Publié le 26 Octobre 2010

Film belge d’ Olivier Masset-Depasse  - 1h35 - avec Anne Coesens, Esse Lawson, Gabriela Perez, Alexandre Gontcharov, Christelle Cornil, Olga Zhdanova, Tomasz Bialkowski...
Quinzaine des Réalisateurs Festival de Cannes, Prix de la SACD, Grand Prix, Festival du Film francophone d'Angoulême.

Ce film remarquable et captivant (réellement : on est tenu en haleine de bout en bout) vient à point nommé nous montrer que l'inhumanité avec laquelle sont traités les immigrés sans papiers n'est pas une spécialité française, ou italienne. Olivier Masset-Depasse est belge, et il filme la chasse aux clandestins telle qu'elle se pratique en Belgique. Et c'est effrayant. Pour traiter le quotidien des centres de rétention et des expulsions programmées, le réalisateur a choisi la fiction. Olivier Masset-Depasse décrit avec un réalisme terrifiant mais sobre le quotidien de ces centres. Il ne tombe pas dans le manichéisme, montre que certains matons ou flics sont totalement dépassés par un système qui les contraint à faire des choses qu’ils réprouvent. Mais le réalisateur a surtout brossé à travers Tania le portrait d’une résistante hors du commun, d’une mère-courage prête à toutes les abnégations pour ne pas abandonner son fils. Une Tania interprétée par une magnifique actrice belge, Anne Coesens, icône de souffrance et de détermination. Et à la fin du film, on comprend le masculin du titre, car ce qui est illégal ici, ce n'est en aucun cas la femme russe, mais bien le système de répression qui la persécute.
La Gazette d’Utopia

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 26 Octobre 2010

Film québécois de Xavier Dolan – 1h 35 - avec Monia Chokri, Niels Schneider, Xavier Dolan

° Le tout jeune réalisateur québécois Xavier Dolan a un incontestable talent, comme il l'a prouvé dans son premier film hystérico-hilarant  J'ai tué ma mère (2009). Ce deuxième long-métrage brille d'ailleurs par d'irrésistibles intermèdes où des anonymes témoignent en langue verte du Québec des excès où mène la passion !
Le Canard enchainé

° Dolan filme en poète, et il y a dans son cinéma une urgence, un aplomb, une fraîcheur dans la façon de décrire les émois amoureux qui font de ces Amours imaginaires un objet volatil, aussi fragile que précieux. Ce cinéma-Là n'est pas jeune : il EST la jeunesse.
Première

° J’ai tué ma mère étonnait surtout par l’habileté de dialoguiste de Dolan, la fermeté de sa direction d’acteur (à commencer par celle qu’il exerce sur lui-même), son sens de la rupture de ton. Avec Les Amours imaginaires, il déploie aussi une étonnante virtuosité plastique.
Les Inrocks

° Avec son air de ne pas y toucher, Xavier Dolan grille pourtant quelque chose d'universel. Contrairement à ce que l'on a pu lire ou entendre, il lorgne moins du côté de la Nouvelle Vague que vers Wong Kar-Wai avec ses ralentis sublimes, sa mélancolie qui presse l'âme et ses histoires d'amour impossibles.
Excessif

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 19 Octobre 2010

Film turc de Semih Kaplanoglu – 1h43 - avec Bora Altas, Erdal Besikçioglu, Tülin Özen

° Hymne à la beauté de la nature et de la création, film sur l'enfance et la douleur de l'absence du père, Miel (Baï en VO) avait toutes les qualités pour remporter l'ours d'or en février à Berlin.
Libération

° La gestion du temps est remarquable, plongeant le spectateur dans un état de réception qui le renvoie à une sorte d'enfance cinématographique, à une fraicheur quasi documentaire, laissant à chacun d'entre nous la liberté d'écrire sa propre fiction. Limpide et mystérieux, ce miel est d'une déconcertante douceur doublée d'une indicible noirceur.
Positif

° Silences, cadrages magnifiques, jeu étonnant du petit Bora Atlas... La caméra a la légèreté d'une abeille. Déjà auteur d'Œuf  et de Lait, Kaplanoglu réussit, à partir d'ingrédients simples, un cinéma délicieux.
La Canard enchainé

