Publié le 25 Septembre 2012

Film belge, luxembourgeois, français, suisse de Joachim Lafosse - 1h 51 - avec Niels Arestrup, Tahar Rahim, Emilie Dequenne

Comment devient-on Médée aujourd'hui quand on s'appelle Murielle ? Lafosse ne pense pas que la monstruosité est inhumaine. Il n'y a rien de plus ordinaire, presque fade, que la vie de Murielle. C'est à genoux qu'il faut louer Emile Dequenne. Par sa grâce, Murielle est son prénom d'actrice majeure, comme Rosetta fut celui de son baptême, il y a treize ans à Cannes, chez les Dardenne. (Libération)

On se demandera longtemps pourquoi le sélectionneur en chef de Cannes a privé de compétition ce film qui, de la première à la dernière image, mérite une visibilité et une reconnaissance maximales. Dans cette chronique impitoyable d'une tragédie annoncée, c'est avec une sorte de fascination désolée que le réalisateur démantibule les mécanismes de la tyrannie, de la manipulation et de la servitude domestiques. Entre constat, cri de haine face aux dérives de « l'esprit de famille » et exercice de tension psychologique chauffé à blanc, le choc est terrible. (Première)

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 25 Septembre 2012

Film français de Quentin Dupieux - 1h 34 - avec Jack Plotnick, Eric Judor, William Fichtner

Après le pneu fou (Rubber), c'est désormais l'Amérique tout entière qui est en proie à la folie. Il suffit d'un radio-réveil déviant dont l'heure passe de 7h59 à 7h60 pour que la journée de Dolph Springer vire au cauchemar. Les premiers dialogues de Wrong sont riches de promesses. Le dialogue entre Dolph et son voisin jogger distille d'emblée une suave folie qui pose finement la question des distances. La conversation téléphonique avec une livreuse de pizzas atteint des sommets de non-sens. (Autres) images : un bureau dans lequel il pleut, une voiture égarée sur un lac de sel, un palmier remplacé par un pathétique sapin. Wrong (plus abouti que Rubber) nous donne envie de goûter au prochain titre de Quentin Dupieux. (Positif)

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 18 Septembre 2012

Film français de Pascal Bonitzer - 1h 40 - avec Kristin Scott Thomas, Isabelle Carré, Claude Rich

Avec Cherchez Hortense, Pascal Bonitzer nous emballe pour de bon : narrateur hors pair, il nous livre ici un récit qui frise la perfection, vif, acéré, caustique juste ce qu'il faut mais avec de vrais enjeux, incarnés en des personnages ciselés à l'or fin et interprétés par des acteurs en état de grâce. Superbement écrit, d'une invention et d'une drôlerie permanentes, Cherchez Hortense est porté par un extraordinaire Jean Pierre Bacri qui trouve ici un de ses meilleurs rôles. A ses côtés, Claude Rich est fabuleux en haut fonctionnaire cynique et manipulateur, odieux par choix et menteur par volupté : les face-à-face père-fils nous réservent quelques beaux moments drôlatiques. Et puis Isabelle Carré et puis Kristin Scott Thomas et puis Jackie Berroyer en copain suicidaire et dostoievskien... Tous impeccables. Au-delà du rire et de la satire, Pascal Bonitzer livre une très pertinente et très vivante réflexion sur l'absurdité de l'obsession identitaire et nationale, sur la nécessité d'ouvrir les yeux et de bouger, surtout quand on ne risque rien à le faire !  (La Gazette d’Utopia)

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 18 Septembre 2012

Film hong-Kongais de Johnnie To - 1h 46 - avec Lau Ching-Wan, Richie Ren, Denise Ho

Johnnie To, cinéaste à l’élégance parfois maniériste, emmêle avec virtuosité ces histoires à Hong Kong un jour de krach boursier, enchaîne négociations financières bavardes et défouraillages brusques pour signer une petite satire intense du chaos engendré par la crise économique de 2007. Il en sourd un message clair : la cupidité ronge la société faisant vaciller un vieux monde où l’individualisme prévaut. (CinéObs)

La vie sans principe ne contredira pas la maîtrise technique habituelle du cinéaste, dont la mise en scène, fluide et dynamique, se pare ici et là d'ellipses malignes et de dialogues au rythme ménagé et diablement efficaces.  (Ecran Large)

En phase avec leur temps, johnnie To et ses scénaristes examinent les effets de la crise financière sur la vie quotidienne à Hong Kong à travers trois personnages qui ne se connaissent pas. Un peu à la façon d'Inàrritu mais à son échelle artisanale, le cinéaste tisse habilement ses fils narratifs en y injectant une série de thèmes familiers : le rôle du hasard, l'individualisme opposé aux valeurs collectives... (Première)

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 11 Septembre 2012

 

  

Film français de Noémie Lvovsky - 1h 55 - avec Noémie Lvovsky, Samir Guesmi, Judith Chemla
Prix SACD - Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques - au Festival de Cannes

