Publié le 29 Juin 2011

Film argentin de Gaston Duprat, Mariano Cohn – 1h50 - avec Rafael Spregelburg, Daniel Araoz, Eugenia Alonso

Le film a reçu en Argentine 5 récompenses des Premios Sur (l'équivalent de nos César), dont celle du Meilleur film de l'année.

°        L’Homme d'à côté est ancré dans la réalité argentine. Les relations de la plus européenne des sociétés d'Amérique latine avec le reste du continent sont signalées à travers le personnage d'Elba, la bonne immigrée à qui l'on donne les vêtements usagés. L'insécurité qui pèse sur Buenos Aires comme sur la plupart des continents reste omniprésente (ne serait-ce que parce que Le Corbusier n'a pas pensé aux nécessités qu'elle impose en dessinant la maison Curutchet).  (Le Monde)

°    Attention : petit bijou ultra noir et sacrément jouissif ! La maison Curutchet est la seule que Le Corbusier ait construite en Amérique… Les réalisateurs ont taillé un scénario de génie. Qui est l'enflure, qui est le pur, dans cette histoire ? Bourré de situations cocasses, tout en étant toujours sur la corde raide et ultra tendu, le film vous baladera durant 1h50...Les murs à détruire ne sont pas ceux que l'on croit… (Brazil)

°   Quand il dessina la maison, en 1948, le père de l’architecture moderne imagina qu’un arbre pousserait au milieu du salon, mais - pas si prévoyant que ça - il oublia la question du voisinage. Dans cette comédie grinçante, le propos de Mariano Cohn et Gastón Duprat est simple, un peu facile, mais efficace et donne une nouvelle preuve du dynamisme du cinéma argentin. (Libération)

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 29 Juin 2011

Film français d’Agnès Varda (2008) – 1h 50

°        Dans la mesure où Agnès Varda est à elle toute seule une ile sur la carte de ce drôle de monde appelé Cinéma, il est normal qu'on l'aborde par la mer. Les Plages d'Agnès, c’est bien sûr Agnès à la plage, c’est encore Varda plagiste, qui range et dérange son petit univers, sa boutique de souvenirs et ses lignes d'horizons, et c'est surtout Agnès Varda, dragueuse. Draguer, c'est la seule façon de vraiment bien pêcher quand on est sur le sable. Regardez-la faire, avec son petit miroir, s’adresser à la caméra comme à une alliée et sauter(en se marrant comme une baleine) du coq à l'âne. Elle reste, décidément, unique en son genre. (Libération)

°    Cet autoportrait est à la fois un résumé biographique et un patchwork de ses techniques esthétiques, usant de la photographie, de l'extrait de films, de l'installation et du dispositif via cadres, miroirs, trucages, bricolages, costumes, décors, parenthèses et digressions. Varda y fait les puces dans son bric-à-brac, elle fait la glaneuse de moments privilégiés, elle chine, flâne, filme et s'amuse : Faire un peu le clown me convient et m'a permis de prendre du recul. (Le Monde)

°   La fermeté du montage sidère : Varda reste impérieuse dans son tempo et la conduite de son récit. Et comme si seule cette extrême élaboration formelle autorisait la confidence, elle évoque sa vie avec Jacques Demy, plages de solitude comprises. Elle pleure Jean Vilar, qui a fait d'elle la première photographe du festival d'Avignon, et Delphine Seyrig, la fée de Demy, sa camarade en féminisme. Le biopic (la biographie filmée)a trouvé son maitre : Agnès Varda, la seule qui en soit à la fois le sujet et l'auteur. (Télérama)

° En se prenant pour sujet, l'auteure du Bonheur procède à une dissection de son cinéma. Temps à l'envers, caméra à l'envers, mais surtout cinéma à l'envers : tout se passe comme si Varda œuvrait ici à découdre la réalité du cinéma, à en retourner les usages, à en présenter le squelette. En suivant les affinités électives d'une vie, elle désigne le montage dans sa logique la plus intérieure. D'où l'effet global : Varda est littéralement confondue avec son cinéma, et sa vie n'est autre que ce qu'un film en montre : celui-ci, mais aussi tous les autres. (Positif)

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 29 Juin 2011

Film américain de Kelly Reichardt – 1h44 - avec Michelle Williams, Paul Dano, Bruce Greenwood

°    Kelly Reichardt utilise la forme classique du road-movie pour porter un regard âpre et personnel sur la mythologie américaine. En dépit du contexte historique, on est fortement tentés d'interpréter à la lumière d'événements contemporains l'histoire de ce groupe d'Américains qui, mené par un guide incompétent, réalise qu'il est urgent de retrouver le bon chemin. Quoi qu'il en soit, le film invite à remettre en question l'autorité, les dogmes, la nécessité de croire, ainsi que le rôle des femmes. Visuellement, le format carré de l'image, très inhabituel dans cette ambiance de western, renforce la sensation de malaise éprouvée par l'homme quand il est placé dans un cadre inhospitalier. (Première)

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 21 Juin 2011

Film iranien d’Asghar Farhadi -2h03 - avec Leila Hatami, Peyman Moadi, Shahab Hosseini

Festival de Berlin 2011: Ours d'Or du meilleur film et double Ours d'Argent de la meilleure interprétation pour l'ensemble des actrices et des acteurs du film.

