Publié le 25 Mai 2010

Film franco-britannique de Kenneth Branagh (2006) – 2h13 -

De La Traviata, de Zeffirelli, à La Tosca, de Benoît Jacquot, les films d'opéra sont toujours des ovnis au cinéma. Cette Flute enchantée ne fait pas exception. Mais venant de Kenneth Branagh, l'homme qui a su populariser Shakespeare, on attendait plus qu'un opéra filmé, même si c'est un chef-d'œuvre de Mozart.

Les idées pour donner du réalisme ne manquent pas : transposer l'action pendant la Première Guerre mondiale, traduire le livret en anglais, ne pas engager des divas, dont le jeu se prête rarement à la caméra. Il reste des images sublimes et des numéros envoûtants.

Studio Magazine

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 25 Mai 2010

Film italien , sri-lankais , allemand d’Uberto Pasolini  -1h40 - avec Dharmapriya Dias, Gihan de Chickera, Dharshan Dharmaraj

C'est une histoire vraie. En septembre 2004, une dépêche de l'agence Reuters relate la mystérieuse disparition de l'équipe nationale de handball du Sri Lanka lors d'un tournoi dans une ville de Bavière. Le Sri Lanka s'étonne : il n'y a ni fédération, ni équipe, ni même de club de handball au pays !
Afin d'obtenir un visa qu'on leur refusait autrement et de fuir leurs dettes, les escrocs qui abusent de leur misère, vingt trois Sri-Lankais s'étaient fait passer pour l'équipe nationale d'un sport qui n'existe même pas dans leur pays. Après avoir disputé quelques matches, l'équipe s'est évanouie dans la nature après avoir dupé ambassades, douanes, organisateurs. 

Producteur de The Full Monty, Uberto Pasolini signe sa première réalisation sur cette audacieuse épopée de quelques types pauvres et désespérés qui rêvent d'obtenir un visa afin de rejoindre l'occident. Il a choisi le ton de la comédie " à l'italienne " (néo réalisme et humour) pour dépeindre le contexte social où se débattent ses personnages, le mélange ethnique, culturel et religieux de la société sri-lankaise. Quelques trouvailles, comme cette scène où un barman secoue son shaker au ralenti ou à l'accéléré, au rythme des nouvelles qu'on lui annonce, bonnes ou mauvaises.
Le Monde

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 25 Mai 2010

Film égyptien de Yousry Nasrallah – 2h15 - avec Mona Zaki, Mahmoud Hemeida, Hassan el-Raddad, Mohamed Ramadan

Les cairotes drapées de Nasrallah

Il y a quinze ans, déjà, l’Égyptien Yousry Nasrallah avait tourné un remarquable documentaire sur la jeunesse de son pays : A propos des garçons, des filles et du voile (1995). A l’époque, qui est aussi celle où la question du voile à l’école en France devenait l’urticaire de la République, ce film produisit l’effet d’un contrepoint saisissant.
L’avortement, «la classe politique pourrie», «la société qui pue», la violence physique des hommes et des femmes, leurs meurtriers refoulements… rien n’échappe à la fureur inspirée du cinéaste et de son héroïne (Mona Zaki, superbe femme et actrice).
Sertie de trouvailles sensuelles (le flirt sur tapis de course, la sueur du torride Saïd…), la mise en scène réussit à tisser ses liens entre la dureté moderne et un certain cinéma classique, oriental mais pas seulement : il y a aussi quelque chose du meilleur Aldrich, par exemple celui du Démon des femmes, dans ces impressionnantes Femmes du Caire.
Libération

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 19 Mai 2010

Film franco-tunisien de Frédéric Mitterrand (1995) – 2h15 - avec Ying Huang, Richard Troxell, Ning Liang

Quand le conteur cathodique Frédéric Mitterrand s'attaque à Puccini, on peut craindre le pire - une historiette à larmichettes ou un mélo mielleux. D'un côté, on a raison : son Japon, reconstitué en Tunisie, sent vraiment la pacotille : le blanc pour le mariage - qui est couleur de la mort ! Ou le maquereau Goro arborant sur son vêtement le mon (« blason ») d'une grande famille. Un portique délimitant un espace sacré, posé là au petit bonheur. Le bric-à-brac dans la maison, injure à la sobriété japonaise. En revanche, la direction d'acteurs est exemplaire. Et les images d'archives enracinent encore plus fortement le drame dans ce Japon fascinant qui venait juste de sortir de la féodalité et de s'ouvrir au monde. Musicalement, cette Madame Butterfly est émouvante et repose sur les jolies épaules de la cantatrice chinoise Ying Huan, aussi agréable à entendre qu'à regarder. Elle est plus que crédible dans le rôle de la frêle madame Papillon, la petite geisha au grand cœur...                                                         

