Publié le 28 Mars 2007

Film espagnol de Daniel Sánchez Arévalo -  1h45 - avec Quim Gutiérrez, Raúl Arévalo, Marta Etura, Antonio de la Torre et Eva Pallarés.

Bleu très sombre presque noir, dit le titre. Pas comme les yeux du protagoniste. De la teinte, plutôt, du complet veston bon chic bon genre qu'il rêve d'endosser et qu'il n'a pas les moyens de se payer. Ardu en effet, même avec un master de gestion, d'alpaguer l'ascenseur social quand on sort d'une loge de concierge. Surtout si on n'arrive pas à en sortir, d'ailleurs, coincé comme l'est Jorge entre un paternel frappé de paralysie et tombé dans un gâtisme hargneux et un frangin taulard pas porté sur les rôles de soutien de famille.
Autant dire que, à part le costume de ses pensées, il n'y a pas grand-chose de bleu dans la vie de notre héros, si méritant qu'il en paraît vaguement anachronique. On frôle le pathos lacrymal, version drama TV. On se retrouve embarqué dans un film plutôt braque, gonflé d'humour noir et de colère assortie.
Sous l'ironie du ton et la loufoquerie des situations, Daniel Sánchez Arévalo, appuyé par ses jeunes interprètes, enrobe l'âpreté d'un constat désillusionné et d'un message sans merci. Azul est un film social qui n'exalte plus l'espoir des lendemains qui chantent. Juste cette ultime vertu ironique de la survivance, au-delà de l'intelligence et du courage : la combativité.
Libération

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 28 Mars 2007

Film britannique de Kevin Macdonald – 2h05 - avec Forest Whitaker, Gillian Anderson

Bonne nouvelle : le cinéma politique est de retour. Pas à la funeste manière des années 70 (et des avatars qui encore aujourd’hui polluent nos salles), mais avec un naturel, une soif de tout raconter, de tout mêler – fiction, documentaire, autobiographie générationnelle – qui frappe plutôt fort et assez juste.
Nicholas veut fuir l’Écosse puritaine des années 70 : s’engageant dans les missions humanitaires, il se retrouve en Ouganda, pile au moment où un jeune militaire, Idi Amin Dada, s’apprête à renverser le pouvoir en vigueur. Étrange jeu de fascination réciproque que celui qui s’installe entre le jeune docteur et le futur dictateur, une attraction-répulsion qui scande le récit de tout un pays en proie à un profond changement. Roman de formation et conte cruel d’initiation à la réalité politique, le dernier roi d’Écosse mixe avec pertinence comédie dramatique et film de mœurs, réalisme d’acteur (Forest Whitaker, sûr, mais surtout James McAvoy, qui aurait pu jouer dans les contes de Canterbury de Pasolini) et sombre plongée dans les flammes de la folie. Derrière Idi Amin Dada, c’est la démence meurtrière qui se dessine mais aussi, par intermittences, la quête d’un film généreux à la lisière du récit historique et du pamphlet politique.
Lyon Poche

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 21 Mars 2007

Film italien de Sabrina Guzzanti – 1h20 - avec Francesco Alberoni, Lucia Annunziata

Viva Zapatero ! Sous ce titre en forme d’hommage au premier ministre espagnol – qui coupa, dès sa nomination le cordon ombilical entre son gouvernement et les chaînes de télévision publiques – c’est un incendiaire brûlot anti-Berlusconi que nous livre Sabrina Guzzanti, humoriste télévisuelle très populaire dans son pays et vraie résistante.
Le point de départ du film, le coup de Jarnac que ne pouvait laisser passer sous aucun prétexte la Guzzanti, c’est la déprogrammation d’une de ses émissions à la télévision publique, sous prétexte de « vulgarité » et d’insultes au gouvernement. Notre héroïne n’étant pas femme à se laisser abattre (c’est rien de le dire), elle va enquêter avec un humour ravageur, harceler les représentants de la classe politique et médiatique, se payant un état des lieux de la démocratie en Italie et en Europe qui nous file un grand frisson.
La Gazette d’Utopia

 

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 14 Mars 2007

Film suisse de Jean-Stéphane Bron – 1h35 - avec Jean-Luc Bideau, Aurore Clément, Cyril Troley

Pour son premier long métrage de fiction, le documentariste Jean-Stéphane Bron (Le Génie helvétique) a choisi de partir d’une réalité qu’il connaissait : un frère réfugié boat people adopté à l’âge de dix ans, des parents divorcés. La suite n’est pas autobiographique. Dans le film, le frère convainc ses parents adoptifs divorcés de jouer la famille modèle et unie le temps de ses noces, pour ne pas choquer sa mère naturelle vietnamienne venue assister à l’événement. Il en résulte une multitude de situations cocasses et tendres qui révèlent la véritable nature de chacun. Plus que les péripéties, ce sont les personnages qui intéressent le cinéaste, comme s’il tournait un documentaire sur une fiction. L’interprétation est épatante. L’idée de confronter des comédiens expérimentés (dont Jean-Luc Bideau qui se renouvelle dans un rôle peu bavard) à des non-professionnels fonctionne d’autant mieux que le tournage s’est déroulé dans l’ordre chronologique du récit, permettant à chacun d’évoluer avec son personnage. Saluons encore un bel usage de l’écran large, idéal pour les nombreuses scènes de repas.
Positif

