Publié le 28 Septembre 2010

Film sud-coréen de Lee Chang-Dong – 2h19 - avec Yoon Jung-hee, David Lee, Kim Hira

° Le regard à la fois précis, doux et bienveillant que le cinéaste promène sur le monde et sur ses personnages permet de faire passer des scènes peu évidentes en toute beauté. (Les Inrockuptibles)
° Ce taoïsme inquiet, voire inquiétant, est la sombre force qui anime le film, quand l’eau frémissante de la rivière vient  à se confondre avec l’encre qui fait naitre les mots. (Les Cahiers du Cinéma)
° Constamment tiraillé entre les contraires, le film avance en chancelant jusqu'à cette fin sublime, cet embrasement émotionnel sidérant qui marque la puissance d'un extraordinaire cinéaste.. (Première)
° Aux yeux du réalisateur, le cinéma comme la poésie doivent enseigner une autre manière de voir, à travers des mouvements concertés de caméra et des bouquets d'images composées. Une sérénité quasi bouddhique émane malgré son sujet de ce film couronné par le prix du Scénario à Cannes. (Le Canard enchainé)

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 28 Septembre 2010

Film allemand de Anne Linsel, Rainer Hoffmann – 1h29

En avant-première

Pina Bausch, à quelques mois de sa mort, avait eu l'idée géniale de reprendre son fameux spectacle Kontakthof, et cette fois sans sa troupe mais avec une bande d'adolescents même pas danseurs, qui n'étaient jamais montés sur scène, qui avaient juste envie de participer, tremblants de trouille de n'être pas à la hauteur… Débuter avec une telle icône, reconnue, aimée, adulée dans le monde entier, on conçoit que la chose peut filer le frisson.

Il y a des moments doux, d'autres plus agressifs et dans ce condensé de vies personnelles, d'expériences individuelles, le talent des réalisateurs est de nous intéresser constamment aux personnes tout en nous donnant à sentir la progression de l'œuvre, jusqu'à la maitrise finale, où chacun, prenant de l'assurance s'épanouit, se pose dans le groupe jusqu'à lui donner une harmonieuse cohérence. Et c'est fichtrement beau et fort. Pina Bausch est partie juste après au paradis, le 30 juin 2009, faire danser d'autres anges…

La Gazette d’Utopia

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 21 Septembre 2010

Film algérien, français , allemand de Rachid Bouchareb -1h38 - avec Sotigui Kouyate, Sharon Hope, Roschdy Zem (2000)

À l’occasion de la sortie de Hors la loi, et en hommage à l’acteur Sotigui Kouyatérécemment disparu

L'homme aux cent vies

II a été footballeur, infirmier, chanteur, dactylo, fonctionnaire... Révélé au théâtre par Peter Brook en 1985, il ressemble à son personnage dans Little Sénégal : un Africain fidèle à ses racines.
Pour le rôle principal de Little Sénégal, Rachid Bouchareb a décliné l'offre de service de Danny Glover, vedette mondiale, partenaire de Mel Gibson dans la série L'Arme fatale. « II me fallait un seigneur. Un seigneur africain qui débarque en Amérique. Dès que Sotigui Kouyaté est apparu dans mon bureau, je n'ai plus envisagé aucun autre acteur », raconte le cinéaste. On comprend pourquoi en découvrant à l'écran le personnage d'Alloune, vénérable Dakarois qui s'embarque sur les traces américaines de ses ancêtres, vendus comme esclaves deux cents ans plus tôt. On comprend encore davantage face à l'homme, à la fois humble et majestueux. Même dans sa minuscule loge du théâtre des Bouffes du Nord, avec sa silhouette filiforme, haute d'un mètre quatre-vingt-dix, pliée en quatre, Sotigui Kouyaté, 66 ans, en impose par sa tranquille intensité, son regard irisé, la noblesse de ses gestes, la douceur de sa voix.
Parler signifie un peu plus pour lui que pour le commun des acteurs. Révélé sur les planches par Peter Brook dans le Mahabharata, en 1985, ce comédien inimitable est, avant tout autre signe particulier, griot de naissance. « On est griot par le sang, de père en fils, je l'ai donc été avant même d'avoir un prénom. Le premier des griots, mon ancêtre, s’appelait déjà Kouyaté… En Afrique, on dit qu’il y a trois vérités : ta vérité, ma vérité, la vérité… Ainsi les différences ne sont jamais un handicap. »
Télérama

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 21 Septembre 2010

Film français de Frederick Wiseman - 2h38mn - avec les chorégraphes, les Étoiles, les Premiers Danseurs, le Corps de Ballet, l’Orchestre, l’École de danse, le personnel administratif… de l’Opéra national de Paris...