°      Souvenez-vous : on a découvert Ashgar Farhadi en 2009 avec le remarquable A propos d'Elly, passionnant portrait de groupe qui donnait une image inédite de l'Iran contemporain. Il revient avec ce film qui a très justement triomphé au récent festival de Berlin : Une séparation est dans la parfaite continuité d'A propos d'Elly, en plus fort, en plus riche, en plus captivant. Ashgar Farhadi nous embarque dans une sorte de thriller intimiste, nous tient en haleine à partir de situations parfaitement quotidiennes, crée un suspense moral à travers des personnages d'une incroyable richesse(et quelles actrices, quels acteurs !),dont les motivations sont parfaitement légitimes même si contradictoires. Bref, c'est absolument formidable. (La Gazette d’Utopia)

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 21 Juin 2011

Film américain de Woody Allen – 1h43 - avec Owen Wilson, Rachel McAdams, Michael Sheen

° Comme Paris sous la pluie est aussi beau en 2010 qu'en 1920, ainsi que le découvre Gil (Owen Wilson), l'œuvre de Woody Allen à l'orée du nouveau siècle contient des pépites qui valent bien celles des années 1970.Minuit à Paris est une fantaisie joyeuse sur les clichés, et, comme le dit Melody dans Whatever Works : Un cliché est parfois la meilleure façon de bien s'exprimer.(Positif)

° Woody Allen retrouve là sa veine la plus fantasque, celle de La rose pourpre du Caire ou d’Alice, faîte de confettis féériques et de poudre de perlimpimpin dans cette comédie lunaire au charme irrésistible. (Les Inrocks)

° Tout ceci est d'une belle légèreté, intelligent, simple et sophistiqué à la fois. (L’Humanité)

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 14 Juin 2011

Film australien de David Michôd – 1h52 - avec Guy Pearce, James Frecheville, Jacki Weaver

°       Le thriller, le polar, le film noir, appelez ça comme vous voulez, est un genre dont on croit toujours avoir fait le tour, dont on croit naïvement avoir tiré toutes les ficelles. Pourtant, d'un genre souvent qualifié de moribond, émerge parfois un joyau, un film qui redéfinit ses codes et remet les pendules à l'heure. Prenant comme base des évènements réels qui secouèrent le Melbourne des années 80, David Michôd, et retenez bien ce nom, pointe un microscope sans concessions sur une famille de criminels, loin des clichés inhérents au genre dont .Animal Kingdom devient en fait le nouveau mètre étalon. (Brazil)

°   On retrouve dans Animal Kingdom un motif cher aux cinéastes de la Côte est des États-Unis, Martin Scorsese ou James Gray : l'irruption d'un élément extérieur dans un groupe et l'éclatement qu'elle provoque. Les scènes violentes (meurtres, braquage) sont filmées souvent de loin avec efficacité, sobriété. (Le Monde)

°  Ce jeune cinéaste australien réussit, pour son premier long métrage, un coup de maître. À la tension très resserrée de la narration s'associe le portrait d'une ville peu représentée à l'écran, Melbourne, dont le cadre néogothique renforce l'ambiance inquiète du film. (Positif)

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 14 Juin 2011

Film français, autrichien de Joann Sfar, Antoine Delesvaux – 1h40 – avec les voix de François Morel, Maurice Bénichou, Hafsia Herzi

°       Comme Marjane Satrapi dans Persépolis, Joann Sfar a questionné ses racines dans les 5 tomes de sa BD Le Chat du rabbin. Comme elle, il a adopté pour le cinéma son œuvre monumentale, qui raconte avec humour la France coloniale, la cohabitation intelligente entre Juifs et Arabes, le rapport au sacré et les liens du sang. (Première)

°   Le Chat du rabbin est d'abord un super film d'aventures, plein de rebondissements et de trouvailles jubilatoires. C'est aussi et surtout une ode fabuleuse à la tolérance. Une sorte de dessin animé de salut public en même temps qu'un grand moment de plaisir. (La Gazette d’Utopia)

°  Un feuilleton initiatique et lettré, une fable philosophique et intergénérationnelle qui brocarde gentiment l'aveuglement religieux tout en ayant des visées œcuméniques. (Le Monde)

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 8 Juin 2011

Film français, italien, allemand de Saverio Costanzo – 1h58 - avec Alba Rohrwacher, Luca Marinelli, Martina Albano

