Dude » lâché par ses potes, Bridges apporte le vécu et l'ironie nécessaires. A l'instar d'Eastwood dans Honkytonk Man, il interprète lui-même les chansons (pas mal du tout) écrites pour le film. Et avale les kilomètres d'autoroute au volant d'un corbillard « rouille métallisée ». Un majestueux plan large cadre la minuscule voiture de Blake, seule sur sa voie, croisant, sur la file opposée, l'immense cohorte des véhicules anonymes. Solitude du saltimbanque, éternellement à contre-courant.

Télérama

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 22 Juin 2010

Film sud-coréen  de Yang Ik-june  - 2h10 - avec Ik-june Yang, Kkobbi Kim, Hwan Lee

Alors là, stoppez tout et courez toutes affaires cessantes voir cet ovni. Au cas où vous ne l'aviez pas remarqué, nous ne sommes pas les seuls à l'encenser. Du festival du film asiatique de Deauville à la compète de Rotterdam, difficile de résister à la force percussive, au romantisme effréné de ce portrait drolatique à point d'un voyou au cœur grand comme une  maison.

Mais attention : il ne faut pas l'embêter. Un rien le fait sortir de ses gonds. Dès la séquence d'ouverture, il s'acharne comme une bête sur le premier connard qui passe. Sang-Hoon est fait comme ça. Chargé de recouvrer avec son gang l'argent des débiteurs, quitte à utiliser les manières fortes, il alterne ses excursions en bande et les prises de bec amoureuses avec une jeune collégienne qui n'a pas la langue dans sa poche.

Filmé dans un état de surexcitation permanent, Breathless (A bout de souffle, pour les non-anglophones) nous emmène en balade dans les montagnes russes des sentiments, loin des convenances, à l'image de cette idylle "fraternelle" entre Sang-Hoon et sa copine, tous les deux unis par un commun rejet de l'image paternelle. Formidablement percutant, toujours émouvant, Breathless est l'énième preuve de l'incroyable état de santé du jeune cinéma coréen. Allez-y !!!!

Lyon Poche

N.B. Le titre original est Ddong pari (mouche à merde)
Breathless est un film d'action très violent que l'on peut voir très tranquillement, porté par les forces continues de sa mise en scène et des acteurs eux-mêmes. (Bruno Dumont)

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 16 Juin 2010

Film franco-italien. – 1h46 - avec Juliette Binoche, William Shimell, Jean-Claude Carrière.

Ces variations sur le thème La copie vaut-elle mieux que l'original ?  sont bien ennuyeuses. Le talent de Juliette Binoche (prix d'interprétation féminine à Cannes) n'est pas en cause. Mais pour filmer les débats amoureux de ce couple, Abbas Kiarostami aurait dû s'inspirer des vers persans cités dans le film : Le jardin du dépouillement/qui ose dénier sa beauté ? Trop de binette à Binoche, trop de magnificence toscane tapent dans l'œil du spectateur et nuisent au propos d'un film, qui n'assume pas son austérité. On pense à Éric Rohmer et au Kiarostami première manière : jansénisme et cinéma peuvent faire bon ménage.

Le Canard enchainé

Abbas Kiarostami, qui signe ici son premier film hors d'Iran, s'amuse à brouiller les pistes, nous laissant dans une réjouissante in certitude. Sommes-nous dans la copie ? L'original ? Ou simplement dans l'instant? Ne devient-on pas un jour un étranger pour l'autre ? En filmant pour la première fois le corps et le visage de son actrice, Juliette Binoche, sublime de sensualité, Kiarostami rompt avec ses œuvres passées, lumière sublime (signée Luca Bigazzi) et message d'amour doux et acre à la fois, mais se laisse rattraper par son style dont ces longs plans-séquences en voiture qui rappellent évidemment Ten et le Goût de la cerise. Son film est magnifique.

Télérama

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 8 Juin 2010

Film iranien  de Nader T. Homayoun – 1h40 - avec Sara Bahrami, Ali Ebdali.

Téhéran (ou plutôt « Tehroun », comme son titre original) est une plongée dans le sud populaire de la capitale iranienne ; le portrait d'une société post-islamique au bord de l'explosion, où tout s'achète : drogue, pouvoir, enfant... Tout ceci à travers le destin de trois provinciaux impliqués dans un sordide trafic.
Le film est une saisie à vif d'un univers urbain sous tension rarement montré au cinéma.

TéléObs

II est bien dommage que les producteurs n'aient pas mis en avant/ le titre original Tehroun
 Nous ne sommes ni avec la bourgeoisie cultivée de Kiarostami ni dans la campagne de  l'arrière-pays, mais dans les bas-fonds fiévreux de la métropole, parmi le petit peuple des chauffeurs de taxi, des commerçants et des mendiants. Tehroun est un chaudron obsédé par l'argent, dans lequel les habitants tentent de survivre au milieu de la pauvreté, de la prostitution et de la violence.
À cette description quasi documentaire (nombre de scènes ont été filmées sans autorisation), Homayoun mêle habilement le meilleur des polars.
Une vraie énergie pour une vraie réussite.

