Publié le 23 Novembre 2010

Film allemand d'Anne Linsel et Rainer Hoffmann – 1h29

Kontakthof accompagne k carrière de Pina Bausch depuis 1978. Les Rêves dansants est un documentaire sur la danse mais aussi sur l'adolescence. Tandis que Kontakthof prend forme, les personnalités et les corps s'affirment. Avec pudeur, la caméra capte ce basculement. En prime time, des petits bureaucrates du showbiz écrabouillent en ricanant l'espoir de candidats à la célébrité. Et la télé veut nous faire croire que la création ressemble à ce spectacle pitoyable. Les Rêves dansants illustre au contraire la richesse du rapport que Mme Bausch tisse avec ses élèves. Leurs corps encore hésitants la renvoient à sa propre jeunesse. Leur inexpérience est source d'inspiration. Sa modestie, la précision et le respect de son regard nous rappellent que l'art n'a aucun rapport avec l'humiliation des fragiles, mais qu'il se nourrit d'un mélange d'exigence, d'ouverture, de peur et d'allégresse. Les Rêves dansants est donc un film salutaire qu'il faut voir, mais encore largement montrer.

Positif

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0

Publié le 16 Novembre 2010

Film français de François Ozon - 1h43mn - avec Catherine Deneuve, Fabrice Luchini, Karin Viard, Judith Godrèche, Jeremy Renier, Gérard Depardieu... D’après la pièce de théâtre de Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy.

On a trop rarement l’occasion de proposer une comédie, une bonne franche comédie en première page de notre gazette pour ne pas mettre en avant cet emballant Potiche qui, en guise d'antidote à la morosité ambiante, se pose là, et pas qu'un peu ! François Ozon livre un film jubilatoire, fracassant de loufoquerie, en un mot : bidonnant.
Pas la peine de vous faire un dessin, la potiche du titre, c’est Catherine Deneuve (inattendue et formidable, ça sent le César !), alias Suzanne Pujol.
Le kitsch de la fin des années 70 est bien là : ambiance, décor, costumes, coiffures, mais Ozon a mis dans sa sauce quelques ingrédients très contemporains qui rendent le récit encore plus délicieux. Petite bourgeoisie de province, rapports de classe, politique… Il s’amuse comme un fou, avec une classe insolente, et ses acteurs le suivent avec une joie non dissimulée, caricaturant génialement les traits psychologiques de leur personnage…
La Gazette d’Utopia

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0

Publié le 16 Novembre 2010

Film français  de Mariana Otero -  1h28.

° Du suspense, de l'émotion, de l'humour et même une époustouflante séquence de comédie musicale. Promis, juré, ce documentaire sur des salariés qui tentent de reprendre leur société en faillite vous surprendra. 
À travers l'écran, on débat, on réinvente notre rapport au collectif, on se réinvente. Sans escamoter la dureté implacable du réel, la réalisatrice porte haut la voix de ces héroïnes et leur combat, aussi quotidien que politique. Leur histoire n'est pas un triste constat de crise mais une épopée dont l'écho résonne longtemps.
TéléObs

° Sur un matériau a priori austère (les difficultés d’une PME), la cinéaste a réussi un petit bijou de film, aussi politique que théâtral, aussi drôle que dramatique, autant ancré dans le réel le plus âpre que décollant vers le cinéma et la fiction. Entre les mains de Mariana Otero, le cinéma se porte superbement, fruit mûr d’un rapport sensible au monde et de sa mise en forme.
Les Inrocks

° Un film à voir et à conseiller sans modération par ces temps de globalisation forcenée.
Lyon Poche

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0

Publié le 16 Novembre 2010

Film franco-tchadien de Mahamat Saleh Haroun – 1h30 - avec Youssouf Djaoro, Diouc Koma, Emile Abossolo M'Bo, Marius Yelolo

° Haroun se réclame de l'héritage d'un Ozu ou d'un Hou Hsiao-hsien, illustré par une épure presque totale, que le jeu du comédien principal Youssouf Djaoro) vient encore renforcer. Un homme qui crie se situe aux confins de la tragédie classique et du drame biblique, et dresse surtout le portrait d'une génération sans père ni repères.
Positif

° Mahamat Saleh Haroun est obsédé par la paternité. Chez-lui, les pères sont à la fois irresponsables et omnipotents, jouant de la vie de leurs héritiers sans jamais en assumer les conséquences. On peut voir là une image des dirigeants africains d'après les indépendances. L'image qu'il offre là d'un désarroi à l'échelle d'un continent suffirait à saisir l'attention. Avec la présence de ce film à Cannes, le Tchad « a pris conscience de l'importance du cinéma », dit le réalisateur. La seule salle couverte du pays est en train d'être rénovée, un fonds a été créé, des jeunes vont être formés...
Le Monde