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 14 Mars 2007

Film français d'André Téchiné  - 1h52 - avec Michel Blanc, Emmanuelle Béart, Sami Bouajila

Les Témoins a été présenté février en compétition au Festival de Berlin. Plus habitué à la Croisette, André Techiné était cependant déjà venu à la Berlinale à l'occasion de son film précédent, Les Temps qui changent. Les Témoins marque les retrouvailles d'André Techiné avec Emmanuelle Béart, seize ans après J'embrasse pas. Le cinéaste avait confié dans ce film un second rôle marquant à la comédienne, celui d'une prostituée.  Si les événements décrits sont récents, Les Témoins n'en est pas moins un film d'époque : le cinéaste a en effet choisi de revenir sur l'apparition du Sida au milieu des années 80. On y entend notamment à plusieurs reprises le tube de l'époque des Rita Mitsouko Marcia Baïla, un titre sans doute pas choisi au hasard : en dépit de l'allégresse du rythme et de la truculence de la chanteuse, Catherine Ringer, ce morceau évoque une autre maladie grave, le cancer, qui emporta la jeune chorégraphe Marcia Moretto. 
Avant Les Témoins, les films français osant aborder frontalement la question du Sida ne furent pas si nombreux. Il y eut en 1990 Merci la vie de Bertrand Blier, sur un mode beaucoup moins réaliste (mais avec déjà, entre autres, Michel Blanc), Les Nuits fauves, film autobiographique de et avec Cyril Collard en 1992, J'ai horreur de l'amour de Laurence Ferreira Barbosa avec Laurent Lucas en 1997, N'oublie pas que tu vas mourir de et avec Xavier Beauvois (qui fut un assistant de André Techiné, et joue d'ailleurs le rôle de l'éditeur d'Emmanuelle Béart dans Les Témoins) ou encore les deux comédies d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau Jeanne et le garçon formidable (1998) et Drôle de Félix (2000). Le héros de ce film n'était autre que Sami Bouajila, l'un des héros des Témoins.
Le cinéaste a offert à Julie Depardieu, qui n'a jamais caché sa passion pour l'art lyrique, le rôle d'une jeune chanteuse d'opéra en herbe. Précisons cependant que la comédienne a été doublée pour les scènes de chant.
Allociné

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 7 Mars 2007

Film italien de Gianni Amelio – 1h44 – avec Sergio Castellitto, Tai Ling

Son nom est Vincent Bonne Volonté, et l’homme ressemble à son nom. Au point de se rendre en Chine, à la recherche d’un haut-fourneau défectueux, acheté à sa société en dépit de ses avertissements, et qu’il a réussi, entre temps , à rendre inoffensif… Génial une fois encore, Sergio Castellitto, avec sa douleur secrète et sa fatigue, incarne ce chevalier à la triste figure, un homme trop pressé pour être aimable, mû, comme les grands personnages de John Huston, jadis, par un idée fixe à la fois grandiose et dérisoire.
Tous les héros de Gianni Amelio entament un périple, qu’il soit géographique ou mental. Il leur permet de tracer la route au cœur d’un pays (Les Enfants volés) ou dans le cœur d’un enfant handicapé (Les Clefs de la maison), Vicenzo Buenvolontà ne fait, donc, que perpétuer l’opiniâtre foi d’Amelio en l’homme. Sa confiance inébranlable, en dépit des coups reçus et donnés, en sa pudeur, sa dignité, sa grandeur possible.
Par moments, c’est vrai, lorsqu’il filme ce héros qui s’enfonce de plus en plus dans ce pays grouillant et immobile, moderne et figé dans le temps, on sent Amelio à la frontière de l’exotisme : un docu touristique, style La Chine, terre de contrastes… Mais, chaque fois que les clichés menacent, il s’en sort par la générosité de son regard, la délicatesse avec laquelle sa mise en scène donne sa chance au plus petit personnage de la moindre scène.
À commencer, bien sûr, par le couple étrange que forment ce don Quichotte fourbu et la petite Chinoise vulnérable qui lui sert de Sancho Pança gracile et doux. On contemple ce couple improbable s’affronter, s’apprivoiser, se réunir, enfin, pour partir ensemble vers l’inconnu – mieux encore, l’imprévu – avec une émotion sans faille Amelio, on le sait depuis longtemps, a la tendresse contagieuse. Et l’humanisme toujours aussi ardent.
Télérama

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 3 Mars 2007

Le dernier roi d’Écosse

Film britannique de Kevin Macdonald – 2h05 - avec Forest Whitaker, Gillian Anderson

Azul

Film espagnol de Daniel Sánchez Arévalo - 1h45 - avec Quim Gutiérrez, Raúl Arévalo, Marta Etura, Antonio de la Torre et Eva Pallarés.

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Rédigé par Huit et Demi

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