 Télérama

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 19 Mai 2010

Film français de Claire Denis -1h42 - avec Isabelle Huppert, Isaach de Bankolé, Christophe Lambert

On retrouve ici Isaach de Bankolé dans un rôle presque muet, un rebelle, blessé. A lui seul, la douleur d'un continent. C'est avec Marie NDiaye que s'est écrit le scénario de White Material, et il est puissant, comme l'étaient dans leur adversité les trois femmes puissantes du dernier prix Concourt. Pas de clichés anticolonialistes, pas de manichéisme, pas de bonne conscience consolatrice, l'égalitarisme cruel du chaos. Ces dernières années, Isabelle Huppert a beaucoup joué des mères attachées follement à des maisons, à des lieux, à des biens. Mais ce qu'elle donne ici, ce qu'elle dégage, ce qu'elle exprime, est exceptionnel. Avec sa petite silhouette d'une fausse fragilité, sa rousseur sans apprêt de renarde quand résonne l'hallali, elle est une force en mouvement à la fois dérisoire et admirable. Jambes, bras, visage nus, elle bouge, elle court, enfourche sa moto, se bat jusqu'au bout pour ce trésor incompréhensible, les baies rouges et brunes de ses caféiers. White Material, porté par une actrice magnifique, est politiquement incorrect et artistiquement admirable.

Marianne

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Publié le 12 Mai 2010

Film ïtalo-belge de Renato De Maria - 1h40 - avec Riccardo Scamarcio, Giovanna Mezzogiorno, Fabrizio Rongione

Contrairement à ce que craignait l'Italie, très opposée à la sortie de ce film, cette évocation rigoureuse ne fait pas l'apologie de la violence. Elle dépeint plutôt le doute d'un militant, ses sursauts de conscience.

Le Monde

On pourra reprocher tout ce que l'on voudra au cinéma italien, une chose est sûre : il ne souffre pas du nombrilisme qui gangrène depuis des décennies les films français. Encerclé par le totalitarisme berlusconien, il s'octroie malgré tout quelques rares, rarissimes espaces de liberté, pour s'interroger sur son passé et relire son présent à l'aune des pages de l'histoire récente jamais tournées.                                            

Lyon Poche

Le cinéaste signe ici une mise en scène qui va à l’essentiel, sans « romantisme de mauvais aloi », dirons-nous pour reprendre un propos des frères Dardenne sur le film, dont ils sont co-producteurs.

Critikat.com

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 12 Mai 2010

 Film italo-autrichien de Tizza Covi et Rainer Frimmel – 1h40 - avec Patrizia Gerardi, Tairo Caroli, Walter Saabel, Asia Crippa

En attendant que sa mère se fasse connaître, une petite fille est recueillie par des gens du cirque. Ce film, à la frontière du documentaire, tient là, en quelques mots, en quelques jours, où l'on fait la connaissance, sur les pas de l'enfant, de cette petite communauté. Un campement de caravanes, une existence en marge de la société et de ses normes. Rien n'y est facile et pourtant, on y trouve un peu plus de douceur qu'ailleurs. De l'humour aussi, grâce aux comédiens amateurs du film, bouleversants dans leur propre rôle. Entre les uns et les autres, c'est d'amour dont il s'agit, cet amour qui ne se proclame pas et se contente d'exister, sous le ciel gris de l'hiver. Dans La Pivellina, il fait moche et mouillé, sans misérabilisme, comme il fait bon, sans angélisme, au creux de cette famille réinventée. On la quitte l’âme réchauffée, l’espoir réanimé.