Noémie Lvovsky reprend le principe d'un des plus beaux films de Coppola, Peggy Sue s'est mariée. Avec un film sur l'adieu à l'adolescence ou bien encore sur la verdeur d'un vieillard pas décidé à se laisser enterrer avant terme, elle a déjà démontré son intérêt pour le thème de la place que l'on occupe sur l'échelle du temps. La photo noir et blanc que l'on voit à deux reprises dans Camille redouble exhibe le visage de Lvovsky il y a vingt ans, jeune femme brune belle et frondeuse. La fiction de l'éternel printemps est ici prise au pied de la lettre, puis tournée en ridicule, et enfin à nouveau rétablie, comme une sève complexe, entre baume et poison. (Libération)

Camille redouble est un film plein d'euphorie et de douce mélancolie ; plein de culot aussi ! Sous ses airs de sympathique comédie fantastique, le film pose discrètement et avec un charme infini une série de questions métaphysiques sur le temps. (evene.fr)

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 11 Septembre 2012

Film italien de Pippo Mezzapesa - 1h 22 - avec Nicolas Orzella, Luca Schipani, Aylin Prandi

L'été adolescent garde encore les lenteurs des interminables étés d'enfance. Dans les ardeurs solaires comme dans les ombres où naissent les grands secrets des cœurs, le conte universel fleurit avec la grâce toute simple des plantes sauvages que l'on perd l'habitude de regarder à force de les voir. Comme tous les contes, il n'a de naïveté qu'apparente, et plus de cruauté qu'on y voudrait trouver : Annalisa se paie bien cher, même lorsqu'elle ne se laisse pas toucher. Tout cela se raconte sans hâte ni artifices, et l'œil s'en empare aisément, comme l'oreille le ferait d'un poème. (Le Monde)

Annalisa est un roman d'apprentissage où se mêlent violence et tendresse, où l'amour se fraie un chemin dans le labyrinthe des pulsions sexuelles. Mezzapesa tourne un film tout en allusions, en enjambements narratifs, en visions prospectives. (Positif)

Drame social pris de quelques poussées de fièvre surréaliste (on est plus proche de Pasolini que de La Prof du bahut), ce film envoûtant, au charme indéfinissable, est le bienvenu. (Charlie Hebdo)

 

Dans la tradition des grands humanistes de jadis,le réalisateur peint avec ferveur ceux qu'il appelle des héros de chair et de rêves. Les cinéphiles devraient retenir son nom : Pippo Mezzapesa est un débutant rudement doué. (Télérama)

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 4 Septembre 2012

 

  

Film français, palestinien, israélien, belge, qatarien de Sameh Zoabi - 1h 23 - avec Razi Shawahdeh, Bassem Loulou, Loai Nofi

Né en 1975 à Iksal, un village proche de Nazareth, formé au cinéma à New York, Zoahi nous livre avec ce premier long métrage une petite comédie à certains égards inaboutie, mais extrêmement sympathique, qui témoigne par le rire de l'absurdité et de l'inconfort de la situation de ceux qu'on appelle "les arabes israéliens".

Cette comédie à types (le cousin bosseur, le flic obsédé sexuel, le maire corrompu...), menacée par le double écueil de la gentillesse et de la désinvolture est en revanche recommandable pour sa drôlerie et sa finesse. (Le Monde)

Cette chronique sociale fait de Sameh Zoabi une sorte de Stephen Frears oriental qui pointe avec malice les authentiques questionnements d'une communauté tiraillée par l'Histoire. (Première)

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 4 Septembre 2012

Film français, allemand de Leos Carax - 1h 55 - avec Denis Lavant, Edith Scob, Eva Mendes

Leos Carax est le premier personnage de son dernier film et Denis Lavant son double explicite depuis l'origine. Dans Holy Motors ils vont revisiter leur vie sur celluloïd, traverser les films, les histoires, les amours et les chagrins communs. Jamais sans doute la puissance du cinéma de Carax n'a été aussi éloquente, atteignant du début à la fin du film des altitudes grandioses. Holy Motors  est le film le plus libérateur qui soit pour le spectateur comme pour le cinéma. (Libération)

S'il y a des cinéastes de la prose (Truffaut) et d'autres de la poésie (Godard), Carax fait assurément partie de la 2ème catégorie. Son film est un voyage qui nous transporte dans l'espace comme dans le temps. Holy Motors célèbre la vie et ses illusions. Où est la réalité dans ce mouvement perpétuel ? Où est le vrai, le faux ? (Télérama)

Cet art du transformisme à vue cherche à retrouver sa toute première mission : écrire la grâce en mouvement des clowns et des acrobates. (Les Cahiers du Cinéma)

Dérive poétique, délire narcissique prophétisant la mort du cinéma... œuvre buissonnière débordant sans cesse de son programme... Carax investit chaque interstice pour y déployer une idée de cinéma. (TéléObs)

Quand Oscar quitte une scène, son rôle change, mais le film continue. Dès lors qu'on a compris ce principe proche de l'écriture automatique, Holy Motors ressemble à un miracle permanent, suscitant chez le spectateur toutes sortes d'émotions. Film triste et euphorisant, d'une puissance désarmante, à en redonner le goût du cinéma aux morts et aux blasés. (Première)

La seule chose fiable et sensée que l'on puisse dire à propos de Holy Motors, c'est qu'il vaut mieux n'en rien savoir avant de l'avoir vu. (Libération)

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