° Youssouf Djaoro possède une 'force tranquille, presque « fordienne ». Sa douleur nous glace, et plus encore les vers d'Aimé Césaire qui ferment le film et explicitent son titre : Gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle (...), car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse...  À Cannes, les jurés ont bien lu, qui ont décroisé les bras et donné au film un mérité Prix du jury.
Télérama

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0

Publié le 10 Novembre 2010

Film espagnol, mexicain d’Alejandro González Iñárritu  - 2h 18 - avec Javier Bardem, Maricel Álvarez, Eduard Fernàndez

° Oubliez les clichés touristiques vantant les charmes de Barcelone… Dans Biutiful, Iñárritu , fidèle à sa manière âpre et sans concession, filme  l'envers du décor.  Hyperréaliste dans sa description des zones délétères de Barcelone (une sorte de métaphore « parfaite » des dégâts engendrés par l'ultralibéralisme), le film rend compte au plus près de l'expérience intérieure d'Uxbal et d'un conflit d'une violence extrême. Biutiful suit à la trace le chemin de croix de cet homme martyrisé par la culpabilité et une étrange sensibilité aux esprits et autres fantômes.
Le cinéaste mexicain, fasciné depuis ses débuts aussi bien par Scorsese que par Borges, filme avec une sidérante inspiration formelle la déréliction sociale et le cheminement existentiel de son personnage. Malgré ses outrances et quelques effets formels malheureux, Biutiful se distinguait de l'ordinaire de la compétition par son souffle lyrique et sa mise en scène toujours inventive. Un prix d'interprétation est venu logiquement récompenser la prestation hors norme de Javier Bardem, mais le film aurait mérité mieux.
Positif

° Le film aurait mérité la palme d'or : car après Amours chiennes, 21 Grammes et Babel, le Mexicain Alejandro Gonzalez Iñárritu signe avec Biutiful (l'explication de cette orthographe étrange est l'une des scènes les plus émouvantes du film) son œuvre la plus intense, un pur hymne à l'amour et à la vie, qui vous secoue jusqu'aux larmes et vous laisse le cœur en miettes, mais l'âme reconnaissante d'avoir reçu toute cette beauté.
Le Point

° Ça grouille, chez Iñárritu, comme chez Dostoïevski. De cris, de larmes, de superstitions. De silhouettes apparemment inutiles, aussi, de sentiments exacerbés, d'outrances hystériques, qui ne font que  célébrer cet être humain dont la grandeur nait de la faiblesse même.
Seules les victimes importent : voilà ce que nous dit Iñárritu. Peut-être ne le dit-il pas avec l'élégance que certains souhaiteraient - mais il y aurait fort à dire sur l'élégance, alibi commode, alibi de la tiédeur : Welles était-il élégant ? Et Bergman ? Et Fassbinder ?... La beauté du film vient de sa fièvre, de son emportement.
Télérama

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0

Publié le 2 Novembre 2010

Documentaire français de Xavier de Lauzanne – 2009 – 1h23

° Le Jerusalem Oratorio Chamber Choir, L’Ensemble Musical de Palestine, le groupe israélien Ashira, le chœur d’enfants de Taibeh accompagné du chœur Efroni, l’artiste pop Eti Castro et le chanteur hip-hop Sameh Zakout se retrouvent sur les routes de France pour quatorze concerts. Un voyage dans les coulisses de cette aventure peu ordinaire à l’heure où le conflit israélo-palestinien manifeste son impasse. Entre complicités musicales et tensions identitaires, les relations humaines au jour le jour.
Excessif

° Le réalisateur filme une tournée de musiciens israéliens et palestiniens unis par la volonté de se rassembler autour de l'idée de paix. Le symbole laisse rapidement place à la réalité du mur entre les deux cultures.
Le figaroscope

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0

Publié le 2 Novembre 2010

Film de Renaud Barret et Florent de La Tullaye – 1h24

° Staff Benda Bililî triomphe sur les scènes des festivals européens*. Benda Bilili  peut se traduire par Regardez au-delà des apparences. En retraçant l'épopée de ces musiciens paraplégiques jouant sur des instruments de fortune dans leurs chaises roulantes bricolées, Benda Bilili ! garde toujours un pied dans la réalité du pays.
CinéObs

° À l’heure de la consécration du groupe, on est d’autant plus ému que l’on sait d’où il vient. À mille lieues des clichés sur l’Afrique maudite, ce documentaire, découvert à Cannes, dégage une énergie galvanisante.
Télérama

* Le groupe se produira à l’Isle d’Abeau le jeudi 17 mars à 20 h 30

Voir les commentaires

Rédigé par Huit et Demi

Publié dans #Films projetés

Repost 0