TéléObs

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Publié le 11 Mai 2010

Film franco-algérien de Malek Bensmail – 2h10 -
Dans La Chine est encore loin, Malek Bensmaïl tient la chronique désenchantée d'une petite ville des Aurès, Ghassira, considérée comme le berceau de la révolution. En centrant son film autour de l'enseignement de deux remarquables figures d'instituteurs, en accusant la distance tragi-comique qui les sépare de leurs élèves, en questionnant de manière critique l'attentat perpétré contre leurs prédécesseurs français, en dévoilant en un mot la distance entre le mythe officiel et la réalité sociale du pays, Malek Bensmaïl réalise un film d'un courage, d'une sensibilité et d'une pertinence remarquables.
Le Monde
Une proposition de cinéma vigoureuse
En filmant les écoliers du village considéré comme le « berceau de la révolution algérienne », Malek Bensmaïl offre un mélange exemplairement réussi entre mémoire, transmission et beauté formelle donnant à cette trentième édition du festival des 3 continents l'une de ses propositions de cinéma les plus vigoureuses.
Les Inrocks
Une investigation inédite de subtilité et de courage sur les complexités de l'Algérie
La confirmation d'un documentariste talentueux en la personne de Malek Bensmaïl qui poursuit avec La Chine est encore loin une investigation inédite de subtilité et de courage sur les complexités de l'Algérie (...) Une interrogation soutenue, plurielle, radicale mais sans prétention de La Chine est encore loin sur une Algérie-chantier, à partir des lieux mêmes de ses fondements.
Les Cahiers du Cinéma
Un sujet traité avec une grande finesse
Malek Bensmaïl réalise avec La Chine est encore loin un très beau documentaire sur les traces de la colonisation et de la guerre d'indépendance d'Algérie. Centré autour des instituteurs, ceux d'aujourd'hui et ceux d'hier. Histoire de transmission, histoire d'héritage, le film s'attache sur les visages de ces enfants, et sur leur apprentissage d'une mémoire commune. Un sujet trop rarement évoqué, traité ici avec une grande finesse.
Fluctuat.net
Le talent de captation des visages
On apprécie la capacité de Malek Bensmail à transcrire la beauté des paysages de cette région reculée ; les couleurs chaudes, les ocres, les jaunes, puis l'azur immaculé du ciel. Le talent de captation des visages - l'usage du gros plan est très fréquent - renvoie à cette beauté rude d'une jeunesse touchée par une dynamique centrifuge qui ressemble à une fatalité dans un pays guetté par le désœuvrement.
Critikat.com

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 5 Mai 2010

Film français de Benoît Delépine et Gustave Kervern – 1h32 - avec Gérard Depardieu, Yolande Moreau, Isabelle Adjani, Anna Mouglalis, Miss Ming, Bouli Lanners, Benoît Poelvoorde, Albert Delpy, Claude Harang.

En 35 mm, on découvre un Depardieu aux airs de walkyrie grunge et sénescente, un colosse blond chevauchant sa moto Munch Mammuth avec la superbe des bikers. Les embardées poétiques, elles, sont filmées en 16 mm, plus vibrant, où la silhouette spectrale d'Isabelle Adjani se découpe autant sur la pellicule que sur nos imaginaires cinéphiles. Ainsi la branlette croisée entre Serge et son cousin, quarante-cinq ans après leur première expérience homosexuelle, est une piqûre de rappel des étreintes de Depardieu et Dewaere dans Les Valseuses. Sans verser dans la nostalgie de cinéma de quartier, Mammuth montre un homme à nu, découvre son corps pachydermique dans une féminité insoupçonnée. La mort, ultime station des bikers et des retraités, est le point de fuite de ce Mammuth qui, s'il ne dégraisse pas le système social français, est la preuve la plus évidente que Benoît Delépine et Gustave Kervern sont des cinéastes avec lesquels il faudra compter.

Positif

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 4 Mai 2010

Film italien de Carlos Saura (2009) -  2h07 - avec Lorenzo Balducci, Lino Guanciale, Emilia Verginelli, Tobias Moretti... et tutti quanti !

Scénario de Carlos Saura, Raffaelo Uboldi et Alessandro Vallini

Film italien de l'espagnol Carlos Saura, lo Don Giovanni raconte l'histoire de Lorenzo da Ponte, avec qui Mozart concoctera ses trois plus grands opéras, et nous plonge dans les coulisses de la naissance du sublimissime Don Giovanni. Ce n'est pas un film d'opéra mais on s'y régale largement de musique (Vivaldi, Les Noces de Figaro, Don Giovanni bien entendu...) et les interprètes sont comédiens et chanteurs à la fois. Si l'histoire est fondée sur des faits tout ce qu'il y a de réels, Saura tricote sa propre interprétation et joue habilement d'un décor factice composé d'immenses photos, de trompe-l’œil mêlés de tentures et décors naturels ; et les costumes sont d'autant plus séduisants qu'ils ont parfois un côté « chiffonné », voire un léger débraillé qui évite le côté guindé des films en costumes.

La Gazette d’Utopia

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