° À travers ce conte d'enfance, Kaplanoglu rend, par sa mise en scène splendide faite de longs plans et d'une bande son d'une richesse exceptionnelle, un hommage vibrant tant aux paysages millénaires anatoliens jusqu'à un monde rural prêt à disparaitre.
La Gazette d’Utopia

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 19 Octobre 2010

Film français de Fabrice Gobert – 1h33 - avec Ana Girardot, Laurent Delbecque, Yan Tassin, Selma el-Mouissi, Arthur Mazet, Jules Pelissier, Audrey Bastien

° Simon Werner a disparu... est, à sa façon, un polar, mais l'exaltation vient d'ailleurs. La vraie enquête, celle que mène Fabrice Gobert, porte, avant tout, sur l'adolescence, ses chimères et ses mirages. Ses mises en scène.
Télérama

° Alors oui, ne tergiversons pas : Simon Werner a disparu a quelque chose à voir avec Éléphant de Gus Van Sant. Mais ce n'est certainement pas un argument contre le film. C'est plutôt un argument en faveur de son metteur en scène. Parmi d’autres morceaux, la musique originale de Sonic Youth ajoute au film son grain chic, mais justifié par la chronologie, early nineties. Elle s'harmonise parfaitement  au projet, comme un personnage aussi important que les autres, prenant rien que sa place mais toute sa place.
Libération

° Disons-le : le film français ovni de la rentrée. Un premier film de surcroit et réussi de bout en bout.
On est partout à la fois. Dans un polar régional. Un teen movie dépressif. Une chronique des années de rébellion (il y a du rock, de l'after punk à chaque séquence, et même l'hymne Love like Blood de Killing Joke pour ouvrir le bal). Un fait divers happé dans les spires du récit fantastique.
Lyon Poche

° Interprétation exceptionnelle de jeunes comédiens peu ou pas connus qui font sortir leurs personnages des clichés dans lesquels ils risquaient de s'engluer (le sportif, la pin-up. la marginale, l'intello…)
Première

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 12 Octobre 2010

Film américain, britannique de Woody Allen  - 1h38 - avec Naomi Watts, Antonio Banderas, Josh Brolin

° Ce 46e film de Woody Allen, tourné en Angleterre, pratique un humour pétillant et une légèreté sentimentale plus british que nature. Et son habituelle finesse psychologique est portée par des acteurs célèbres, délectables dans des rôles inattendus.
Le Canard enchainé

° Les héros de Woody pouvaient espérer accéder à l'apaisement : c'était le cas de Gena Rowlands dans Une autre femme ou de Mia Farrow dans Alice. Aujourd'hui, pour eux, rien ne s'arrange jamais. Les personnages de Woody 2010 restent, à l'arrivée, aussi paumés qu'au départ. Encore plus dévastés qu'avant, peut-être. Coincés autant par leur inconséquence que par le destin, incarné par cette voyante infernale...Qui, un jour, a écrit que la vie était « une fable racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien » ?
Télérama

° Une fois encore, papy Woody fait mouche, se moque avec délectation de la condition humaine, qui s'agite pour ne surtout pas voir le temps qui passe, l’amour qui se fane ou les signes de sa médiocrité. On rit beaucoup, un peu jaune quelquefois : c'est grinçant, voire cruel, mais c'est bon !
La Gazette d’Utopia

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 12 Octobre 2010

Film de Stéphane Mercurio - 1h32mn - avec Siné,  Isabelle Alonso, Guy Bedos, Jean-Pierre Bouyxou, Benoit Delépine, Delfeil de Ton, Gérard Depardieu, Sidi Ahmed Gohzali, Marc Held, Grégoire Korganow, Gustrave Kervern, André Langaney, Jacques Prévert (RIP), Serge Quadruppani, Catherine Sinet, Malcom X(RIP), Jean Yanne (RIP), Marcel Zanini