° Quand le cinéaste pose sa caméra dans la salle de réunion où se décident les grandes stratégies marketing mises en œuvre pour séduire de riches bienfaiteurs, l’évocation du généreux mécénat de Lehman Brohers arrache un sourire amer au spectateur averti.

Positif

° C’est bien à une aventure humaine et artistique, mais aussi sociale et institutionnelle, que nous convie Frederick Wiseman, l’un des plus grands documentaristes du monde. Pendant douze semaines, il a posé sa caméra dans les coulisses de l’Opéra de Paris. Avec une pudeur qu’on imagine infinie, il s’est glissé au cœur de cet organisme bouillonnant, tout entier voué à la pratique de la danse, pour faire le portrait d’un art. Lorsque le film se termine, on a le sentiment très fort d’avoir approché quelque chose d’exceptionnel, l’impression exaltante d’avoir tutoyé la grâce et la beauté pures.

La Gazette d’Utopia

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 14 Septembre 2010

Film suisse, français de Bernard Favre - 1h45 - avec Robin Renucci, Richard Berry, Bérangère Bonvoisin (1983)
En 1859, Joseph Extrassiaz, colporteur, a quitté son village savoyard pour se rendre au Piémont et y vendre ses articles. Il traverse pendant l'hiver le Val d'Aoste, le Valais, le Tessin, la Lombardie ravagée par la guerre qui vient de se terminer, et retourne au printemps en Savoie retrouver sa femme, ses deux enfants, et la nouvelle-née, née en son absence. Sur le chemin, il achète un accordéon. À son retour en Savoie, les douaniers français lui réclament de s'acquitter des droits de douane : la Savoie est désormais française...
Les personnages du film parlent les langues des pays traversés : arpitan, piémontais, français, italien, allemand, et notamment les personnages savoyards s'expriment dans le dialecte arpitan de Sainte-Foi-l'Argentière en Tarentaise. Le film fait traverser au spectateur l'Europe et son Histoire du milieu du XIXe siècle.
Wikipedia
Séance en présence du réalisateur  à 20 heures

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 14 Septembre 2010

Film français de Xavier Beauvois  - 2h00 - avec Lambert Wilson, Michael Lonsdale, Olivier Rabourdin
° La poignée de moines cisterciens qu’évoque le très beau film de Xavier Beauvois ont consacré toute leur vie à l’autre – qu’il soit transcendant ou humain. Alors qu’on les sent en proie au doute et qu’ils se confient au prieur (époustouflant Lambert Wilson) dans l’espoir d’un réconfort moral, ils sont bouleversants. C’est la force du film de nous rendre tangibles leur combat et leurs questionnements spirituels, que l’on soit croyant ou athée. Comme les plus grands cinéastes spiritualistes, de Dreyer à Bruno Dumont, Xavier Beauvois a su capter le temps de la contemplation et de la communion, conjugué à la beauté des paysages. (Positif)
° L’originalité et la tenue de ce projet rappellent à quel point, depuis le Petit Lieutenant, Beauvois a changé de braquet, pris un champ salutaire par rapport à lui-même, et combien son cinéma tire un réel profit d’avoir été ainsi désaxé. Son film est un émouvant tribut à cette chose hermétique, la foi, dont rien ne dit qu’il la partage, mais qu’il admire en honnête mécréant. (Libération)
° Tout est beau dans ce film, la moindre image fait sens, la lumière est vibrante et les acteurs sont tous formidables, frère Luc (Michael Lonsdale) en tête, comme transfigurés par une forme d'élan collectif qui semble se concrétiser dans les chants qui s'élèvent dans la pénombre de leur chapelle…(La Gazette d’Utopia)

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 7 Septembre 2010

Film italien de Ferzan Ozpetek -1h50mn - avec Riccardo Scamarcio, Nicole Grimaudo, Allessandro Preziosi, Ennio Fantastichini, Lunetta Savino
Bien sûr, nous sommes en Italie et l'ambiance est celle des comédies justement à l'italienne, même si Ferzan Ozpetek est également influencé par le mélodrame turc de ses origines ou par les films de Louis de Funès, très bien diffusés à Istanbul quand il était jeunot et dont il était fan. Quand on lui demande s'il pense que les grandes familles du Sud de l'Italie sont particulièrement rétrogrades, il répond qu'il a le sentiment général que le monde est moins tolérant qu'il y a dix ans. « En Italie, notamment, sans doute à cause de l'action conjointe du gouvernement et de l'Église. Il y a davantage de racisme et de xénophobie. Davantage d'homophobie ? Difficile à dire… » L'histoire lui a été inspirée par celle d'un copain dont le frère avait annoncé son homosexualité. Lui-même étant tout aussi gay mais du coup n'osant plus rien dire, il devait sans cesse subir sa mère : « Heureusement tu n'es pas comme ça, toi. Tu va perpétuer le patronyme familial… », ce qui lui cloua durablement le bec. C'était à New-York, il n'y a pas si longtemps.
La Gazette d’Utopia