°         Menée avec une certaine maestria, bouleversante sans être complaisante, la mise en scène de Saverio Costanzo donne beaucoup de souffle à cette histoire belle et rude, remarquablement interprétée. La Solitude des nombres premiers  est d’abord un film sur l’empreinte des blessures d’enfance, leur poids qui empêche l’éclosion des êtres et les longues dérives dont elles peuvent être la source. (La Croix)

°   Le schématisme qu’on aurait été en raison de craindre se trouve évincé par un traitement cinématographique qui unifie les deux parcours et confirme une justesse de ton. Cela est également visible par la composition musicale du film, qui trouve un rôle diégétique judicieux dans l’évocation des différentes périodes culturelles et personnelles dans lesquelles évoluent les personnages. (Critikat.com)

°   Isabella Rossellini revient à ce qu'elle sait jouer le mieux : les mères sérieusement flippantes. Un long rêve glacial, sensitif et sensuel. Un film-puzzle sur le poids de la culpabilité, les cicatrices du temps et l'incommunicabilité; Une pure réussite. (Brazil)


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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 8 Juin 2011

Film japonais de Tran Anh Hung – 2h13 - avec Kenichi Matsuyama, Rinko Kikuchi, Kiko Mizuhara

°         Les nombreux lecteurs de l'écrivain japonais Haruki Murakami auront la belle surprise de découvrir un film magnifique qui se regarde comme il se lit. Douleur du deuil, douleur d'aimer sans retour, douleur aussi du désir inassouvi exprimé dans des dialogues très charnels, sans aucune ambiguïté. Splendide et mélancolique. (Elle)


°    Cinéaste voyageur, Tran Anh Hung s'est fait connaitre grâce à sa trilogie vietnamienne, entamée avec L'odeur de la papaye verte. Il fait aujourd'hui escale au japon pour cette adaptation respectueuse et délicate du célèbre roman de Murakami. Entouré d'une équipe de virtuoses (l'un des chefs opérateurs d'In the Mood for Love à la photo, Jonny Greenwood, de Radiohead, à la BO), il compose une œuvre d'une beauté formelle renversante qui restitue avec la même précision une époque et le tumulte amoureux et sexuel qui agite les personnages. Le charme mélancolique de Kenichi Matsuyama et la fragilité douloureuse de Rinko Kikuchi justifient à eux seuls la ballade. (Première)

°    Cette adaptation in situ (au Japon) du roman, plus que maîtrisée par le cinéaste qui ne pratique pourtant pas la langue nipponne, est un sommet du mélo extrême-oriental. Sans parler de la splendeur du travail visuel, ni de l’interaction expressionniste des personnages avec une nature échevelée, reflétant avec lyrisme leurs inextricables tourments. (L’Humanité)

°   N'y allons pas par quatre chemins et, pour une fois, usons du superlatif avec joie, même si celui-ci ne saurait être le parement de l’exercice critique : le dernier film de Tran Anh Hung est une splendeur, (Critikat,com)

°   Le langage sexuel, très cru, en étonnera plus d'un. Il est pourtant d'une importance capitale. La force de vie passe ici par le désir, le plaisir et sa capacité ou non à les éprouver, les faire partager. (Brazil)

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Rédigé par Huit et Demi

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Publié le 31 Mai 2011

Film français, belge, polonais, norvégien d’ Olivier Babinet, Fred Kihn – 1h31 - avec Olivier Gourmet, Pablo Nicomedes, Bakary Sangare

°        Premier film né sous l'étoile polaire de Kaurismäki (les images sont signées du chef opérateur du grand Aki),ce road-movie explore le thème de l'errance comme quête désespérée d'un lieu vivable. Déclaration d'amour aux marginaux et aux freaks, cette œuvre à la beauté étrange doit être vue à l'aune de la devise de l'imprésario (Olivier Gourmet) : Faut faire avec ce qu'on a, même si on n'a pas grand-chose. Un manifeste poétique, en somme. (Première)

°    Quel plaisir de voir un film qui ne ressemble à aucun autre ! Récit de voyage halluciné, Robert Mitchum est mort est avant tout un film qui raconte une quête personnelle et cinématographique.  (Critikat,com)

°   Direction donc le nord, en passant par une Alsace revisitée Kaurismäki et cow-boys, l’Allemagne et la Pologne. C’est un road-movie : le scénario se construit par rencontres, pannes, nuits d’hôtel, et aussi un cinéma de spectres, puisqu’il s’agit de « révéler » Franky comme une photo argentique, lui faisant rejouer sans cesse l’inexistant, le projetant jusqu’à obtenir une illusion vérace. (Libération)

° Ce film propose un vrai voyage. Différent du cinéma de Lynch car plus joyeux et infusé d'autodérision. Mais presqu'aussi borné dans son intention de s'éloigner du réel. (Brazil)

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