C’est quoi cette arnaque ? On nous avait annoncé un documentaire sur le génial et furieux Siné. Et au final, à la vue de ce film, nous voilà la larme à l’œil face à un adorable bonhomme que l’on voudrait tous avoir comme papy. Un type qui, quand il évoque 45 ans après la disparition de Malcolm X, parrain d’une de ses filles, a encore des sanglots dans la voix.
Bon OK, Stéphane Mercurio (déjà réalisatrice du splendide A Côté sur les familles de prisonniers) est sa fille et ça aide pour entrer dans l’intimité d’un bonhomme qui ne se dévoile pas facilement. Mais elle sait ne jamais tomber dans le pathos et parvient à tenir la distance, tout en ne niant pas ce lien qui les unit. Elle sait parfaitement rendre compte de la grande Histoire à laquelle a participé Siné : la guerre d’Algérie où il s’est investi aux côtés des Algériens, ce qui lui a permis de nouer de solides amitiés comme celle avec Guy Bedos, le jeune pied noir en rupture de ban, ou avec Sidi Ahmed Ghozali, ancien premier ministre algérien, qui seront à ses côtés lors du ridicule procès que lui fit la LICRA.
Elle restitue bien le domaine de l’intime et des amis. Les amis d’hier avec le regretté Prévert qui lui fit de merveilleux crobards, et les amis d’aujourd’hui avec la bande de Siné Hebdo et le duo Delépine/Kervern, que Siné a adoubés comme colocataires de caveau mortuaire, ce qu’on découvre dans une scène désopilante au cimetière Montmartre qui sera bientôt honoré d’une sculpture funéraire bien particulière. On ne vous en dit pas plus…
La Gazette d’Utopia

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 5 Octobre 2010

Film français , suisse de Jean-Luc Godard – 1h42 - avec Catherine Tanvier, Christian Sinniger, Agatha Couture

Une croisière en Méditerranée, mare nostrum, la croisière s’amuse, à tourner en rond. Deux enfants sont élus en province, car il sont bien les seuls qui aient un programme. Six lieux d’histoires vraies, Egypte, Palestine, Odessa, Hellas, Napoli, Barcelona, plutôt éternel retour de l’Odyssée que guerre de Troie.

Libération

On y lit Les Illusions perdues de Balzac, titre se référant aux déceptions de toute une vie, qu'elles soient privées, politiques, historiques.
Autre thème récurrent : le plaidoyer pour la géométrie (ici illustré par une conférence du philosophe Alain Badiou sur Husserl). Ce cinéaste à la recherche du théorème perdu  se lamente de vivre à une époque où l'on pense algèbre (c'est-à-dire bibles, scénarios) plutôt que géométrie (c'est-à-dire images).
Le thème central de Film Socialisme est l'Europe. Il revient à ce propos sur ce qu'il considère comme la tache originelle de l'Europe : avoir abandonné la Palestine. Godard emprunte à Agnès Varda l'image de deux trapézistes, symbole d'une harmonie possible entre deux peuples, sur double fond sonore : une voix de fille chantant le Talmud, une voix de fille chantant le Coran. "Les idées nous séparent, les rêves nous rapprochent." Et puis, ce sentiment d'être incompris. Quand Ulysse revint à Ithaque, raconte-t-il, "le seul à le reconnaître sous son déguisement fut son chien".

Le Monde

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 5 Octobre 2010

Film thaïlandais, français , britannique, espagnol, allemand d’Apichatpong Weerasethakul  - 1h53 - avec Thanapat Saisaymar, Jenjira Pongpas, Sakda Kaewbuadee
° Cette exigeante Palme d'or du dernier Festival de Cannes est un film résolument mystique, lent, lancinant, filmé en plans fixes souvent très longs, parfois très beaux.
Conseil du réalisateur :  C'est un film très ouvert, si vous-même ouvrez votre esprit.
Un excellent exercice d'assouplissement (et non d'assoupissement  mental, en somme !) (Le Canard enchainé)
° Onde Boonmee, loin d'être incompréhensible, raconte d'abord une histoire, celle d'un vieil homme malade qui, se sachant mourir, reçoit la visite de fantômes. Cette trame suffit en elle-même à inscrire Oncle Boonmee dans la grande tradition du cinéma de fantômes, de Mankiewicz à Cocteau (Libération)
° Oncle Boonmee n'est pas destiné à ceux qui n'aiment que le confort du déjà fait, les formules du déjà vu, le cocon rassurant du prémâché, prévendu. C'est un film pour tous ceux qui considèrent encore le cinéma et la création comme une aventure, un voyage sans GPS en terre inconnue. (Les Inrocks)

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Rédigé par Huit et Demi

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