Positif

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 1 Juin 2010

Film français de Benoit Jacquot (2000) – 2h – avec Angela Georghiu. Ruggero Raimondi. Roberto Alagna

Loin de la carte postale réaliste (Don Giovanni, de Losey ), du pur théâtre filmé (La Flûte enchantée, de Bergman ) ou du é constructivisme iconoclaste (Parsifal, de Syberberg ), Benoît lacquot a célébré les noces entre opéra et cinéma. Sa caméra effectue un constant va-et-vient entre le plateau d'enregistrement (orchestre et chef en bras de chemise, chanteurs solistes face à leur pupitre  et la scène proprement dite, dans des décors où le jeu des lumières et de l’obscurité rend encore plus angoissant le drame écrit par Victorien Sardou et mis en  musique par Puccini. Cette volonté a le mérite de focaliser toute l'attention sur ce trio infernal qui s'entredéchire, d autant que les acteurs chanteurs sont pour une fois crédibles, scéniquement et vocalement. Angela Georghiu Tosca fragile et enflammée, semble avoir retenu la leçon de Mana Callas. Et Ruggero Raimondi campe un Scarpia draculesque à souhait.

Télérama

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 1 Juin 2010

Film français de Xavier de Lauzanne – 1h23 - avec Jean-Yves Labat de Rossi

Séance du 5 juin en présence du chanteur concepteur du projet, Jean-Yves Labat de Rossi, à 17 heures - achat des places(4€)conseillé à partir du mercredi 2 juin pour cette séance
Bouleversant (Fluctuat)
À transmettre en chantant (Evene)
Ni naïf, ni angélique : simplement émouvant, universel
(Marie Claire)
Une aventure humaine exceptionnelle (La Croix)
Un documentaire qui rend justice à l’oeuvre remarquable
de Jean-Yves Labat de Rossi (Le Figaro)
L’envie de chanter ensemble, malgré tout… Beau projet de l’ancien
rocker Jean-Yves Labat de Rossi (Télérama)

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 1 Juin 2010

Film français de Gilles Perret – 1h26 - avec Walter Bassan, John Berger, Stéphane Hessel
Séance unique en présence du réalisateur
Walter Bassan, ancien résistant communiste vit paisiblement dans une petite vallée savoyarde, et il accomplit depuis toujours auprès des jeunes générations son travail de transmission de la mémoire en accompagnant régulièrement des lycéens à Dachau où il fut déporté.
Il se trouve que le voisin de Walter s’appelle Gilles Perret, cinéaste de son état (il nous avait beaucoup fait rire et réfléchir avec Ma Mondialisation, portrait édifiant d’un petit chef d’entreprise de la vallée de l’Arve, qui délocalisait en toute bonne conscience). Et Gilles depuis son enfance est fan de Walter et il a toujours voulu lui consacrer un film.
Cela aurait pu être un énième portrait tendre et touchant d’un vieux résistant qui n’a rien perdu de ses convictions… Sauf que Sarkozy s’en est mêlé, récupérant les grands symboles de la Résistance pour sa communication. Alors le film a changé de dimension, devenant une défense et illustration du Programme du Conseil National de la Résistance, qui contenant les fondements d’une société juste et égalitaire.
En cela Walter, retour en résistance sonne non seulement comme un remarquable travail de mémoire mais aussi, c’est Raymond Aubrac qui le rappelle justement, comme « un élan d’optimisme » pour des jeunes générations dont les envies de résistance ne demandent qu’à être réveillées.

La Gazette d’Utopia

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 1 Juin 2010

Film  argentin, espagnol de Juan José Campanella – 2h09 - avec Soledad Villamil, Ricardo Darin, Pablo Rago

Dans ses yeux méritait-il plus l'Oscar du meilleur film étranger qu'Un prophète ? Pas forcément. Est-ce un bon film ? Oui, sans hésitation.
Dans ses yeux est un film multiple. On peut le lire à la fois comme un thriller haletant, une histoire d'amour - celle entre Esposito et sa supérieure hiérarchique, inaccessible pour des différences de classe sociale - et un film politique. Car la guerre, qui opposa en Argentine pro et anti-Perón, a eu une influence directe sur le fait divers dont il est ici question. Le film s'amuse d'ailleurs à multiplier les fausses pistes. À solder des comptes qui ne cessent de se rouvrir.
Campanella joue sur la mémoire de son héros qui tente de résoudre ses problèmes intimes à travers son enquête et celle, collective, d'un pays. Le résultat séduit par sa capacité à mêler subtilement petites et grande histoires, comme La vie des autres, dont il partage aussi le sens de l'émotion digne. 

Studio Ciné Live

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Rédigé par Huit et Demi

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