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Publié le 31 Août 2010

Film français de Katell Quillévéré - 1h32mn - avec Clara Augarde, Lio, Michel Galabru, Stefano Cassetti, Thierry Neuvic, Youen Leboulanger-Gourvil...
° Il est des films dont nous faisons notre miel, Un poison violent est de ceux-là. Nous nous en sentons même particulièrement proche tant il épouse subtilement toutes les contradictions à l'œuvre chez nous, pauvres pécheurs. Car, le saviez-vous, notre pays, la France, révolutionnaire à ses heures, est aussi la fille aînée de l'Église selon la formule d'un pape du XIXe siècle. Ainsi, que nous le voulions ou non, cette culture s'impose à nous dans ce qu'elle peut avoir de pire et de meilleur (qui cohabitent comme dans chaque culture). Au registre du pire, comme dans le jeu des sept familles, je demande le péché, une trouvaille tellement ambiguë qu'elle est source de damnation tout en étant capable de vous empoisonner délicieusement la vie. Que serait en effet l'amour sans le péché ? Un baiser sans moustache, ou pire encore une moustache sans baiser… (La Gazette d’Utopia)
° Récompensée par le prix Jean-Vigo pour ce premier long-métrage, Katell Quillévéré réussit un très beau film d'adolescence, construit crescendo comme un concerto, passant subtilement de la chronique aux tourments intimes, passant par l'extase et le deuil. Elle peint avec une extrême délicatesse de sentiment et de touche cet âge incertain, entre ombre et lumière, élans du coeur et du corps. Et elle donne un rôle superbe à Michel Galabru, en grand-père
amoureux de la vie jusqu'au bout. Dans l'interprétation, Lio, en mère souffrante, et Stefano Cassetti, en prêtre tourmenté, ne sont pas en reste, au diapason de la jeune Clara Augarde, qui, dans le rôle principal, est la révélation du film, à la fois solaire et subtile. (Le Canard enchainé)

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Publié le 31 Août 2010

Film britannique de Stephen Frears – 1h49 -  avec Gemma Arterton, Roger Allam, Bill Camp, Tamsin Greig.
° Lors du dernier festival de Cannes, dont les penchants naturels ne vont pas vers le fou rire, Tamara Drewe souffla un inestimable vent de fraicheur. Le film est comme son personnage principal. Il pourrait agacer par son apparente sophistication, mais il est surtout d’une drôle d’intelligence. En fait Tamara Drewe (le film, le personnage, l’actrice, le roman graphique) est irrésistible. (Positif)
° L’acidulé Tamara Drewe, de Stephen Frears, témoigne de la plus pétillante verdeur, de la plus sémillante subtilité, de la plus grande aptitude au renouvellement, en un mot du plus certain des talents. Ce que le public cannois confirma en lui faisant une ovation. Entre sourire en coin et tragédie inepte, acerbe sans caricature, Stephen Frears signe ici son Théorème, moins altier que celui de Pasolini, mais il faut l'avouer, plus poilant. (Le Monde)
° Posy Simmonds est un génie. Même un vieux lascar comme Stephen Frears l’a compris en allant adapter au grand écran l’un des grands succès de l’artiste anglais, auteur de romans graphiques qui ont fait le tour du monde. Mais nous sommes dans le Dorset, ici les galipettes de Tamara – une amie qui nous veut du bien – sont une ode au plaisir, à l’insouciance et à la liberté de l’imaginaire. Encore ! (Lyon Poche)
° On pense à l'écrivain David Lodge (un peu), et à Loin de la foule déchaînée, de Thomas Hardy (dont s'est inspirée librement Simmonds), mais on se réjouit surtout de voir que Frears a réuni des acteurs enthousiasmants (Dominic Cooper, en caricature de rock star). Grâce à eux et au sens comique du maître d'œuvre, Tamara Drewe est la fraîcheur faite film. (L’Express)
° Avec son enchainement continuel de péripéties, de rebondissements cocasses, de dialogues acérés et de tranches de vie quotidienne, Tamara Drew, féroce et malicieux, a le charme d’une comédie de Woody Allen et l’efficacité impeccable d’une série de la BBC.(Les Inrocks)
° Frears signe une comédie frivole qui est aussi un traité des passions humaines. C’est drôle, ironique et parfois carrément vulgaire, mais la manière dont la mélancolie et la vacherie viennent déranger l’ordre comique établi reste le principal tour de force du film. (Première)

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